"Tilili", une caravane à Imider pour la libération des prisonniers politiques

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IMIDER
En août 2015, un activiste muni du drapeau amazigh arpente une colline surplombant une mine d'argent, où de nombreux jeunes pauvres ou sans emplois du village d'Imider ont tenu un sit-in permanent et un mouvement social depuis 2011, près de la ville d'Imider, dans le sud est du Maroc. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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CARAVANE - Camp du Mont Alban, à Imider (Tinghir). Ce sera le point de rencontre des militants des droits de l’homme et des mouvements de soutien au Hirak et aux manifestations sociales de Zagora et Jerada, ce week-end.

Il s’agit d’une caravane qu’organise le Comité de soutien du Hirak à Casablanca en collaboration avec le "Mouvement sur la voie 96 d’Imider" et dont le départ est fixé vendredi 5 janvier à Casablanca. Baptisée "Tilili", c’est-à-dire "liberté" en amazigh, cette caravane a pour slogan "Ensemble pour la libération des prisonniers de la dignité".

L'événement veut célébrer la libération des trois derniers prisonniers politiques d’Imider, les 26 et 27 décembre dernier, après avoir passé trois ans de prison. Mais au-delà d’un hommage, la caravane veut ouvrir un débat sur la question des prisonniers politiques du Maroc. "Ce ne sont plus les idées, mais les droits sociaux exprimés parfois par des citoyens qui n’ont jamais été à l’école qui légitiment, aujourd’hui, la détention politique", constate le coordinateur du Mouvement d’Imider, Omar Moujane, dans une déclaration au HuffPost Maroc.

Ce dernier, un des anciens détenus d’Imider, estime que la détention politique revient massivement au Maroc depuis le déclenchement des événements d’Al Hoceima, mais sous d’autres formes. "Pour nous, il n’y a aucun doute là-dessus. Et cette caravane nous permettra d’étudier de près le Hirak social face à la détention politique", précise-t-il.

Des avocats, dont Abdessadak Elbouchattaoui et Bouchra Rouissi, qui font partie du comité de défense des détenus du Hirak, des parlementaires, dont Hanane Rihab de l’USFP, et des militants des droits de l’Homme, dont Khadija Ryadi, y seront. Ils devront participer avec d’autres représentants de différents mouvements et causes à une rencontre/débat samedi 6 janvier. "La caravane n’a pas de couleur politique, même si toutes les tendances y seront représentées: gauche, amazigh et islamiste", souligne Soraya El Kahlaoui, une des coordinatrices de la caravane au sein du Comité de soutien du Hirak à Casablanca.

Au programme du débat, deux workshops se pencheront sur les différentes tendances des détenus politiques et donneront la parole à ceux qui l’ont vécu, comme Abdelbaki Yousfi, ancien prisonnier politique de gauche. "Nous voudrions, à travers les témoignages d’anciens détenus politiques, confronter leurs expériences et faire le point sur le changement qui s’est opéré pour que les mouvements sociaux soient, aujourd’hui, concernés par cette détention politique", explique Soraya El Kahlaoui. Et de faire remarquer que les partis politiques ne portent plus la contestation mais plutôt les mouvements sociaux.

"Pour nous, le Mouvement Imider a été le premier mouvement social contemporain qui s’est confronté à la question de la détention politique. Il a connu, depuis 2013, plus de 30 prisonniers politiques dont les derniers viennent d’être libérés", estime cette coordinatrice.

La caravane, qui prendra fin en musique, dimanche, lors d'une soirée détente bien méritée, aboutira à l’élaboration d’une déclaration. C'est un texte sur lequel les organisateurs comptent pour amorcer un nouveau chapitre dans la fédération des efforts pour la libération des détenus politiques au Maroc.

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