"Tamazight doit être transcrite en arabe pour se généraliser à tous les Algériens", selon l'Association des oulémas

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La promotion de la langue tamazight en Algérie "est une des priorités de l'association des oulémas musulmans", a affirmé son président lors de l'assemblée générale tenue samedi à Zéralda. Selon le quotidien El Khabar, Abderrezzak Missoum, qui a affirmé que cette culture concerne tous les Algériens, a appelé retranscrire cette langue en arabe.

Le président de l'association des oulémas musulmans a affirmé lors de cette conférence de presse que la promotion de la langue tamazight doit être "récupérée des mains de ceux qui surenchérissent et la consacrer à des scientifiques issus des quatre coins du pays".

M. Missoum a fait savoir que la "promotion de tamazight est une des priorités de son association". Il a expliqué que la généralisation de cette culture à toutes les couches de la société algérienne" doit être menée sur trois impératifs, c'est-à-dire la transcription de cette langue en arabe, sa dotation d'une dimension islamique "pour unir la nation" et la séparation entre le "tamazight algérien" et l'académie berbère.

Dans un post Facebook, cette association, qui explique que "cette culture fait indéniablement partie de chaque Algérien", rajoute que "les revendications de promotion de la tamazight sont légitimes, tant que cette langue se sépare de la francophonie, de l'occidentalisation et des tendances séparatistes".

L'enseignement de tamazight, consacrée langue officielle dans l'amendement de la Constitution en 2016, se généralise à 38 wilayas du pays pour concerner 350.000 élèves, affirmaient Nouria Benghebrit, ministre de l'Education et Ahmed Ouyahia, Premier ministre, en réaction à de multiples marches et manifestations d'étudiants exigeants la promotion de la langue.

Un enseignement suscitant peu d'engouement, que ces élèves "fuient parce qu'ils ne comprennent pas ce qui est enseigné et ne reconnaissent pas leur langue maternelle", selon le chercheur et linguiste algérien Abderrezak Dourari.

Ce dernier expliquait ainsi dans un entretien au HuffPost Algérie que la tamazight est déjà retranscrite en arabe, tifinagh et en latin dans les manuels scolaires, sur instruction du ministère de l'Education qui laisse le choix de la graphie aux enseignants.

“Dans le monde chaouiya et au Mzab, on préfère l’alphabet arabe, en Kabylie, on préfère l’alphabet latin et les Touarègues eux préfèrent le tifinagh”, explique Abderrezak Dourari pour qui il est important de préserver cette liberté de choix et cette pluralité.

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