Moussem Cities, le festival bruxellois qui sonde la richesse culturelle de Casablanca

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CULTURE - Après Tunis et Beyrouth, c'est au tour de la ville de Casablanca d'être mise à l'honneur par le Moussem Cities. Ce festival belge, qui en est à sa troisième édition et se déroulera du 1er au 28 février, fera découvrir la capitale économique du royaume aux Bruxellois.

"En collaboration avec des partenaires locaux, nous engageons le dialogue avec des artistes de la plus grande ville du Maroc, une métropole à la croissance démographique explosive (de vingt mille habitants en 1907 à plus de quatre millions aujourd’hui), un port important, un carrefour historique entre le monde arabe, l’Europe, l’Afrique subsaharienne et les territoires d’outre-mer", détaille le site de l'événement. Mais si Casablanca a été choisie, c'est aussi pour sa scène culturelle "dynamique et contemporaine", expliquent encore les organisateurs.

moussem cities casablanca

Une ville "en construction permanente"

"Le principe du festival est d'inviter une ville arabe à Bruxelles, capitale de l'Europe", explique au HuffPost Maroc Mohamed Ikoubaan, directeur artistique de l'évènement. "En 2016, c'est Tunis qui était célébrée et l'année précédente, Beyrouth. L'idée est de raconter l'histoire d'une ville importante dans le monde arabe, pas seulement sur le plan économique mais aussi artistique", poursuit-il.

"Comme Beyrouth est le centre de tout au Liban, Casablanca est la métropole la plus dynamique et contemporaine mais aussi la plus marocaine", ajoute le directeur artistique, qui voit en Casablanca "une ville en construction permanente par et pour les Marocains".

Pour les organisateurs, il ne s'agit pas de montrer une image idéalisée de Casablanca, mais de la présenter dans toute sa vérité et sa complexité. "À travers cette ville, on explore le Maroc contemporain qui est dual et compliqué. Ce ne sera pas une vision carte postale d'un Maroc où tout va bien mais une présentation du Maroc comme il est, avec sa créativité mais aussi sa complexité", promet Mohamed Ikoubaan.

body dialogue

Body dialogue, un spectacle signé par le danseur et chorégraphe Youness Khoukhou.

Au programme de ce mois, des expositions, des concerts, des rencontres littéraires, des spectacles de danse et des projections de films, avec notamment la présentation du film "Razzia", dernier opus de Nabil Ayouch encore inédit au Maroc, mais ou encore les longs-métrage de Hicham Lasri et Nour-Eddine Lakhmari. Maria Daïf, directrice de "La Fondation Touria et Abdelaziz Tazi pour la promotion et le soutien de la culture", a d'ailleurs composé un texte à l'occasion de cet évènement.

Côté musique, les Bruxellois auront l'occasion de (re)découvrir Hoba Hoba Spirit, les Chikhats, Abderrahim Souiri ou encore Khadija El Bidaouia. Des artistes qui ont tous pour point commun d'avoir associé la ville blanche à leur créativité. "À Casablanca, beaucoup d'artistes sont impliqués dans la ville, c'est un laboratoire de création", explique le directeur artistique.

chikhates

Les comédiens de la troupe Kabareh Cheikhats

Au-delà de l'offre culturelle, le festival veut également créer une réflexion autour de ces deux villes. "Nous allons parler des liens entre Bruxelles et Casablanca. Nous allons discuter des étoiles de Sidi Moumen, mais aussi de la culture dans des quartiers populaires comme Molenbeek. Ce qui est vraiment intéressant est que les problèmes à l'échelle de cette ville, comme ceux de la mobilité, de la pollution, de l'urbanisme, etc., sont universels, beaucoup de grandes villes y sont confrontés", conclut Mohamed Ikoubaan.

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