Le correspondant de RFI interpellé à Tunis, une association dénonce "la pression grandissante" sur les journalistes étrangers

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A close up of a television camera on a tripod with the sea and grass land in the background. | Tim Grist Photography via Getty Images
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Le club des correspondants étrangers en Afrique du Nord (NAFCC) – qui vise à défendre les intérêts des journalistes collaborant avec des médias internationaux au Maghreb – a exprimé son inquiétude face à "la pression grandissante" subie par les journalistes étrangers en Tunisie ces derniers jours.

Le dernier incident déploré par l'association de droit tunisien est survenu ce dimanche 14 janvier, impliquant Michel Picard, correspondant français de RFI, qui s'est rendu à Ettadhamen à l'ouest de Tunis afin de couvrir la visite de Béji Caïd Essebsi.

Le journaliste a d'abord été interdit de communiquer avec les participants à l'inauguration d'une maison de jeunes par le président tunisien avant d'être saisi par le bras par un homme refusant de lui révéler son identité, laissant le journaliste sans information pendant 15 minutes. Il a ensuite été interpellé et emmené au poste de la Garde nationale où il a été prié de répondre à plusieurs questions concernant le fait qu'il soit seul sur le terrain et de "signer un document en arabe sans traduction officielle" avant d'être autorisé à partir, rapporte l'association.

Le NAFCC a également exprimé son indignation face au blocage, le même jour, de l'accès à l'avenue Habib Bouguiba à plusieurs journalistes, sous le prétexte d'un contrôle de papiers.

Quelques jours plus tôt, le jeudi 11 janvier, le journaliste français indépendant basé à Tunis, Mathieu Galtier avait été interpellé depuis son domicile par trois membres de la garde nationale afin d'être questionné et de révéler l'identité de ses contacts. L'intervention faisait suite à la couverture, pour le journal Libération, des manifestations qui ont eu lieu mercredi dernier à Tunis.

Tout comme l'ensemble de ces professionnels accrédités, leur confrère était en possession de carte de presse et des autorisations nécessaires à l'exercice de sa fonction sur le territoire.

Cette dernière intervention, qui comme le souligne l'association, va à l'encontre "des standards internationaux régissant la liberté de presse", avait également été dénoncée par l'ONG Reporters Sans Frontière (RSF).

Selon l'ONG, “ces violations de la liberté d’informer commises par des représentants des forces de l’ordre sont inadmissibles pour un État démocratique comme la Tunisie".

Le président de la République tunisienne avait, quant à lui, pointé du doigt l' "exagération" des médias étrangers face aux troubles sociaux qui ont récemment touché le pays.

“Les télés et les journaux étrangers ont terni l'image de la Tunisie parce qu'il y a des Tunisiens qui les provoquent et moi je les connais”, avait-il ajouté.

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