Chacun à leur manière, les "pays de merde" répondent à Donald Trump

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DONALD TRUMP
Jonathan Ernst / Reuters
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INTERNATIONAL - Des journalistes aux responsables de l'ONU, avec bien sûr en première ligne les représentants politiques des pays concernés, tous ont été choqués voire passablement énervés par les propos de Donald Trump sur "les pays de merde", bien que le président américain ait tenté de les nuancer ce vendredi 12 janvier.

Dans les ambassades des pays d'Afrique et d'Haïti, l'ambiance est plus que maussade. Le Botswana a ainsi annoncé avoir convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis pour lui faire part "de son mécontentement". "Nous considérons que les propos de l'actuel président américain sont hautement irresponsables, répréhensibles et racistes", a estimé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué ce vendredi.

Le gouvernement du Botswana a aussi demandé à l'ambassadeur de "clarifier si le Botswana est perçu comme un "pays de merde" compte tenu du fait qu'il y a des citoyens du Botswana qui résident aux Etats-Unis". Gaborone, capitale du Botswana, "se demande pourquoi le président Trump doit recourir à du vocabulaire désobligeant pour parler de pays avec lesquels les Etats-Unis entretiennent des relations bilatérales cordiales et mutuellement bénéfiques depuis tant d'années".

Les déclarations de Donald Trump ont porté "un coup cinglant" aux relations entre le Botswana et les Etats-Unis" a tweeté la la ministre des Affaires étrangères du Botswana Pelonomi Venson-Moitoi.

En Afrique du Sud, le parti au pouvoir Congrès national africain a qualifié les propos de Donald Trump d'"extrêmement offensants" alors qu'Ateny Wek Ateny, porte-parole du président du Soudan du Sud, pays en guerre depuis décembre 2013, a les a jugé "scandaleuses".

L'Union africaine a qualifié ces remarques de "blessantes" et "dérangeantes". "C'est d'autant plus blessant compte tenu de la réalité historique du nombre d'Africains qui sont arrivés aux Etats-Unis comme esclaves", a déclaré à l'AFP Ebba Kalondo, porte-parole du président de la Commission de l'UA Moussa Faki. Mais l'Amérique, selon elle, est un"pays qui représente bien plus qu'un seul homme ou qu'une déclaration".

Des propos "racistes" pour le gouvernement haïtien, "si avérés"

Quelques heures après la publication de l'article du Washington Post, qui rapportait les propos de Donald Trump, l'ambassadeur d'Haïti à Washington avait lui aussi "formellement condamné, au nom du gouvernement" les propos du président américain." "Dans l'esprit du peuple haïtien, ces déclarations, -si elles sont véridiques- montrent que le président a été mal informé ou mal éduqué concernant Haïti et son peuple", a déclaré Paul Altidor dans un communiqué au Washington Post.

Ce vendredi, Paul Altidor a d'ailleurs déclaré sur la radio NPR qu'il avait convoqué le "chargé d'affaires américain en Haïti" pour clarifier la situation, et certifier les propos du président. "Si ces déclarations sont bien vraies, nous espérons que des excuses seront présentées" car "ce type de déclarations n'aide pas à renforcer les relations entre Haïti et les Etats-Unis.

Le gouvernement haïtien a officiellement réagi quelques heures plus tard ce vendredi, se disant "profondément indigné et choqué". "Le gouvernement haïtien condamne avec la plus grande fermeté ces propos odieux et abjects qui, s'ils étaient avérés, seraient, à tous égards, inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste totalement erronée", écrit le gouvernement.

Face au tollé provoqué par ses informations, Donald Trump a fini par reculer et a affirmé qu'il n'avait jamais dit de mal des Haïtiens. Mais après ce démenti, un sénateur démocrate a affirmé que le président avait utilisé "plusieurs fois" l'expression "pays de merde" au cours de la réunion.

Ci-dessous, la carte des pays ayant réagi aux propos de Donald Trump.

Donald Trump a reconnu vendredi 12 janvier avoir tenu des "propos durs" lors d'une réunion avec des parlementaires au sujet de l'immigration, mais a laissé entendre qu'il n'avait pas utilisé l'expression "pays de merde" pour parler de plusieurs nations africaines et d'Haïti. Ces mots rapportés provoquent une vague d'indignation aux États-Unis.

"Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion sur le DACA (un programme d'Obama permettant à des jeunes sans-papiers de travailler et étudier aux États-Unis, ndlr) était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés", a-t-il écrit dans un tweet publié au lendemain du rendez-vous en question. "Ce qui était vraiment dur en revanche était la proposition folle qui a été faite - un immense pas en arrière pour le DACA!", a-t-il ajouté.

D'après plusieurs médias locaux dont le Washington Post et NBC News, le président américain a tenu jeudi des propos particulièrement litigieux au sujet des immigrants menacés par ses projets de réformes. Et en dépit des affirmations de Donald Trump, un sénateur démocrate a réaffirmé ce vendredi que le président avait utilisé "plusieurs fois" l'expression "pays de merde" lors de réunion. "Il a prononcé ces mots remplis de haine et il les a prononcé plusieurs fois", a déclaré le sénateur, remettant en cause le démenti du président américain.

Cette dernière était organisée pour encadrer le sort des "Dreamers", les jeunes immigrants bénéficiaires du programme appelé DACA, hérité de l'administration Barack Obama et auquel Donald Trump aimerait mettre fin. Les débats auraient agacé le président américain, d'après le récit d'une journaliste de CNBC: "Alors que Durbin (un sénateur, ndlr) lui expliquait qu'un tel accord aurait un impact sur les gens en provenance d'Haïti, Trump a répondu, 'Haïti? Pourquoi est-ce qu'on veut avoir des gens d'Haïti ici?' Et ensuite ils ont parlé de l'Afrique. 'Pourquoi est-ce qu'on veut des gens qui viennent de tous ces pays de merde? On devrait avoir plus de gens venant d'endroits comme la Norvège."

Cet article a été adapté de plusieurs articles publiés sur le HuffPost France

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