Tunisie: Amnesty International dénonce la "force excessive" des policiers lors des troubles sociaux

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TUNISIA PROTEST
Zoubeir Souissi / Reuters
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"Les forces tunisiennes de sécurité ne doivent pas employer une force excessive et doivent cesser de recourir à des manœuvres d’intimidation contre les manifestants pacifiques", c'est ainsi que commence le communiqué de l'ONG Amnesty International, publié vendredi.

L'ONG internationale s'indigne des méthodes "brutales" utilisées par les policiers pour disperser les manifestants, y compris lors des rassemblements pacifiques.

"Les autorités tunisiennes doivent garantir la sécurité des manifestants non violents, et veiller à ce que les forces de sécurité ne recourent à la force que lorsque cela est absolument nécessaire et proportionné, et dans le but de protéger les droits d’autrui. Ces manifestations ont lieu en réaction à des difficultés économiques avérées, et le rôle de la police devrait consister à calmer cette situation tendue, au lieu de l’envenimer", a affirmé la directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, Heba Morayef.

Amnesty se réfère à l'arrestation de 15 des militants et coordonnateurs du mouvement "Fech testanew" pour avoir écrit des slogans sur des murs et distribué des tracts appelant à manifester, explique l'ONG, en précisant que nombreux d'entre eux ont été libérés après un long interrogatoire, mais d'autres sont encore maintenus en détention comme Ahmed Sassi, professeur de philosophie qui a comparu devant le procureur ce vendredi.

"Ces arrestations ressemblent à des actes d’intimidation. Les autorités tunisiennes prennent pour cibles des personnes ayant simplement exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression et de réunion", a martelé Heba Morayef.

Amnesty revient sur les circonstances de la mort du Khomsi El Yerfeni à Toubourba. Sa mort est due au fait qu'il avait des problèmes respiratoires chroniques et n'a pas pu supporter le gaz lacrymogène utilisé par les policiers pour disperser la foule, avance le ministère de l'Intérieur, alors que d'autres témoins affirment "qu’une voiture de police lui a roulé dessus à deux reprises", rapporte l'ONG, qui réclame l'ouverture d'une enquête impartiale et approfondie pour déterminer la cause de la mort du jeune homme.

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