Les deux Corée face à face pour la première fois en deux ans

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AFP
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COREE - De hauts représentants des deux Corée se retrouvent ce mardi 9 janvier pour leur premier face à face officiel en plus de deux ans après les tensions exacerbées provoquées par les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Ces pourparlers, qui ont débuté à 10h (heure locale), font suite à la main tendue le jour du Nouvel An par Kim Jong-Un qui a évoqué une participation de Pyongyang aux prochains Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud.

Séoul a répondu par une proposition de dialogue à haut niveau et la semaine dernière, le téléphone rouge entre les deux voisins a été rétabli après près de deux ans de silence.

Les discussions se tiennent à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée(1950-53), dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.

Elles devraient porter essentiellement sur l'envoi par le Nord d'une délégation aux JO de Pyeongchang, situés à tout juste 80 kilomètres de la DMZ, en fait l'une des frontières les plus militarisées du monde.

Séoul s'efforce de présenter la compétition comme une "Olympiade de la paix" mais pour que l'expression prenne son sens, la participation du Nord est essentielle.

Depuis deux ans, la situation sur la péninsule s'est considérablement dégradée, la Corée du Nord menant trois nouveaux essais nucléaires et multipliant les tirs de missile.

Si Pyongyang confirme sa participation, l'une des grandes questions sera de déterminer si les athlètes des deux pays et leur entourage feront une entrée commune lors des cérémonies d'ouverture et de clôture, comme à Sydney en 2000, Athènes en 2004 et lors des Jeux d'hiver de Turin en 2006.

Navire de croisière

La taille et la composition de la délégation nord-coréenne, de même que son hébergement, qui devrait être financé par Séoul, devraient aussi être débattues.

Les Nord-Coréens pourraient loger sur un navire de croisière à Sokcho, à environ une heure de route des Jeux, ce qui permettrait de surveiller étroitement leurs allées et venues.

La Corée du Nord ne dispose que d'une poignée d'athlètes qualifiés si bien qu'elle devrait envoyer au Sud un imposant contingent de pom-pom girls, prédisent les analystes.

Lors de compétitions sportives passées au Sud, des centaines de jeunes et avenantes supportrices nord-coréennes avaient ainsi créé l'événement.

"Pour obtenir le résultat souhaité et attirer l'attention, la Corée du Nord devra dépêcher son escadre de reines de beauté", dit An Chan-Il, chef de l'Institut mondial des études nord-coréennes et refuge du Nord.

Les médias sud-coréens ont laissé entendre que Pyongyang pourrait envoyer d'éminents représentants, dont la petite sœur de Kim Jong-Un, Yo-Jong, haute dirigeante du parti unique au pouvoir.

La délégation sud-coréenne aux pourparlers compte cinq membres et sera dirigée par le ministre de l'Unification Cho Myong-Gyun, la personnalité sud-coréenne chargée des relations avec le Nord.

Vétéran des négociations, il participe aux discussions depuis 1990, y compris le dernier sommet Nord/Sud de 2007.

Juste avant le départ mardi de la délégation sud-coréenne pour Panmunjom, son chef a déclaré que les deux parties se concentreraient sur la participation du Nord aux JO mais que l'ordre du jour porterait aussi sur d'autres moyens de réchauffer les relations entre les deux Corées.

"Aujourd'hui, nous discuterons de la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques et Paralympiques de Pyeongchang et également de la question de l'amélioration des relations intercoréennes", a déclaré Cho Myong-Gyun à la presse. Le ministre sud-coréen a souhaité "que cette rencontre soit le premier pas vers l'amélioration des liens Sud-Nord".

"Au-delà" des JO

La partie nord-coréenne est emmenée par Ri Son-Gwon, le chef du Comité pour la réunification pacifique de la Corée.

Ri Son-Gwon a jusqu'ici surtout participé à des discussions militaires et est connu pour avoir claqué la porte après seulement quelques minutes d'entretiens, en 2010 lorsqu'il avait démenti tout rôle de Pyongyang dans le torpillage d'un bâtiment de guerre sud-coréen.

Mais au-delà de l'olympisme, chaque partie pourrait évoquer des thèmes qui lui tiennent particulièrement à cœur, ce qui pourrait être beaucoup plus problématique, relèvent les analystes.

Séoul veut poser la question d'une reprise des réunions entre les familles séparées par la guerre. Pyongyang a rejeté de précédentes propositions en ce sens, exigeant au préalable le rapatriement par le Sud de plusieurs Nord-Coréens.

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Le Nord va vraisemblablement vouloir évoquer la fin définitive des exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont accepté la semaine dernière de reporter les manoeuvres Foal Eagle et Key Resolve jusqu'à l'après-JO dans le but d'apaiser les tensions.

Le président américain Donald Trump s'est félicité ce weekend de la reprise des discussions et a espéré qu'elles aillent "au-delà" des JO. Il s'est aussi dit prêt à s'entretenir avec Kim Jong-Un, à rebours de sa rhétorique volontiers belliqueuse et insultante à l'égard du leader nord-coréen.

"Cela ne va pas se faire du jour au lendemain", a toutefois affirmé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

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