La colline de Sidi Bou Said, site naturel classé, risque d'être détruite: La société civile se mobilise

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LLS
Fériel C.
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"La Tunisie n'est pas à vendre!". Pourtant, Feriel C., en faisant sa marche quotidienne, remarque un mouvement inhabituel sur la colline de Sidi Bou Said.

"J'ai vu des tractopelles et des semi-remorques qui étaient en train de détruire la colline", raconte-t-elle au HuffPost Tunisie.

Pourtant ce terrain fait partie d’un "Site naturel classé" par décret n°85-1246 du 7 octobre 1985 sous l'appellation "Plan de classement du site de Carthage et Sidi Bou Said" par la Commission nationale de classement des sites, explique la lettre ouverte, qui a été envoyée aux différents ministères concernés et sous forme d'une pétition signée par près de 1000 personnes en moins d'une semaine.

En effet, selon le témoignage de Fériel, le promoteur immobilier, qui était sur place, compte bâtir un hôtel de charme à la place, "Nous n'avons pas besoin de plus d'hôtels à Sidi Bou Said, ni de maisons d'hôte, il y en a déjà assez", déplore-t-elle.

Il est plus important de "laisser une Tunisie verte aux générations futures", affirme Feriel.

Cependant, il s'avère que le promoteur immobilier, auteur de cette destruction, aurait bien toutes les autorisations nécessaires pour effectuer ces travaux, et ce, malgré le décret de 1985.

Aussitôt la sonnette d'alarme tirée par Fériel C., la société civile s'élève et les associations s'unissent pour contrer ces travaux. L'association Sidi Bou Said développement et citoyenneté, l'association Tunisie recyclage et l'association Sauvegarde de Sidi Bou Said, se mobilisent en premier, d'autres associations les rejoignent dans cette lutte.

"L’association "Sidi Bou Saïd Développement et Citoyenneté" s’empara du dossier et s’empressa de faire constater par Huissier de justice le 12 décembre 2017 (Cf PV n°131236, photos à l’appui), l’ampleur des dégâts occasionnés", précise le texte de la pétition.

Deux jours après, soit mercredi 13 décembre, le maire de Sidi Bou Said ordonne l'arrêt temporaire des travaux, en attendant la décision définitive qui sera annoncée vendredi 22 décembre, par la commission chargée de revisiter ce dossier.

Entre temps, la pétition diffusée depuis lundi, 19 décembre, soit une semaine après le début du chantier a recueilli près de 1000 signatures en moins de trois jours seulement.

"Certains habitants disent même qu’il devrait être aussi classé zone archéologique en raison de la présence de mosaïques romaines n’ayant jamais été révélées en raison d’une volonté délibérés des gouvernants précédents qui pour des raisons occultes ont toujours renoncés à y entreprendre des fouilles", explique la pétition.

kslss

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