Au CHU de Bab el Oued, où les résidents blessés par la police se font soigner

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Les médecins résidents du CHU de Bab El Oued n’en reviennent pas. La répression policière qu’ils ont subie hier 3 janvier au CHU Mustapha Pacha lors de leur sit-in est un “point de non-retour” pour eux.

Maintenant ils demandent au Premier ministre Ahmed Ouyahia d’intervenir puisque leur tutelle "se démarque de toute responsabilité".

Ce matin à l’hôpital Maillot les médecins résidents des différents services de l’établissement étaient au rendez-vous. Ils tiennent un piquet de grève qui s’inscrit dans le cycle de sit-in intra hospitalier, entrepris il y a six semaines pour faire entendre leurs revendications.

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Mais l’attention de tous est particulièrement portée sur deux médecins résidents. Bandage à la main et à la tête, ils ont été blessés par les forces de l’ordre hier alors qu’il participaient à un sit-in pacifique au CHU Mustapha.

"Nous avons été agressé à coups de matraque et de taser dans l’enceinte même de l’hôpital. Il était prévu qu’on tienne une marche pacifique jusqu’à l’APN mais la police est intervenue violemment, ils ont encerclé l’hôpital, bloqué toutes les issues et ont réprimé les manifestants", raconte Boubezari Naamane, médecin résident au CHU de Bab El Oued lui-même victime de cette violence.

Au moment des faits Boubezari Naamane affirme qu’il parlait de manière correcte aux policiers qui leur faisait face en leur demandant de se calmer. Pris au dépourvu, il reçoit un coup à la tête lui causant une plaie sur le cuir chevelu.

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Lazouni Ilyes, un autre médecin résident dit avoir reçu plusieurs coups au bras et à la jambe. Il souffre d’une entorse du coude nécessitant un plâtre. "La force du coup que j’ai reçu à la jambe est visible sur mon téléphone que j’avais à la poche. La preuve il est complètement tordu" dit-il en montrant son téléphone.

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Un des délégués du CHU de Bab El Oued, Atia El Kheir, qui prenait des nouvelles de ses confrères, affirme que malgré la violence de la répression les médecins n’ont pas rendu les coups: "Nous avons tenté de leur enlever les matraques des mains, pour nous protéger. Cet accès de violence n’est pas digne de nous" dit-il encore.

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Le CHU de Bab El Oued a admis hier aux urgences une trentaine de médecins blessés. Certains souffrent de lésions graves. Les victimes de cette agression vont déposer une plainte collective contre la police à travers le Collectif autonome des médecins résidents Algériens.

Lire aussi: Le service civil est "un mensonge" auquel les médecins résidents veulent mettre fin

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