Croissance: Les prévisions du HCP ne sont pas de très bon augure

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AGRICULTURE MOROCCO
Farmers pick strawberries, to be exported, in a field in the town of Moulay Bousselham in Kenitra province March 15, 2014. The local strawberry growers use the multi-layers planting method to gain two times more strawberries than usual. REUTERS/Youssef Boudlal (MOROCCO - Tags: AGRICULTURE BUSINESS) | Youssef Boudlal / Reuters
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PRÉVISIONS - La croissance économique marocaine devrait connaître un ralentissement au premier trimestre de 2018. C'est ce que présage le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans sa dernière note de conjoncture. Selon le département de Lahlimi, cette décélération serait due au "repli des activités agricoles en comparaison avec les performances notables réalisées en 2017".

En effet, et contrairement à la campagne précédente, la récolte de 2017/2018 aurait souffert d'une pluviométrie automnale moins abondante, dont les effets auraient été plus perceptibles au niveau des surfaces ensemencées des céréales et des légumineuses, mais également au niveau des cultures irriguées.

Même le retour à la normale des conditions climatiques hivernales ne pourra pas sauver la campagne et se contentera de limiter le repli de la valeur ajoutée agricole à 3,1% durant les trois premiers de l'année 2018 contre une embellie de 14,2% une année auparavant.

La valeur ajoutée hors agriculture devrait, quant à elle, accélérer au premier 2018, profitant d’une amélioration du climat des affaires à l'international. Dans la zone euro, la croissance serait tirée par la vigueur de la demande intérieure. L'augmentation des importations des pays avancés et la reprise graduelle de celle des pays émergents permettraient au commerce mondial de rester dynamique.

Dans ce contexte, le HCP prévoit une hausse de la demande mondiale adressée au Maroc de l'ordre de 4,5%. Cet accroissement profiterait à certaines branches industrielles exportatrices, comme l'automobile, l'électronique, l'habillement et le textile. Attention toutefois à ne pas crier victoire trop vite puisque la légère reprise attendue des cours mondiaux du pétrole risquerait de renchérir légèrement les importations nationales.

Concrètement, cela devrait se traduire par une augmentation des valeurs ajoutées industrielle et tertiaire de respectivement 2,2% et 3,2% au premier trimestre de la nouvelle année. Dans l’ensemble, la valeur ajoutée hors agriculture devrait donc s’améliorer de 3,2%, au premier trimestre 2018, affirme le HCP, favorisant, ainsi, une hausse du PIB global de 2,6%, au cours de la même période, au lieu de 3,8% une année auparavant.

À noter que l'économie nationale a connu une croissance de 3,9% au dernier trimestre de 2017 au lieu d'une croissance de 1% une année auparavant. Le département de Lahlimi explique cette performance par l'accroissement de 14,2% de la valeur ajoutée agricole, au lieu d’une baisse de 13,7% au cours de la même période de 2016. La valeur ajoutée hors agriculture aurait connu, pour sa part, une hausse de 2,8%, tirée par les activités tertiaires et minières.

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