Signe de la "rabiaa" ou pas, Erdogan fait déjà polémique

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ERDOGAN TUNISIA
Turkey's President Tayyip Erdogan gestures to photographers at Carthage Palace in Tunis, Tunisia, December 27, 2017. REUTERS/Zoubeir Souissi | Zoubeir Souissi / Reuters
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En visite officielle à Tunis pour deux jours, le président Turc Recep Tayyip Erdoğan aurait-il fait le signe de la "Rabiaa" à son arrivée au Palais de Carthage où il a été reçu par le président tunisien Béji Caid Essebsi pour un déjeuner officiel?

C'est la question qui agite le web tunisien.

"Erdogan arrive à Tunis et fait le signe 'rabiaa' du Palais de Carthage"

"Erdogan arrive à Tunis et fait le signe 'rabiaa' du Palais de Carthage"

Cependant, comme relevé par cet internaute, il ne s'agit pas de la première fois que le président Turc salue de cette façon. Il s'agirait selon lui de la façon utilisée par Erdogan pour affirmer les 4 piliers de la nation turque à savoir: un seul drapeau, une seule nation, une seul patrie, un seul gouvernement (Tek Devlet/ Tek Vatan/ Tek Bayrak/ Tek Millet en Turc).

Contactée par le HuffPost Tunisie, une source sous couvert d'anonymat à l'ambassade de Turquie en Tunisie confirme qu'il s'agit "d'une façon particulière du président de saluer. Elle n'a aucun lien avec le signe de la rabiaa. Cela représente les 4 principes de l'AKP (principal parti politique en Turquie) devenus les 4 principes de gouvernance du président".

Cependant malgré ces explications, certains internautes y voient toujours un signe de ralliement aux frères musulmans matés par le général Al Sissi en Égypte, qui ont fait de ce signe un message politique. Selon certaines sources, ce signe aurait même été créé par Erdogan lui même alors qu'il était premier ministre.

Selon la radio Mosaïque FM, des petites contrariétés ont accompagné la venue du président turc en Tunisie, notamment avec sa garde rapprochée.

Par ailleurs, à son arrivée à l'aéroport de Tunis, Erdogan n'a pas été accueilli par le président Béji Caid Essebsi ou le chef du gouvernement Youssef Chahed, mais par le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui ainsi que le représentant spécial du président, Lazhar Karoui Chebbi.

Mercredi, le parti Al Massar a refusé de se joindre au déjeuner officiel offert au Palais de Carthage en l'honneur du président turc.

Selon Al Massar, cette décision a été prise en réaction à "sa politique autoritaire vis-à-vis des forces vives que sont les intellectuels, les artistes, les universitaires et les journalistes en Turquie" mais également pour dénoncer "l'étouffement des libertés collectives et individuelles", reprochant au régime turc "la violation des droits et la violence exercée contre les opposants au régime".

Autre grief du parti Al Massar, l'appui turc aux organisations terroristes en étant "un point de passage vers les zones de tension (Libye et Syrie en particulier" ajoute un communiqué publié par le parti.

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