La répression policière du sit-in des médecins résidents à Alger dénoncée

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Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) a menacé de suspendre le service minimum dans les hôpitaux, après l'arrestation de plusieurs grévistes mercredi après-midi. Cette suspension momentanée a été interrompue dès lors que les 7 médecins ont été relâchés hier en fin de journée. Le service minimum et les urgences sont ainsi assurés, a constaté le HuffPost Algérie. Le collectif a également dénoncé des "dépassements illégaux et inacceptables", suite à la violente répression du sit-in, exigeant dans un communiqué de rencontrer les hauts responsables pour cesser cette grève.

La répression par les forces anti-émeutes de ce sit-in, qui a fait plusieurs blessés graves chez les médecins résidents, a également été dénoncée par le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et des partis politiques, dont le RCD et le FFS.

Les forces de l'ordre "ont empêché" les médecins résidents, qui observaient un sit-in au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha Pacha, de sortir de l'enceinte hospitalière pour organiser une marche et réclamer l'amélioration de leur situation socio-professionnelle.

Les éléments des forces anti-émeutes ont imposé un cordon de sécurité et encerclé le CHU, réprimant les grévistes pour les repousser à l'intérieur. Cette intervention a fait plusieurs blessés, selon des images massivement relayées sur les réseaux sociaux.

Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) a fait état de "blessures graves au niveau de la tête", dont des traumatismes crâniens majeurs et des "fractures diverses" chez les grévistes matraqués.

Dans un communiqué publié suite à cette répression, le CAMRA a annoncé sa décision de "suspendre le service minimum, y compris les services de gardes et des urgences", après l'arrestation de plusieurs grévistes. Cette suspension momentanée a été interrompue dès lors que les 7 médecins ont été relâchés. Le Camra a aussi exigé de "rencontrer les hautes autorités" pour cesser ce débrayage.

Plusieurs syndicats et partis politiques dénoncent

Les images des médecins résidents blessés, visages ensanglantés, partagées sur les réseaux sociaux, a suscité la réaction de plusieurs autres syndicats, de praticiens de la santé de plusieurs autres wilayas. Le bureau régional du CAMRA a appelé à un sit-in dans la wilaya d'Oran, pour "rendre justice à tous ces blessés".

Cette répression policière a également suscité la réaction de chefs et responsables de partis politiques.

Le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a exprimé dans un communiqué sa "profonde inquiétude", accusant les autorités publiques "d'entretenir les conflits". Cette organisation a affirmé que le "sang qui a coulé aujourd'hui et entaché les blouses blanches est celui de tous les médecins algériens", regrettant "une image honteuse de trop", un "dépassement intolérable et non justifié".

Le syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires a également réagi, se disant "choqué par les brutalités policières" dont ont été victimes les médecins résidents. Ce syndicat a condamné toute violence, appelant les autorités publiques à privilégier le dialogue".

Chafaâ Bouaîche, chef du groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS), a sommé les pouvoirs publics de cesser de se comporter "en animal prédateur contre nos médecins". Atmane Mazouz, député pour le Rassemblement pour la culture et la démocratie, s'est dit "révolté" par cette répression, "un comportement d'Etat de voyous".

Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui s'est dit "choqué" par "cette intervention violente et non justifiée", a condamné une "agression violente" contre la "crème de la société algérienne", estimant que le recours à la violence témoigne de l'incapacité de l'Etat à trouver des solutions aux problèmes socio-économiques que vivent les Algériens.

Les protestataires ont affirmé que leur action visait à "faire entendre leur voix" aux différents départements ministériels concernés par leurs revendications, précisant que la rencontre, mercredi dernier, entre leurs représentants et le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, "n'a apporté rien de nouveau".

Après avoir reçu des représentants du CAMRA au siège du ministère, M. Hasbellaoui avait indiqué que "les revendications des médecins résidents pour l'amélioration de leurs conditions de travail avaient été prises en compte à travers la mise en place de mesures incitatives dans le cadre des lois en vigueur".

Pour rappel, les médecins résidents s’insurgent contre le fait qu’ils soient affectés d’office dans des régions isolées pour travailler dans une infrastructure publique durant au moins deux années sans que leurs situations familiales ne soient prises en considération. Ils revendiquent, notamment la révision du service civil dans sa forme actuelle.

Les grévistes se plaignent des conditions de travail difficiles au niveau des régions vers lesquelles ils sont généralement affectés. Des conditions difficiles qui se caractérisent, notamment par l’absence de logements, de moyens de transports ou encore de moyens propres à leurs métiers et même d’agents paramédicaux.

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Sit-in des médecins résidents réprimé au CHU Mustapha Pacha
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