"S'il y a quelqu'un qui est en train de semer le désordre dans le pays, c'est Rached Ghannouchi" estime Mongi Rahoui

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Violemment accusé par Ennahdha d’être responsable de l’escalade des violences durant ces derniers jours, le Front populaire n’a pas tardé à répliquer se déclarant choqué par les condamnations particulièrement graves qui viennent d'être formulées à son encontre. “S’il y a quelqu’un qui est en train de semer le désordre dans le pays, c'est Rached Ghannouchi” a indiqué le député du Front Mongi Rahoui sur la chaîne nationale 1. (À partir de la 40eme minute dans la vidéo ci-dessus).

Il a pointé du doigt le mouvement Ennahdha et les partis au pouvoir comme à l'origine de la vague de violence.

Rahoui a répéter que les récents mouvements de protestations nocturnes étaient majoritairement pacifiques appelant à réviser les mesures “injustes” adoptées dans la nouvelle loi de finances. Il a noté que que les mouvements pacifiques déclenchés dans plusieurs régions pour protester contre les augmentations des impôts et des prix de certains produits et services prévues par la loi de finance de 2018 sont tout à fait légitimes.

Il a indiqué que le Front soutient ces mouvements en déplorant les actes de violences et de vandalisme qui ont eu lieu dans certaines régions et quartiers de la capitale.

“Nous sommes contre le vandalisme” a martelé Rahoui. “Nous rejetons tout type de vandalisme que ce soit orchestré dans les rues ou même organisé sous la coupole du parlement” a-t-il ajouté en faisant allusion aux partis qui ont voté pour la loi de finances 2018.

Selon lui, ceux qui ont voté pour la loi de Finances 2018 sont en train de “piller” le peuple qui les a élus. “Ceux qui ont voté pour sont Ennahdha et le Nidaa” a-t-il souligné en rappelant que le Front populaire a refusé cette loi et a voté contre.

Il a fait savoir que le Front populaire a déjà mis en garde contre les conséquences d’une telle loi sur le tissu économique et social bien avant son adoption par les députés de la coalition au pouvoir. Il a expliqué que la grande majorité des tunisiens est affectée par la loi, au même titre que les chefs d’entreprises. Il a ajouté que cette loi en plus de sa répercussion sur le pouvoir d’achat du ménage tunisien elle entrave le développement et l’investissement dans le pays.

“Aujourd’hui, il y a ceux qui sont avec le peuple et ceux qui sont contre. Et malheureusement la majorité est contre” a-t-il estimé.

Ennahdha rejette les accusations

Face à ces allégations, le porte-parole d'Ennahdha Imed Khemiri a réagi en dénonçant les propos de Rahoui notamment ceux relatifs à Rached Ghannouchi. “Rached Ghannouchi est le symbole du régime démocratique, le symbole du dialogue et de la stabilité…” a-t-il lancé.

Khemiri a estimé que les mouvements observés ces derniers jours ne sont pas pacifiques et qu’ils ont été manipulés pour semer le chaos. “Ces mouvements suspects ont tous été observés autour des magasins, des recettes de finances et des postes sécuritaires,” a-t-il argué.

Le dirigeant d’Ennahdha a indiqué que ces mouvements protestataires ont pris une nouvelle tournure et n’ont pas été encadrés. “Ceux qui appellent à la protestation pacifique, doivent assumer leur responsabilité politique en encadrant les manifestations” a-t-il souligné. Et d’ajouter que “ce qui s’est passé la veille entre dans le cadre d’un agenda visant à déstabiliser le pays et instaurer l’anarchie.”

Selon Ben Gharbia, la Tunisie est dans une impasse

Réagissant au débat, le ministre chargé des relations avec les institutions constitutionnelles, Mehdi Ben Gharbia, a déclaré que l’augmentation de 1% du taux de la TVA était une mesure obligatoire. “Nous n’avons pas le choix” a-t-il dit en précisant que cette hausse n’engendre qu’une hausse légère de 0,8% au niveau des prix.

Pour Ben Gharbia, cette mesure intervient pour combler le flagrant déficit budgétaire de l’État et sortir de la crise. Il a fait savoir que pour améliorer la situation économique du pays et lutter contre la pauvreté, il est impératif de créer une locomotive de croissance et ranimer la roue économique en favorisant notamment le tourisme, l’agriculture, l’industrie et l’investissement.

Il a insisté sur la nécessité de procéder à des réformes profondes et rationaliser les dépenses de l’État. “On ne peut pas continuer au même rythme que les 7 dernières années” a-t-il précisé en évoquant la fragilité de la situation actuelle du pays et l’importance du gap entre les revenus et les dépenses de l’État.

Ben Gharbia a rappelé que les manifestations pacifiques sont garanties par la loi tout en déplorant les actes de violence et de vandalisme observés lors des protestations.

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