Hedi Sahly, vice-président de l'association "Shams", reconnu comme réfugié politique par la France

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SHAMS TUNISIA
Hedi Sahli, the first vice president of Tunisian 'Shams' association for the decriminalisation of homosexuality, speaks during a press conference to support a 22-year-old man accused of engaging in homosexual acts and sentenced to a year in prison following an anal examination on October 3, 2015 in Tunis. The local rights groups ATSM and Shams condemned the judgement, calling anal exams 'scandalous' and ask for decriminalising homosexuality by revising Article 230 of the penal code, according to | FETHI BELAID via Getty Images
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Hedi Sahly, ancien vice-président de l'association "Shams" pour la dépénalisation de l'homosexualité, vient d'être officiellement reconnu par l'État français comme un réfugié politique, a-t-il révélé au HuffPost Tunisie.

"La décision est motivée par le fait que je suis persécuté dans mon pays et menacé de mort pour mon homosexualité", a-t-il expliqué.

Signataire de la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, la France accorde le statut de réfugié si le demandeur de droit d'asile ne peut pas ou ne veut pas demander la protection de son pays d'origine, ou s'il craint d’être persécuté pour sa race, son origine ethnique, sa religion, sa nationalité, le groupe social auquel il appartient ou encore ses opinions politiques.

Hedi Sahly a quitté la Tunisie, fin 2015. Il a affirmé qu'il a reçu plusieurs menaces de mort. "Ce n'est pas la première fois que je reçois des menaces de mort et je ne suis pas le seul mais cette fois-ci, le danger était tel que j'ai été sommé par ma famille de quitter le pays à la hâte. Mon oncle travaillant au ministère de l'Intérieur m'a informé que mon nom figurait dans un rapport contenant le nom de personnes menacées en Tunisie. Je n'ai été informé par aucune source officielle du ministère mais par des circuits officieux.

Malheureusement le ministère de l'Intérieur, que nous informons régulièrement des menaces qui pèsent sur nous, ne semble pas prendre les choses au sérieux. Ils disent que la situation est sous contrôle tout en nous demandant de faire attention. J'ai demandé une protection personnelle de la part du ministère de l'Intérieur mais elle a été rejetée. Ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas fournir une protection rapprochée à toutes les personnes menacées", a-t-expliqué au HuffPost Tunisie, lorsqu'il a quitté le pays.

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En 2015, l'association tunisienne pour la dépénalisation de l'homosexualité a vu le jour, les homosexuels sont sortis de l'ombre pour réclamer l'abolition de la criminalisation de l'homosexualité (punie par l'article 230 du Code Pénal de 3 ans de prison) et la fin de la stigmatisation contre les Tunisiens à cause leurs orientations sexuelles.

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La médiatisation de la cause a brisé le mur de la silence autour de cette question et a donné lieu également en réaction à des appels à la haine et à la violence contre les homosexuels, véhiculés par des personnalités et les médias. Ces appels se manifestent par des menaces de mort ciblant les personnes en première ligne comme l'était Hedi Sahly à l'époque.

La chasse aux homosexuels se poursuit en Tunisie, de la part de l'État mais aussi d'une frange de la société.

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