L'Orchestre philharmonique du Maghreb fête le nouvel an au son de Broadway

Publication: Mis à jour:
OPM1
OPM/Facebook
Imprimer

CONCERT - C'est d'une façon originale que l'Orchestre Philharmonique du Maghreb (OPM) compte assurer cette année le traditionnel concert du nouvel an, en optant pour un programme musical façon Broadway. Pour accueillir l'année 2018, l'OPM traversera donc l'Atlantique et jouera, à partir du 24 janvier et dans trois villes différentes, des oeuvres extraites des grandes comédies musicales américaines du 20e siècle.

L'occasion pour l'OPM de rendre hommage à l'un des plus grands compositeurs et chefs d'orchestre du 20e siècle, l'Américain Leonard Bernstein. Disparu en 1990, il a dirigé les grands orchestres d'Amérique, d'Europe et d'Asie et était notamment connu pour sa capacité à diriger tout un orchestre d'un simple regard (voir vidéo ci-dessous).

Les 70 musiciens de l'orchestre, venus du Maroc, de Tunisie et d'Algérie, se réuniront pour la première fois depuis janvier 2016, où ils avaient joué un concert beaucoup moins festif mais tout aussi grandiose, avec le "Requiem de Verdi". Les musiciens ainsi que les interprètes français Aurore Ugolin, mezzo-soprano, et Jean- Loup Pagésy, baryton, seront dirigés par un des disciples de Bernstein, le chef d'orchestre français et conseiller artistique de l'OPM, Olivier Holt.

"Pendant très longtemps, nous avons fait des concerts à la manière de Vienne, où nous jouions des compositions assez enlevées, de Johan Strauss par exemple, et il se trouve que cette année, nous fêtons les 100 ans de Bernstein," précise au HuffPost Maroc Caroline Saunier, Directrice Déléguée de la Fondation Ténor pour la culture, structure à qui l'on doit la fondation de l'Orchestre philharmonique du Maghreb en 2015.

Grâce à ses compositions aux influences jazz, pop et gospel, il avait réussi à peindre un portrait très représentatif des État-Unis du 20e siècle et ainsi se faire un nom dans ce monde de la musique classique qui avait alors encore du mal à reconnaître les compositeurs venus du "nouveau monde", comme l'explique Caroline Saunier.

Les spectateurs pourront donc goûter à quatre de ses oeuvres comme "West Side Story" (vidéo ci-dessous), "On the Town", ainsi que l'"Ouverture de Candide" et "Glitter and be Gay", tirées de l'adaptation de l'oeuvre de Voltaire.

Le spectacle, d'une durée d'un peu plus de deux heures, démarrera avec l'"Ouverture cubaine" et se clôturera avec "Un Américain à Paris" et "Porgy and Bess", du compositeur new-yorkais, George Gershwin.

Un choix de thème qui plaira assurément aux spectateurs, selon la directrice déléguée. "Plus on se rapproche, en termes de musique, de notre époque, plus c'est simple d'écoute", explique-t-elle. "Avec les 180 dates par an de l'orchestre et du choeur philharmonique, l'oreille du spectateur marocain a été habituée à la musique classique, à qui on a déjà proposé des oeuvres beaucoup plus complexes à l'écoute", rassure-t-elle.

Décentralisation

Le premier concert ouvert au public aura lieu le 24 janvier à Casablanca à l'église Notre dame de Lourdes, avant de rejoindre le 25 janvier le Théâtre National Mohammed V à Rabat, et, pour la première fois, la ville de Oujda, au Théâtre Mohammed VI le 27 janvier.

L'OPM, qui s'est déjà produit à Marrakech, Agadir, Tanger ou encore Fès, a choisi ainsi d'ajouter Oujda à sa liste et profiter des 4.900 mètres carrés que lui offre le théâtre de la ville inauguré en 2014, pour éviter, comme l'explique Caroline Saunier, d'augmenter encore plus cette concentration d'événements artistiques et culturels dans les deux capitales du pays.

"La vocation de l'orchestre reste avant tout de vulgariser la musique classique et de la jouer auprès d'un plus large public", explique Caroline Saunier. "Un orchestre c'est beaucoup de monde sur scène, et la problématique de la salle se pose toujours", admet-t-elle.

Les trois salles s'apprêtent à accueillir un total de 5000 spectateurs amateurs de comédies musicales et de curieux mélomanes venus découvrir cette musique entraînante.

Avant-scènes

Pour apprécier encore plus le concert, l'OPM propose par ailleurs des avant-scènes, des séances de préparation à l'écoute organisées avant les concerts de musique classique. Initiées en 2016, les conférences seront pour cette occasion animées par le chef d'orchestre lui-même et la jeune pianiste r'bati de l'OPM, Dina Bensaid.


opm2
Olivier Holt (à gauche) et Leonard Bernstein (à droite).

"C'est comme si vous alliez dans un musée et que vous aviez un critique à côté de vous qui vous raconte l'histoire derrière chaque tableau, le choix des couleur de l'artiste", explicite Carole Saunier. "On n'écoute pas la musique de la même manière quand on la connait", signale-t-elle.

Les conférences auront lieu le 17 janvier à Casablanca, et le 21 janvier à Rabat, où le public pourra poser ses questions à Olivier Holt, qui livrera quelques anecdotes de sa formation avec Bernstein et son expérience avec ce compositeur américain qu'il a bien connu.

LIRE AUSSI: