Décès de deux femmes à Sebta: les associations dénoncent "la passivité" des deux gouvernements

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FEMMES MULETS
Reuters
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DRAME - Deux nouveaux décès, un drame de trop. Pour l’Association marocaine des droits humains (AMDH), la mort de deux femmes marocaines, ce lundi 15 janvier, dans une bousculade à Bab Sebta, ne peut passer sous silence. "Ce n’est pas la première fois, ces drames se reproduisent de plus en plus. Et cela touche en premier le droit à la vie", déclare au HuffPost Maroc le président de l’AMDH Ahmed El Haij.

Pour ce dernier, la protection de ce droit fondamental, dans ce cas précis, appartient aux deux gouvernements marocain et espagnol. "Les deux pays devaient prendre les mesures nécessaires pour éviter que de ces événements tragiques ne se reproduisent. Mais il y a à peine quelques mois, une bousculade similaire a eu lieu", rappelle-t-il. Et de constater que "les mesures préventives de sécurité n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Ce qui impose la nécessité de rechercher une solution plus efficace au problème au niveau du passage d’El Tarajal en multipliant les accès ou en les élargissant. Il faut, en tout cas, éviter de nouvelles bousculades", estime Ahmed El Haij.

Celle d'hier aurait eu lieu parmi une centaine de personnes qui faisaient la queue au point de passage, précise l'agence Europa Press, citant des sources policières espagnoles. Les deux femmes décédées étaient originaires de la ville de Fnideq.

Le 24 avril dernier, une Marocaine de 54 ans a perdu la vie dans un hôpital de Fnideq, près une bousculade survenue au niveau de l'une des portes d’accès du poste-frontière. Quatre femmes "mulets" avaient été blessées lors de cet incident. Le 28 août dernier, ce sont encore deux autres femmes qui ont trouvé la mort dans les mêmes circonstances.

L’AMDH veut aussi souligner l’aspect social et économique du problème. "Il ne faut pas les appeler des femmes-mulets, c’est un terme péjoratif. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de femmes qui peinent pour gagner leur vie et parfois deviennent les martyres de ce gagne-pain", souligne au HuffPost Maroc Aziz Rhali, membre de l’AMDH. Pour ce dernier, l’heure est venue de résoudre le fléau dans sa globalité : "Ces femmes, âgées pour la plupart, travaillent depuis des années entre les deux rives faisant face à tous les risques. Il faut que le gouvernement marocain fasse une étude approfondie sur le fléau pour le circonscrire à partir de la racine en offrant des alternatives".

Les autorités locales ont annoncé que cette bousculade fera l’objet d’une enquête, mais à l’AMDH, cela reste insuffisant face à l’ampleur que suscite le fléau.

Du côté espagnol, même insatisfaction au sein de l’Association des droits de l’Homme en Andalousie (Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía -Apdha). Cette dernière a appelé, hier, selon l’agence EFE, les deux pays à trouver une solution pérenne. Déplorant "le désespoir" de ces femmes, l’Apdha estime qu’il faut traiter le problème en en faisant une "priorité unanime" des deux gouvernements soulignant que cette question relève du respect des droits de l’Homme. Pour dénoncer "la passivité des deux pays", cette association a appelé à un rassemblement mercredi à Cadix pour mettre l’accent sur l’urgence d'une situation appelée à être résolue, avant qu'un nouveau drame ne se produise.

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