"Artalk", le projet marocain qui veut vous faire dialoguer avec des oeuvres d'art

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ART CONTEMPORAIN
Musée Mohammed VI
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ART - Qui ne s'est pas déjà retrouvé face à une oeuvre d'art sans parvenir à la déchiffrer? Artalk, un projet créé et développé par la jeune Kenza Sebti, permet de faire parler les oeuvres d'art et d'interagir avec elles via un chatbot (robot conversationnel).

Intéressée depuis toujours par le digital et le numérique dans le secteur de l'art et de la culture, Kenza Sebti, 24 ans, originaire d'Agadir et diplômée en médiation culturelle de l' Institut d'études supérieures des arts (IESA) à Paris, espère avec son projet démocratiser l'art au Maroc de façon "sympa et originale".

Le principe est simple et explore le potentiel que peuvent apporter les robots et chatbot en tout genre. Souvent utilisés à des fins commerciales ou de marketing, ces robots "homme-machine" possèdent une riche base de données qui apportent des réponses instantanées aux questions des usagers. Ils investissent désormais le marché de l'art et deviennent, avec Artalk, "un outil de médiation culturelle avec une démarche pédagogique derrière", assure Kenza Sebti au HuffPost Maroc.

L'idée du chatbot d'Artalk est parti du constat suivant: de plus en plus de personnes s'intéressent à l'art, ont envie de découvrir des oeuvres, mais manquent de temps pour chercher des informations sur tel artiste ou tel tableau. Il s'agirait alors de rendre "plus accessibles les clés de lecture d'une oeuvre d'art à la fois en termes de mobilité (sur plusieurs supports) mais aussi en termes d'expérience culturelle", indique-t-elle.

Inspirée par le musée d'art moderne de Buenos Aires, qui proposait en 2017 de dialoguer de manière totalement inédite avec certaines oeuvres exposées, c'est ensuite seule qu'elle a développé l'idée.

L'exposition photo de Badr Bouzoubaâ, présentée du 17 janvier au 28 février à l'Institut Français de Casablanca, sera d'ailleurs le premier cobaye de ce projet. Et le choix de cet artiste n'est pas un hasard.

"Je trouvais ça plus intéressant de se lancer dans un projet avec un artiste émergent avec qui je partage la même vision", explique Kenza Sebti. "'Faces project' de Badr Bouzoubaâ délivre un message sur notre société actuelle, influencée par les réseaux sociaux et le numérique. Avec le chatbot, on essaye de jouer sur ça, de faire un pied de nez à ce piège de la posture dans lequel beaucoup sont pris. On veut montrer qu'on peut se réapproprier les outils de communication et en rester maîtres".

A l'aide d'un smartphone et d'un QR code, le public qui visitera l'exposition pourra flasher le code près d'un tableau ou d'une photo et se trouvera alors engagé dans une conversation avec l'oeuvre, sur Messenger. Il pourra lui poser des questions pour s'informer sur l'artiste, visionner des vidéos, des témoignages et d'autres contenus digitaux. En somme, un condensé d'informations utiles qui vont contextualiser une oeuvre et faciliter sa lecture. Le visiteur peut en apprendre davantage sur la pièce exposée et créer avec elle une véritable relation.

D'autres expositions sont prévues. Kenza Sebti souhaiterait surtout se consacrer à l'art contemporain qu'elle qualifie "d'art du discours, souvent contesté mais qui met l'artiste dans une situation où il a à se justifier"... et qui fait souvent travailler les méninges de son public. "L'idée serait aussi de faire connaître des artistes marocains à l'étranger et des artistes étrangers au Maroc via le chatbot. Je m'intéresse particulièrement aux artistes marocains qui présentent un défi à relever", conclut-elle.

Une alternative qui utilise le principe d'intelligence artificielle et qui change des traditionnelles visites de musées "audioguidées".

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