Abattage d'un buffle dans son enclos au zoo du Belvédère, les internautes indignés, la direction du zoo s'explique

Publication: Mis à jour:
KLSKLSKL
Mohamed Oussama Houij
Imprimer

Un buffle a été abattu au sein du parc Belvédère de Tunis, dans son enclos. La publication des photos et des vidéos de l'abattage sur les réseaux sociaux a suscité l'indignation des internautes, entre ceux qui ont dénoncé l'abattage du buffle sous les yeux des autres membres de sa meute et ceux qui ont dénoncé cet abattage devant les visiteurs. Mais d'autres ont approuvé cette décision.

"Je pense d'abord aux enfants qui ont dû assister à cette scène (...)
"Si pour un moment vous trouvez que c'est normal, ou que vous vous en foutez, ne venez jamais vous plaindre quand cette cruauté frappera sous vos yeux..."




Le HuffPost Tunisie a contacté la direction du parc pour éclaircir la situation: "L'animal était âgé, il était atteint d'une pathologie impossible à soigner. On a été obligés de l'abattre", a affirmé Mahmoud Latiri, directeur et vétérinaire du parc de Belvédère de Tunis, au HuffPost Tunisie, "Il ne lui restait que deux ou trois jours à vivre de toute façon, il valait mieux l'abattre pour récupérer sa viande et la donner aux lions du parc".

Pour lui, c'était la bonne chose à faire: "L'éthique, c'est de ne pas laisser souffrir les animaux", a-t-il souligné.

Qu'en est-il des conditions de cet abattage?

Pour le vétérinaire, et directeur du parc Belvédère, Mahmoud Latiri, "les animaux ne sont pas dotés d'une conscience, il n'est donc pas nécessaire de s'en faire pour les autres animaux se trouvant dans l'enclos".

Il a aussi souligné que l'animal pesait 700kg, et qu'il était difficile à transporter, que les agents ont fait le nécessaire pour se cacher des visiteurs "pour ne pas les choquer", en se mettant près d'un arbre et en couvrant le buffle.

Pour revenir sur le soucis éthique et la conscience animale, le HuffPost Tunisie a aussi contacté Mejed Heni, vétérinaire de formation, "L'impact peut être significatif mais pas profond. Ces animaux ne raisonnent pas sur l'affection comme les animaux de compagnie. Une fois transformé en viande nue, l'animal n'aura plus de valeurs à leurs yeux", confirme-t-il, "Sauf pour une relation mère-nouveau né", a-t-il renchéri.

Ceci dit, "il aurait suffit de le trainer à l'aide d'une grue, afin de l'abattre dans des conditions plus hygiéniques", a-t-il signalé. "C'est comme cela que les chevaux qui meurent dans leurs box sont enterrés".

La conscience animale fait l'objet de vastes études et de recherches, depuis des décennies. En 2012, des scientifiques à l'université de Cambridge ont signé "The Cambridge Declaration on Consciousness" (en Français: "Déclaration de Cambridge sur la conscience"), un document qui proclame l'existence d'une conscience chez les animaux. "Cela veut dire qu’ils sont conscients, c’est-à-dire qu’ils font l’expérience de ce qui leur arrive et qu’ils peuvent avoir des états mentaux positifs ou négatifs", explique Animal Ethics sur son site.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.