Ennahdha appelle à un dialogue national économique et social et en profite pour tacler indirectement le Front Populaire

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CHOURA ENNAHDHA
Ennahdha Islamist party leader Rached Ghannouchi attends a meeting in the capital Tunis with all political parties to decide on the date of the next municipal elections on September 18, 2017. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | Facebook / حركة النهضة التونسية
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Le mouvement Ennahdha a condamné, dans un communiqué rendu public mercredi, certains partis politiques de vouloir attiser la tension à travers des discours haineux appelant à la violence et à l’anarchie. Des discours, qui selon le parti, reflètent leur idéologie du chaos, incitent au désordre et appellent à la division du peuple tunisien.

Le mouvement a mis en garde contre les pratiques “dangereuses” de ces partis qui tentent de fournir une “couverture politique” à ces actes en justifiant la violence et le vandalisme. Ennahdha a estimé que ces derniers soutiennent ces pratiques dans l’espoir de tirer un profit électoral anticipé, et ce “pour des fins qui n’ont rien à voir avec les protestations civiles et pacifiques”. “Et c’est ce qui laisse ces parties responsables des abus et du déchaînement de violence” ajoute-t-il.

Ennahdha a souligné, d’autre part, la nécessité de différencier entre le droit à manifester et à exprimer le mécontentement à l’égard de la politique gouvernementale et les actes de vandalisme et de pillage. “La loi doit être appliquée à ces derniers” exige le parti.

Par ailleurs, le mouvement a appelé le gouvernement d’Union nationale à lancer l’initiative du dialogue national économique et social à l’image du dialogue national politique afin de trouver les solutions adéquates et adopter les mesures nécessaires pour apaiser la tension et préserver le pouvoir d’achat des tunisiens.

À l’issue de la réunion de son bureau exécutif tenue mardi soir, Ennahdha a appelé le gouvernement à convoquer une réunion avec les partis et organisations signataires du Document de Carthage afin d’examiner l’évolution de la situation dans le pays et de trouver les solutions nécessaires pour répondre aux revendications sociales pressantes des Tunisiens, particulièrement les catégories les plus démunies.

Le mouvement Ennahdha a également salué la position de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) qui a fait la distinction entre les manifestations pacifiques et les actes de violence et de sabotage orchestrés par “des bandits”. Le parti a affirmé d’ailleurs partager avec l’UGTT l'idée d’augmenter le montant des allocations accordées aux familles nécessiteuses, de prendre des mesures exceptionnelles au profit des travailleurs de chantiers et d’augmenter le salaire minimum.

Depuis l’entrée de la Tunisie dans une phase de turbulences sociales, la tension est à son comble entre Ennahdha et le Front Populaire. Les deux parties n’ont cessé d’échanger les accusations.

Ennahdha a, en effet, publié la veille un communiqué de presse dans lequel il accuse formellement les “parties politiques anarchiques de gauche” de se tenir derrière ces troubles et de vouloir perturber la situation en appelant à la mobilisation de la rue. "Tous ceux qui appellent à faire tomber faire les lois en appelant à la mobilisation dans la rue, sont des complices dans les actes de saccage et de vandalisme" a lancé le dirigeant du parti Rached Ghannouchi.

Une accusation, qui a été rejetée par le Front. Ce dernier a, à son tour, accusé Ennahdha d’être derrière la dérive des protestations pacifiques vers la violence et le vandalisme. "La confusion voulue et continue sur les pages des réseaux sociaux proches des partis à la coalition au pouvoir et surtout le mouvement Ennahdha, montre qu'il y a une tentative d'amener une confusion entre les manifestations et les actes anarchiques" a déclaré le député du Front Populaire Ahmed Seddik. Le député Mongi Rahoui a également pointé du doigt le mouvement Ennahdha et les partis au pouvoir comme étant à l'origine de la vague de violence.

Il est à rappeler que le Front Populaire a appelé tous les Tunisiens à descendre dans les rues le 14 janvier prochain pour “faire tomber les nouvelles mesures jugées injustes adoptées dans le cadre de la nouvelle loi de Finances".

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