Manifestations et heurts nocturnes en Tunisie: Réactions des partis politiques

Publication: Mis à jour:
TUNISIA
Tunisian police track down rioters in Ettadhamen on the outskirts of Tunis late on January 8, 2018 after price hikes ignited protests in the North African country. / AFP PHOTO / SOFIENE HAMDAOUI (Photo credit should read SOFIENE HAMDAOUI/AFP/Getty Images) | SOFIENE HAMDAOUI via Getty Images
Imprimer

Durant la soirée du lundi au mardi, plusieurs villes tunisiennes ont été le théâtre de heurts nocturnes, à la suite de nombreuses manifestations de protestation contre l'augmentation des prix prévues par le gouvernement dans la loi de Finances 2018.

La nuit a été mouvementée et marquée par plusieurs actes de violence et de vandalisme. Des dizaines de personnes ont été arrêtées à la suite des actes de saccage et de pillage commis dans différentes régions notamment à la Cité Ettadhamen et la Cité Intilaka à Tunis, annonce le ministère de l ‘Intérieur.

Plusieurs partis politiques ont réagi à ces manifestations.

Le mouvement Ennahdha accuse des forces politiques gauchistes de vouloir semer le chaos

Dans un communiqué rendu public, le mouvement Ennahdha a dit regretter la dégénération de la situation en dénonçant les actes de saccage des biens publics et privés dans plusieurs régions du pays.

Le mouvement a formellement accusé des “parties politiques anarchiques de gauche” de se tenir derrière ces troubles, faisant remarquer que les revendications "légitimes" des citoyens ont été instrumentalisées pour inciter à la violence et au désordre.

Ennahdha a appelé, par ailleurs, l’ensemble des Tunisiens à la retenue et à privilégier l’intérêt supérieur du pays en appuyant les efforts des forces de sécurité et de l’armée pour rétablir la stabilité.

Par ailleurs, le mouvement a sommé le gouvernement d’agir et d’œuvrer à répondre aux revendications "légitimes" des contestataires particulièrement dans les régions de l’intérieur.

De son côté, le leader du parti Rached Ghannouchi, a appelé, sur les ondes de Shems Fm, le gouvernement et l'opposition à apaiser les tensions. "Tous ceux qui appellent à faire tomber faire les lois en appelant à la mobilisation dans la rue, sont des complices dans les actes de saccage et de vandalisme" a-t-il souligné en indiquant que les différends relatifs à l'amendement des lois se règlent sous la coupole de l'Assemblée des représentants du peuple. Il a noté que les manifestations pacifiques dans le cadre de la loi sont légitimes. "Ce n'est pas avec la violence et le pillage qu'on proteste" a-t-il martelé en considérant ces actes comme étant "un retour vers l'époque tribale".

Al Joumhouri impute la responsabilité aux partis au pouvoir

Pour sa part, Al-Joumhouri a condamné les actes de "violences" et "d’agression" commis contre les institutions de l’État dans plusieurs gouvernorats invitant les protestataires à préserver la paix et le caractère pacifique des mouvements de colère.

Le parti a, également, réclamé l’annulation de la hausse des prix en imputant la responsabilité de la dégénération de la situation au gouvernement et aux partis majoritaires au parlement.

Beni Watani appelle à privilégier le dialogue

Quant à “Beni Watani”, le parti a souligné la nécessité de préserver la sécurité et l’intégrité physique des manifestants, appelant à privilégier le dialogue pour apaiser la tension.

Il a, par ailleurs, mis en garde contre les dangers pouvant découler de l’envolée des prix de plusieurs produits de première nécessité, dénonçant un effondrement "catastrophique" du pouvoir d’achat du citoyen.

Machrou Tounes souligne la nécessité de réviser la loi de finances 2018

De son côté, le secrétaire général du mouvement Projet de la Tunisie (Machrou Tounes), Mohsen marzouk, a recommandé d’instaurer un couvre-feu nocturne pour dissuader les jeunes, fauteurs de troubles.

Marzouk a également appelé à la révision de la loi de finances 2018 et à prendre en considération les propositions avancées par son parti à ce sujet.

Moncef Marzouki: Les manifestations populaires sont légitimes et nécessaires

Concernant le président de Harak Tounes, Moncef Marzouki, il a estimé que les manifestations populaires sont légitimes et nécessaires, et ce “à la lumière des politiques qui vendent des illusions depuis 2014”. Marzouki a souligné la nécessité d’entamer une enquête sur le jeune “martyr”, tué la veille lors des affrontements à Tebourba.

Il a, d’autre part, recommandé “aux jeunes de ne pas dériver vers ceux qui les poussent à la violence pour ne plus être manipulés et instrumentalisés par des parties qui cherchent uniquement à satisfaire leurs propres intérêts".

Le Front populaire appelle tout tunisien à descendre dans la rue et manifester ce 14 janvier

S’agissant du Front populaire, une conférence de presse a été tenue ce matin pour revenir sur les événements de ces derniers jours. Le leader du Front, Hamma Hammami, a appelé les Tunisiens de toutes régions confondues à manifester le 14 janvier prochain, et ce dans le cadre d’une première phase pour faire tomber les mesures “destructives” prises par le gouvernement dans le cadre de la loi de Finances 2018.

Hammami a évoqué, par ailleurs, la mort d’un jeune protestataire à Tebourba et l’a qualifié de martyr. “Il s’agit du premier martyr des protestations contre la loi de Finances 2018,”a-t-il noté.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.