Flexibilité du dirham: La devise marocaine est très sage... pour le moment

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DIRHAM
A currency dealer counts Moroccan dirhams in a photo illustration at a currency exchange in Casablanca, Morocco, June 29, 2017. Picture taken June 29, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal/Illustration | Youssef Boudlal / Reuters
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DEVISE - Après plusieurs mois de négociations, d’annonces et de rétropédalages, la réforme du régime de change marocain a officiellement débuté aujourd’hui, 15 janvier 2018. Le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid et le Wali de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri ont bien calculé leur coup puisque l’annonce a été faite vendredi après la fermeture des salles de marché, de quoi empêcher toute "spéculation" avant la mise en œuvre effective de la réforme.

Ce matin, Bank Al-Maghrib (BAM) a publié le cours central dirham/dollar. Un dollar américain pourra ainsi s’échanger contre 8,997 dirhams au plus bas du cours et contre 9,452 au maximum. Dans les salles de marché, la situation est plutôt calme. Selon les chiffres de Reuters, la devise américaine s’échangeait cette matinée aux alentours de 9,238 dirhams, ce qui représente à peu près le cours médian. La bande fixée par BAM correspond donc à une fluctuation de l’ordre de ±2,5% contre ±0,3% dans l’ancien régime.

Annoncée depuis 2017, la réforme du régime du change avait pris du retard, notamment après la chute des réserves en devises au deuxième trimestre de l’année dernière. Ces dernières ont en effet diminué de 14,3% au 7 juillet 2017 comparé à leur niveau de fin avril pour atteindre 209 milliards de dirhams, leur niveau le plus bas en deux ans. C’est d’ailleurs suite à cette chute rapide que le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM) et le ministre des Finances avaient décidé le report sine die de l’entrée en vigueur de la réforme.

À présent que la réforme est enclenchée, la Banque centrale continuera d’intervenir sur le marché des changes en vue d’assurer sa liquidité. Et ce même si le gouvernement insiste pour dire que la réforme a été entamée dans des conditions favorables marquées par la solidité du secteur financier et la consolidation des fondamentaux macroéconomiques, notamment un niveau approprié des réserves de change et une inflation maîtrisée.

Pour rappel, la réforme du régime de change a été présentée par le département de Boussaid comme un instrument qui vise à "renforcer l’immunité de l’économie nationale contre les chocs exogènes, sa compétitivité ainsi que son taux de croissance". Elle permettra également d’accompagner les mutations structurelles qu’a connues l’économie marocaine durant ces dernières années particulièrement sur le plan de "la diversification, de l’ouverture et de l’arrimage à l’économie mondiale".

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