12 chefs d'inculpation retenus contre la jeune activiste palestinienne Ahed Tamimi

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AHED TAMIMI
Palestinian teen Ahed Tamimi (R) enters a military courtroom escorted by Israeli Prison Service personnel at Ofer Prison, near the West Bank city of Ramallah, January 1, 2018. REUTERS/Ammar Awad TPX IMAGES OF THE DAY | Ammar Awad / Reuters
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JUSTICE - La jeune activiste palestinienne de 16 ans a fait face à la justice israélienne lundi 1er janvier. Ce sont au total 12 chefs d'inculpation qui sont retenus contre elle pour avoir frappé un soldat israélien le 15 décembre dernier et pour cinq autres incidents qu'elle aurait provoqués l'année passée. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on l'aperçoit bousculer, avec sa cousine Nour Tamimi, deux soldats israéliens qui voulaient s'introduire dans la cour de leur maison, à Nabi Saleh au nord de Ramallah.

Ahed Tamimi, arrêtée dans la nuit du 18 au 19 décembre dernier, avait été placée en garde à vue. Sa détention devait prendre fin le 1er janvier 2018 mais le tribunal militaire l'a prolongée d'une semaine, jusqu'au prochain procès, selon un communiqué de l'armée israélienne.

Toujours selon cette source, l'adolescente a été inculpée, entre autres, pour "avoir agressé des forces de sécurité, lancé des pierres, proféré des menaces et participé à des émeutes". Sa cousine, également présente au moment des faits et arrêtée quelques temps après, a été inculpée pour "provocation" et pour avoir mis en ligne la vidéo sur les réseaux sociaux. La mère, Nariman Tamimi, devra pour sa part faire face à cinq chefs d'inculpation et est toujours détenue en garde vue avec sa fille.

Gaby Lasky, avocate de la famille, a déclaré au média Al Jazeera, qu'en vu des actes de Ahed Tamimi, "il y a possibilité qu'elle prenne beaucoup de prison", ajoutant que "les adolescents palestiniens sont généralement passibles de six à neuf mois de prison pour des jets de pierres".

Dans cette vidéo, on aperçoit Ahed visiblement fatiguée mais souriante face aux caméras, à la sortie de l'audience du tribunal militaire lundi. Son avocate a demandé plusieurs jours pour examiner les preuves qui l'inculpent.

Le père de la jeune fille, Bassem Tamimi, a confié, au même média, qu'il était très probable que sa fille soit condamnée et emprisonnée pour toutes ces accusations. "Ils ont monté toute l'affaire spécifiquement autour d'elle pour essayer de la garder en prison aussi longtemps qu'ils le peuvent", a-t-il dit.

Activiste de longue date, il voit en sa fille "un symbole de la lutte pour la libération du peuple palestinien". En effet, derrière l'apparence angélique de Ahed se cache une redoutable militante qui n'a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l'occupation israélienne. En 2012, une photo d'elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui a valu d'être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc.

En 2015, d'autres photos d'elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l'adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors figure de proue de la résistance palestinienne.

Pour les Israéliens, Ahed Tamimi est une agitatrice, issue d'une famille de provocateurs qui n'hésitent pas à filmer leurs altercations avec les soldats pour attirer la sympathie de la communauté internationale et ternir l'image des forces de l'ordre israéliennes. Le ministre de l'éducation israélienne, Naftali Bennett, avait exprimé que la jeune Ahed risquait jusqu'à 7 ans de prison. Le 8 janvier prochain, le tribunal "devra décider de suivre ou non les réquisitions du procureur militaire", précise pour sa part RFI.

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