Pour surmonter la crise, Al-Badil Ettounsi de Mehdi Jomaâ propose la formation d'un gouvernement de compétences nationales

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MEHDI JOMAA
Tunisia's former prime minister Mehdi Jomaa speaks during a press conference to present his new political party on March 29, 2017 in Tunis. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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Conscient de la fragilité de la situation, le parti Al-Badil Ettounsi, fondé et dirigé par l'ancien chef de gouvernement Mehdi Jomaâ, a publié jeudi un communiqué de presse dans lequel il souligne la nécessité de mettre en place un pacte économique, social et politique regroupant tous les partis politiques afin d’élaborer une feuille de route capable de rectifier le processus en cours.

Al-Badil a appelé, par ailleurs, à la formation d’un gouvernement de compétences nationales indépendantes et apolitiques. Une solution, qui selon le parti, permet de se mettre à l'écart des tiraillements politiques et des quotas partisans.

Ce gouvernement technocrate aura, en effet, la mission de gérer le pays et conduire le processus électoral à bon port. Il va “conduire le pays et garantir la réussite des prochaines élections législatives et présidentielles, tout en s'engageant à ne pas s'y présenter” précise le communiqué.

Al Badil, a toutefois, condamné l’instrumentalisation des protestations pacifiques pour les faire dégénérer en actes de violence et de vandalisme. Il a noté que la situation actuelle est la conséquence de la faiblesse au niveau de l’administration politique et le manque de visibilité concernant l’avenir du pays. Pour le parti, l’intérêt national est submergé par les calculs politiques et les intérêts partisans. À cet effet, des mesures “non étudiées” ont été prises, affectant profondément le quotidien des citoyens.

La proposition d’Al Badil fait penser à l’année 2014 où Mehdi Jomaâ a été désigné Chef du gouvernement, à la tête d’un gouvernement de technocrates, issu d’un consensus relevant des membres du Quartet du dialogue national. Son équipe a été composée de personnalités indépendantes et neutres qui a été remplacée par celle de Habib Essid à l'issue des élections législatives et présidentielle de l'automne 2014.

Les technocrates en temps de crise

Dans les démocraties occidentales, les technocrates sont de plus en plus sollicités. En temps de crise, ils représentent la dernière chance des politiques pour rassurer les marchés, redresser l'économie et avancer des réformes sans se préoccuper de l'opinion publique, n'étant pas concernés par les échéances électorales.

En 2011, l'Italie a vu l'économiste Mario Monti remplacer Silvio Berlusconi pour tenter de sauver le pays de la crise. En 2012, traversant une profonde crise économique et politique, le président grec Carolos Papoulias a décidé le remplacement du gouvernement par un cabinet provisoire de personnalités compétentes avec à sa tête Lucas Papademos ancien vice-président de la Banque centrale européenne. C'était la dernière carte à jouer pour la Grèce pour rassurer ses partenaires européens et éviter l'organisation de nouvelles élections.

En février 2013, le gouvernement bulgare démissionne sous la pression de la rue. Après des mois d'impasse politique, Plamen Orecharski, un économiste sans étiquette politique est nommé à la tête d'un nouveau gouvernement de technocrates.

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