Tunis, Gafsa, Thala, Sidi Bouzid...Les contestations sociales se multiplient

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TUNISIA PROTEST
Facebook/ فاش نستناو
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Protestant contre les hausses de prix de certains produits de consommation décrétées par la loi de finances 2018, plusieurs contestations ont jailli partout dans le pays. Afin de disperser les manifestants, la police a fait usage de la force.

Sidi Bouzid: Une marche contre "la hausse des prix" à Meknassi

Des habitants de la délégation de Meknassi ainsi que des jeunes sans emploi et des représentants d’associations locales ont défilé, dimanche, dans une marche de protestation contre la hausse des prix de certains produits de consommation et ce, à l’appel de l’Union locale du travail.

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant la cherté de la vie et appelant à la démission du gouvernement et au retrait de la loi de finances 2018 qu'ils jugent impopulaire.

Dans une déclaration à l’agence TAP, le secrétaire général de l’Union locale du travail, Zouhair Khaskhoussi évoque, parmi les revendications de Meknassi et de Sidi Bouzid, la révision de la loi de finances 2018, l’accélération de la réalisation des grands projets programmés depuis 2012, dont notamment la mine de phosphate à Meknassi, et le recrutement des chômeurs de longue durée.

Gafsa: Les protestants se dirigent vers la frontière algérienne

À Gafsa, des personnes en moto ou à pieds, se sont dirigées vers la frontière algérienne en brandissant le drapeau de l'Algérie.

"Pauvreté, chômage, on quitte le pays", lance l'un d'eux (vidéos ci-dessous)

Kasserine: Protestations à Thala

À Kasserine, les manifestants, qui ont bloqué l’avenue principale de la ville et brulé des pneus, déplorent la dégradation du pouvoir d’achat, la montée du chômage et l’absence du développement dans la région.

Ils ont scandé des slogans appelant à transformer la ville de Thala en gouvernorat et à accélérer la réalisation des projets programmés.

Les forces de l’ordre ont utilisé, dimanche, du gaz lacrymogène pour disperser des manifestants, a rapporté la TAP. (ci-dessous)

L'utilisation de la force par les policiers a eu lieu également contre les manifestants de la campagne "Fech Nestanew".

La campagne " Fech Nestanaou" réprimée à Sousse, Tunis, Ben Arous et Bizerte

Un groupe de militants de la campagne "Fech Nestanaou" a été arrêté au cours des dernières 24 heures à Sousse, Ben Arous, et Bizerte suite à la distribution de la déclaration de la campagne, appelant à protester contre la cherté des prix, a indiqué Wael Nawar, membre et activiste dans cette campagne de protestation sur la situation économique et sociale.

Il a précisé, dimanche, dans une déclaration, à l’agence TAP, que quatre activistes à Sousse, neuf à Ben Arous et deux militants à Bizerte ont été arrêtés sur ordre du Procureur de la République pour des accusations de tags sur les murs, la destruction de biens publics et privés et d'incitation aux émeutes, lors de la distribution de la déclaration de la campagne aux citoyens dans les marchés et certains lieux publics.

L'intention est de les garder, selon Nawar qui a confirmé, par contre, la libération d'autres activistes dans la capitale et à Sfax après leur arrestation samedi. Il a ajouté qu'un certain nombre d'avocats et de membres de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) sont en contact avec les autorités concernées pour examiner le statut des détenus dans le but de les libérer. (photo ci-dessous)

Le porte-parole a indiqué la tenue d'une réunion élargie des activistes de la campagne "Fech Nestanaou", dimanche, à la Place du martyr Mohamed Brahmi (anciennement la place d’Afrique), qui a été consacrée aux détails techniques de cette campagne, précisant que des décisions ont été prises à l'issue de cette réunion, dont notamment l’organisation des mouvements régionaux dans les différents gouvernorats le 12 janvier.

Il y a lieu de signaler que la campagne "Fech Nistanaou", dont l'annonce du démarrage a eu lieu lors d'un mouvement de protestation, organisé, mercredi dernier, au centre ville, à l'initiative d'un groupe d'étudiants des partis du Front populaire, notamment le parti des travailleurs et le Mouvement des patriotes démocrates unifié (Watad) ainsi que des personnalités de gauche en Tunisie, appelle à protester contre la situation économique et sociale que le citoyen tunisien vit après l'adoption de la loi de finances pour l'exercice 2018, notamment les dispositions relative à la hausse des prix.

La déclaration de la campagne qui est distribuée aux citoyens comporte plusieurs demandes, dont la baisse des prix des produits de base, la non privatisation des entreprises publiques, la couverture sociale au profit des chômeurs, outre la mise à la disposition des familles à revenu limité de logements sociaux, l'augmentation des primes octroyées aux familles nécessiteuses, la révision des politiques fiscales et l'élaboration d'un plan national global de lutte contre la corruption.

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