Le délégué d'Ettadhamen et le secrétaire général d'El Mnihla reviennent pour le HuffPost Tunisie sur les protestations du lundi soir

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TUNISIA
Tunisian police track down rioters in Ettadhamen on the outskirts of Tunis late on January 8, 2018 after price hikes ignited protests in the North African country. / AFP PHOTO / SOFIENE HAMDAOUI (Photo credit should read SOFIENE HAMDAOUI/AFP/Getty Images) | SOFIENE HAMDAOUI via Getty Images
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La nuit de lundi à mardi a été mouvementée dans plusieurs villes de la Tunisie pour protester contre la hausse des prix. Une nuit de tension marquée par des manifestations nocturnes contre le gouvernement et des affrontements avec la police.

Dans certaines cités de la capitale, des biens publics ont été dégradés, certains magasins pillés et des actes de violences observés. Le bilan des protestations contre la flambée des prix s’avère lourd notamment avec la mort d’un manifestant à Tebourba.

Contacté par le HuffPost Tunisie, le délégué de la cité Ettadhamen, affirme que les fauteur de troubles sont en grande partie issus de la cité, accompagnés d'individus des cités environnantes, notamment El Mnihla et Ibn Khaldoun.

Il a par ailleurs souligné que l'âge de la plupart des interpellés est compris entre 17 et 25 ans, n'écartant cependant pas une manipulation de la part de tierces parties, inconnues à l'heure qu'il est, et faisant l'objet d'une enquête.

"Le rond point d'El Intilaka, dessert trois délégations, à savoir Ettadhamen, Ibn Khaldoun, et El Mnihla. Les manifestations qui ont eu lieu à cet endroit, comprenaient des individus issus des trois délégations, mais on ne peut pas nier que la plupart est venue de la cité Ettadhamen" a-t-il déclaré au Huffpost Tunisie, avant d'ajouter "Les manifestants sont majoritairement jeunes, avec une tranche d'âge entre 17 et 25 ans".

"Nous n'avons aucun problème avec les manifestations pacifiques, il s'agit d'un droit constitutionnel. Mais nous avons vu des actes de vandalisme, c'est pourquoi nous regrettons ce qui s'est passé hier soir. En tant que responsables régionaux et représentants des forces de l'ordre, nous ne pouvions tolérer de tels agissements, d'autant plus que la tranche d'âge des manifestants démontre une manipulation de la part de certaines parties" a-t-il déclaré.

Le délégué a par ailleurs estimé que ces manifestations ne pourraient en aucun cas se transformer en un soulèvement populaire général, car dit-il, "cette étape est dépassée et ne pourrait se reproduire", admettant toutefois que les citoyens tunisiens sont frustrés par la dégradation de la situation sociale.

De son côté, le secrétaire général d'El Mnihla a qualifié de "criminels" les individus responsables des actes de violence observés hier, estimant que certaines parties souhaitent semer le désordre, et que ce qui s'est passé ne constitue pas un début d'une "nouvelle révolution".

Au lendemain de cette nuit agitée, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khelifa Chibani a annoncé, sur les ondes de Mosaïque FM, que 44 personnes, impliquées dans des actes de violence et de vandalisme dans les cités d’Ettadhamen, Intilaka, à Kasserine et Gafsa, ont été arrêtées. Il a précisé que 18 individus ont été arrêtés entre les cités Ettadhamen et Intilaka, 16 à Kasserine, et 10 autres à Gafsa.

Quatorze personnes parmi les interpellés dans les villes de la capitale, ont été placées en garde à vue, comme d'a déclaré le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis, Sofiène Selliti.

Les chefs d'accusation retenus contre eux portent sur : "actes de vandalisme prémédité sur la voie publique et refus d'obéissance à un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions l'empêchant de s'acquitter de sa mission", a précisé Selliti à l'agence TAP.

Les accusés seront, également, poursuivis pour "agression avec violence d'un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions", a-t-il encore ajouté, indiquant que l'enquête se poursuit en coordination avec le ministère public.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur avait déclaré précédemment à l'agence TAP, que plusieurs régions dans les gouvernorats de Tunis, La Manouba, Gafsa et Kasserine ont été le théâtre d'actes de violence et de pillage des biens publics et privés, ainsi que des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, dans la nuit du lundi à mardi.

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