Pétrole: Aux Canaries, des partis politiques veulent empêcher le Maroc de prospecter

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PROSPECTION PÉTROLIÈRE - Plusieurs partis politiques canariens s'opposent catégoriquement à la prospection pétrolière, autorisée par le Maroc à une entreprise italienne, à une centaine de kilomètres des côtes des Îles Canaries.

Pour le parti nationaliste Coalition canarienne (CC), c'est "niet". Le comité national permanent du parti a décidé lundi 8 janvier de présenter, dans toutes les institutions où il a des représentants, des motions de rejet contre les prospections pétrolières autorisées par le Maroc à la société italienne d'hydrocarbures ENI au large de Lanzarote et Fuerteventura.

L'annonce a été faite par le secrétaire de l'organisation du CC, Guadalupe González Taño. Selon lui, les principales institutions des Canaries (gouvernement, parlement et conseils municipaux) se sont déjà "battues pendant des années" pour s'opposer aux prospections que la société espagnole Repsol menait dans cette même région de l'Atlantique, dans les eaux sous responsabilité espagnole.

"Le peuple canarien est descendu dans les rues et a manifesté contre eux, et maintenant l'Espagne ne peut pas rester impassible devant le fait que le Maroc, qui est à côté et partage notre mer, mène des prospections", a indiqué Guadalupe González Taño, cité par le quotidien local El Día.

Pour le leader nationaliste, si les responsables canariens ne voulaient pas de prospections dans leurs eaux alors qu'elles étaient faites par l'Espagne, ils ne peuvent pas à présent permettre au Maroc de mener des prospections pétrolières au large des Îles Canaries. Celles-ci pourraient en effet "mettre en péril la riche biodiversité des eaux canariennes et la principale industrie, le tourisme", rapporte El Diaro de Lanzarote.

Le parti nationaliste n'est pas le seul à s'être soulevé contre ces prospections pétrolières permises par le Maroc. Le parti socialiste et écologiste Sí Se Puede (SSP) a lui aussi estimé que "Madrid privilégie sa relation stratégique" avec le Maroc plutôt que de se soucier du risque environnemental posé par l'exploitation du pétrole, rapporte La Vanguardia. Selon le porte-parole de Sí Se Puede, José de León, "il est temps (que les Canaries) protègent leur zone économique exclusive, discutent et négocient l'exploitation au niveau international des eaux limitrophes".

Ces revendications interviennent quelques jours après l'annonce faite par la société ENI et l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) de la signature d'un accord pétrolier sur la zone offshore baptisée "Tarfaya Offshore Shallow", située au large de Sidi Ifni, Tan Tan et Tarfaya, en face des Canaries.

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