"Il n'existe pas une partie précise qui se tient derrière l'envoi des jeunes vers les zones de conflits" annonce le colonel-major Hichem Meddeb

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Près de 6 mille combattants tunisiens ont rejoint les rangs des djihadistes et des rebelles dans les zones de tensions particulièrement en Syrie, a annoncé le colonel-major Hichem Meddeb, ancien porte-parole du ministère de l’Intérieur. Un chiffre important qui représente, selon lui, environ 10% du total des jihadistes dans ces régions.

Auditionné lundi par la commission d’enquête parlementaire sur l’envoi des jeunes dans les zones de conflits, Meddeb a assuré que parmi ces jihadistes tunisiens, 2500 ont trouvé la mort. Tandis que le sort de 500 autres terroristes tunisiens demeure inconnu. “Nous n’avons pas les informations suffisantes concernant 500 jihadistes tunisiens. Nous n’avons aucune idée s’ils ont été tués durant les combats ou s'ils sont retourné à leur pays d’origine à savoir la Tunisie” a-t-il lancé.

Le colonel-major a, par ailleurs, nié toute instruction officielle donnée par une institution, un parti ou une association concernant l’envoi de jeunes vers les zones de conflit. Il a estimé qu’il n’existe pas une partie précise qui se tient derrière l’enrôlement des jeunes pour aller combattre dans les foyers de tension ajoutant que les réseaux sociaux ont largement contribué à la mobilisation des jeunes après la révolution.

“Les prêches de certains imams qui portent sur la souffrance des syriens et la tyrannie du régime en Syrie auraient, également, influencé des jeunes adolescents de 15 ans ou 16 ans et les auraient motivés pour le jihad” a-t-il ajouté en soulignant l’absence de réseaux organisés pour l’envoi des jihadistes.

Une déclaration qui remet en doute les propos d'Issam Dardouri, président de l’Organisation tunisienne de la sécurité et de la citoyenneté, qui a affirmé détenir d’importants documents et informations sur les réseaux d’envoi des jeunes aux zones de conflit, et ce lors de son audition, le 20 novembre dernier, à l’hémicycle du Bardo.

Dardouri, avait également indiqué avoir en sa possession des documents “attestant l’implication de parties officielles turques dans la falsification de passeports pour le retour des terroristes tunisiens en provenance de Syrie".

Il avait, par ailleurs, affirmé que des sécuritaires ont délivré des passeports sans les documents requis, précisant que les années 2012 et 2013 ont vu l’organisation de vols par Syphax Airlines, la compagnie aérienne turque et la compagnie aérienne tunisienne vers la Turquie pour acheminer des terroristes vers les foyers de tension.

Face à ces accusations de Dardouri, l’ancien chef de l’unité de protection des avions à l’aéroport international de Tunis Carthage, Abdelkarim Laabidi, avait déclaré à l’agence TAP avoir déposé une plainte. Il a été entendu récemment par l’unité centrale de lutte contre le terrorisme dans le cadre de cette affaire.

“J’ai accusé Dardouri d’atteinte à la sécurité de l’État en divulguant des documents professionnels officiels et accusant et identifiant plusieurs cadres de la sécurité dont moi-même, ce qui constitue un acte très dangereux qui menace la sécurité nationale et nous expose au danger”, a-t-il ajouté.

La commission d’enquête sur les filières d’envoi de jeunes tunisiens aux zones de combat devait auditionner Abdelkarim Labidi, mais la séance a été ajournée à lundi prochain en raison de l’audition du colonel Hichem Meddeb, ancien porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Un an est passé depuis la création de la commission d'enquête sur les filières jihadistes envoyant des Tunisiens vers les zones de conflit. Adoptée le 31 janvier 2017 avec 132 voix pour, cette commission aura la délicate tâche de lever le voile sur ces réseaux qui ont envoyé des milliers de Tunisiens aux zones de conflits notamment en Syrie.

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