Liberté sexuelle en Tunisie: L'association Mawjoudin lance une série de vidéos pour plaider la nécessité de préserver les libertés individuelles

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L'association tunisienne Mawjoudin ("On existe") a lancé une série de vidéos et d'affiches pédagogiques pour plaider la nécessité de préserver les libertés individuelles, notamment la liberté sexuelle. Les vidéos tendent en effet à endiguer les préjugés véhiculés sur les homosexuels en Tunisie.

Mawjoudin a fait appel notamment à la juriste et présidente de l'association de défense des libertés individuelles (ADLI) pour expliquer les lacunes juridiques et sociétales qui font obstacle à la jouissance des libertés individuelles. (vidéo ci-dessous)

Pour la juriste, la société tunisienne n'a pas normalisé avec l'individualité, qui inclut le droit à la différence et le droit de choisir, et qui fait que des personnes puissent avoir des opinions, des croyances et une sexualité différente. Les droits individuels englobent la préservation de la vie privée, des correspondances, etc.

Ces libertés sont consacrées dans la Constitution tunisienne et dans les conventions internationales ratifiées par la Tunisie, mais leur effectivité est entachée par un ensemble de lois totalement contraires. La présidente de ADLI cite les article 226 et 226 bis du code pénal, qui au nom de termes vagues et non-définis établissent des "crimes moraux" comme l'atteinte à la pudeur ou l'outrage à l'ordre public. "Ces normes moralisatrices ouvrent des brèches pour saper les libertés individuelles", met-elle en garde.

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Autre transgression des libertés citée par Jinan Limam, l'article 230 du code pénal qui criminalise les relations homosexuelles: "Il est aberrant de criminaliser les rapports intimes entre deux personnes majeures et consentantes", a-t-elle martelé.

Quant aux droits des femmes, la juriste énumère les inégalités persistantes dans le code de statut personnel comme l'inégalité dans héritage, l'institution de la dot, etc.

Si ces manquements sont datés, d'autres menaces émergent à travers des projets de loi comme celui sur la carte d'identité biométrique qui enfreint la vie privée des personnes ou encore le projet de loi relatif à la répression des atteintes contre les forces armées.

Ce projet menace certaines libertés en Tunisie, notamment la liberté d'expression, a-t-elle insisté, en rappelant que le rôle des policiers est d'agir dans le "respect des libertés en toute neutralité" (article 19 de la Constitution). Idem pour les juges qui doivent veiller "à la protection des droits et des libertés de toute violation" (article 49 de la Constitution). Ils ne doivent pas être les citadelles d'un ordre moralisateur, a plaidé la juriste.

Jinan Limam conclut par appeler à l'abrogation des lois contraires à la Constitution, mais surtout à la mise en place de la Cour constitutionnelle, tant attendue, et qui est la garante des libertés.

Assez de préjugés sur la communauté LGBT

À travers une autre vidéo, les militants de Mawjoudin se mettent en scène pour décortiquer l'homophobie, qui est souvent nourrie par certains préjugés sur les homosexuels, telle que l'idée qu'on devient homosexuel parce qu'on a été élevé par des femmes: "On a tous été élevé par des femmes, et heureusement pour notre équilibre psychologique (...)", rétorque l'un des militants. (vidéo ci-dessous)

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