Les Émirats Arabes Unis ne présenteront pas leurs excuses à la Tunisie selon un document fuité par Al Arabi 21, l'ambassadeur des Émirats en Tunisie nie

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franckreporter via Getty Images
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Nouvel épisode dans l'affaire du “travel ban” d’Emirates. Après la décision des autorités tunisiennes de suspendre les vols de la compagnie Emirates, sur fond de discrimination et violation des accords à la suite d'une mesure ciblant les Tunisiennes, un nouveau scandale est en passe de compliquer la crise entre les deux pays.

En effet, un document fuité par “Arabi 21" aurait mis à nu le plan des Emirats pour absorber la crise et sortir indemne de cette affaire. Ce document de quatre pages comprend une évaluation générale de la situation et un ensemble de recommandations pour mieux gérer la crise.

Dans ce document, le ministère des Affaires étrangères Emirati aurait présenté huit mesures à suivre pour mieux maîtriser la situation et sortir “calmement” et “rapidement” de ce conflit qui selon eux ne fait que nourrir l’ascension d’Ennahdha et du Qatar.

Le document, formulé par l’administration de planification des politiques et de coopération internationale le 27 décembre 2017 et adressé à cinq dirigeants importants du pays dont principalement le prince émirati, Abdullah bin Zayed al-Nahyan (Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale), souligne la nécessité d’écarter la possibilité de présenter des excuses officielles à l’issu de ce "dérangement", et ce malgré l’incitation des autorités tunisiennes. Le document explique que le fait de s’excuser jouera en faveur d’Ennahdha qui pourrait profiter de cette situation pour se propager à nouveau à l’intérieur du pays à l’approche des élections.

“Il faut faire attention à la manière dont les 'frères' d’Ennahdha exploitent cette crise” note le document en évoquant les déclarations de Soumaya Ghannouchi, fille du dirigeant du mouvement Rached Ghannouchi, qui a formellement accusé les Emirats de comploter contre le parti.

De plus, il insiste sur le fait de respecter l’attitude de Nidaa Tounes et éviter toute tentative d'affaiblir la position du président de la République et de son parti. “Ceci sert Ennahdha” a-il encore noté en appelant à s’éloigner des discours politiques représentant des menaces directes ou indirectes touchant les Tunisiens résident aux Emirats et dont le nombre s’élève à 28 mille.

Le document appelle, d’autre part, à continuer à saluer les déclarations du porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrache, qui a annoncé que cet incident est passager et ne représente pas une crise diplomatique; et à mettre sur le devant de la scène, les propos de l’ambassadeur tunisien aux Emirats qui rappelle que les relations entres les deux pays sont suffisamment solides et ne seront pas impactées par cet incident.

Par ailleurs, ce document souligne la nécessité d’éviter toute attaque contre la récente visite d’Erdogan en Tunisie. “Vu que le gouvernement Tunisien va répliquer en affirmant qu’il s’agit d’une décision souveraine” précise la même source.

Mais c’est le huitième point qui est le plus frappant dans la liste. “Il est possible de mobiliser des associations et des sites médiatiques de l’intérieur de la Tunisie pour lancer le débat contre Ennahdha, et la responsabilité de cette dernière du grand nombre des combattantes tunisiennes avec Daech et qui sont en train d'entacher l’image de la femme tunisienne".

Contacté par le HuffPost Tunisie, l'ambassade des Émirats Arabes Unis à Tunis n'a pas souhaité commenter ce document, ni l'authentifier. Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui préféré s'abstenir de tout commentaire.

Interrogé par Al Sabah News, l'ambassadeur des Émirats Arabes Unis en Tunisie a nié l'authenticité de ce document ajoutant qu'il n'existe pas de service de planification des politiques et de coopération internationale au ministère des Affaires étrangères.

Le vendredi 22 décembre 2017, la compagnie nationale émiratie a décidé d’interdire aux passagères tunisiennes, de tout âge, d’embarquer sur ses vols au départ de Tunis sans fournir la moindre explication, à l’exception des résidentes aux Emirats Arabes Unis entrainant une vive réaction des internautes et des autorités en Tunisie. Trois jours après, le ministre des Affaires étrangères tunisien a qualifié cette décision d' "inadmissible" ajoutant attendre des excuses officielles des Émirats Arabes Unis.

De son côté, le ministère du Transport tunisien a annoncé l'interdiction à la compagnie émiratienne Emirates d'exercer sur le territoire tunisien. Cela concernera aussi bien les vols à destination de Tunis que ceux au départs de Tunis. Cette interdiction restera en vigueur "jusqu'à ce que la compagnie trouver une solution pour assurer ses services conformément aux lois et aux standards internationaux".

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