"Pour absorber le chômage, un nouveau mécanisme chargé de l'économie sociale et solidaire sera créé" annonce le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle

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Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Faouzi Ben Abderrahman, a dressé un état des lieux du marché d’emploi en Tunisie dans une interview accordée à Shems Fm lundi. Il est revenu sur les principaux chiffres relatifs au secteur et a présenté les nouvelles mesures prises par le gouvernement pour propulser l’employabilité.

Il a dévoilé que le taux de chômage enregistré en 2017 est de 15,3% soit près de 628 mille chômeurs. “40% d’entre eux sont des chômeurs diplômés dont la majorité sont des filles” a-t-il regretté.

Faouzi Ben Abderrahman a fait savoir que la moyenne annuelle des demandeurs d’emploi durant les sept dernières années est de 45 mille personnes dont 33 mille sont des détenteurs de diplômes universitaires. De plus, il a révélé que les chômeurs non qualifiés trouvent un emploi plus facilement que ceux ayant un niveau universitaire élevé.

En effet, ce constat effrayant met en relief les défaillances du système d’emploi et remet en question la stratégie gouvernementale adoptée pour limiter le chômage. D’après le ministre, cette situation dénote de l’inadéquation entre l’offre et la demande dans le marché de l’emploi. Un déséquilibre qui décèle des incohérences au niveau des programmes de l’enseignement supérieur, qui se trouvent incohérents par rapport aux besoins réels du marché d’emploi.

Quelles solutions?

Conscient de la fragilité de la situation, le gouvernement projette de mettre en place de nouvelles mesures pour réviser les programmes de l’emploi et adopter un nouveau plan capable de résorber le chômage. “70% des programmes seront destinés aux chômeurs diplômés” a-t-il précisé.

Parmi les solutions au problème de l’emploi figurent la mise en place d’une stratégie en faveurs des grands employeurs, ceux qui ont plus de 200 employés à leur effectif. Le ministre a noté que ces derniers auront de nouveaux privilèges notamment en ce qui concerne l’allégement de la bureaucratie pour maintenir un taux d’employabilité favorable.

“Depuis la révolution, il y’a eu une importante vague de destruction d’emploi” a souligné le ministre en précisant que le gouvernement doublera d’effort pour booster le secteur de l’emploi et créer de nouvelles opportunités pour les jeunes demandeurs d’emploi.

Le ministre a abordé, d’autre part, les mécanismes d’embauche déjà entrepris pour encourager l’employabilité à savoir les contrats de stage d’Initiation à la Vie Professionnelle (SIVP), ​​le programme “Contrat de la dignité” ainsi que contrat de stage du programme du Service Civil Volontaire (SCV).

Abderrahman a encore indiqué que le gouvernement œuvre à créer un nouveau secteur, baptisé le secteur de l’économie sociale et solidaire, autre que ceux public et privé.

Selon ses dires, ce secteur contribue à 10% du PIB dans les pays développés, alors que sa participation en Tunisie ne dépasse pas le 1 %. “Notre objectif est que sa contribution atteigne 5% du PIB d'ici 2020” a-t-il renchéri, en évoquant l’existence d’un projet de loi régissant ce secteur, ainsi que d’un projet régissant les nouveaux mécanismes de financement.

En novembre dernier, le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle Faouzi Ben Abderrahman, a annoncé que sur les huit mécanismes d’emploi existants, cinq se sont avérés inefficaces et seront interrompus.

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