La Tunisie 74eme sur 180 pays en matière de compétitivité durable, selon l'index GSCI

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TUNISIA CLOCK
A photo taken on November 10, 2016 shows Tunisians walking past the Great Clock in the Habib Bourguiba avenue in the capital Tunis. A Tunisian man climbed the Great Clock of the Habib Bourguiba avenue of the capital, early in the morning, and was ready to jump into the void in protest against the election of Donald Trump as the President of the United States. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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L'indice global de compétitivité durable dans son édition 2017, classe la Tunisie 74eme sur 180 pays et lui attribue le score de 44,3/100.

Cet indice qui mesure les forces et les faiblesses d'un pays, est calculé sur la base d'une centaine d'indicateurs provenant de sources telles que la Banque mondiale, le FMI, ou encore les différentes agences des Nations Unies. Pour mieux faciliter le classement, les indicateurs sont regroupés en 5 sous-indices, à savoir le capital naturel (la disponibilité des ressources et leur niveau d'épuisement), la gestion des ressources, le capital intellectuel, la gouvernance, et le capital social.

Ainsi, au niveau de l'Afrique du Nord, la Tunisie arrive en première place, suivie de son voisin l'Algérie (115e), de l'Egypte (147e), et du Maroc (160e).

Richesses naturelles

Dans la catégorie "Capital naturel", la Tunisie se classe 169e, un classement expliqué par le manque en eau et en biodiversité. Selon le rapport, les pays se situant dans des zones tropicales sont enclin à mieux se classer, car même s'ils sont parfois pénalisés dans d'autres catégories, avoir une riche biodiversité et des ressources naturelles leur permettrait de développer une compétitivité durable au fil du temps.

Le Congo, le Cameroun, le Laos, et la Guyane arrivent ainsi en premier, tandis que la Chine ou encore l'Inde se retrouvent respectivement 153e et 152e, à cause de leurs populations élevées et leur faible capacité à s'autosuffire.

Gouvernance

Quant à la gouvernance qui englobe la stratégie entreprise par le gouvernement dans le développement de la santé, l'éducation, l'infrastructure, et la sécurité, ou encore le cadre entrepreneurial mesuré par le degré de complexité des procédures administratives et du niveau de corruption, la Tunisie occupe la 65e place, avec un score de 51,6/100, précédée par le Singapour et faisant mieux que le Canada (91e) et l'Australie (70e).

Elle se classe également mieux que ses voisins. Ainsi, on retrouve l'Algérie en 103e place et le Maroc en 123e place.

Les pays en tête de liste en termes de gouvernance sont l'Irlande, la République Tchèque, et la Roumanie, tandis que les derniers du classement sont le Tchad, le Soudan et les Kiribati.

Le capital intellectuel

S'agissant du "Capital Intellectuel" qui mesure le niveau éducatif de la population, sa capacité d'innovation et son esprit entrepreneurial, la Tunisie se classe relativement bien et arrive en 43e place avec un score de 47,3/100, faisant mieux que l'Espagne, l'Australie, l'Ukraine, l'Inde, la Nouvelle-Zélande, la Macédoine, ou encore la Géorgie.

Elle se classe également première en Afrique et dans le monde arabe, et 2e parmi les pays de l'hémisphère sud, après le Vietnam (42e).

Sur le plan mondial, la Corée du Sud arrive en tête de liste, loin devant les deuxièmes du classement à savoir la Suède, la Norvège et la Chine.

Le Madagascar et la Zambie arrivent en dernier avec des scores ne dépassant pas 15/100.

Mauvaise gestion des ressources, mais pas plus que les États-unis

Sur la question de la gestion des ressources (naturelles et renouvelables), la Tunisie ne réalise pas un bon score, ni un bon classement, arrivant 109ème avec un score de 44,9/100. Le dernier rapport du Natural Resource Governance Institute (NRGI), a d'ailleurs qualifié la gestion de l'exploitation minière en Tunisie d'"insuffisante", lui attribuant un score de 46/100.

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Malgré son classement relativement médiocre, la Tunisie fait quand même mieux que les États-Unis (110e), Israël, la Turquie, le Singapour, la Chine, la Corée du Sud, ou encore la Russie. Elle arrive également avant ses voisins du Maghreb.

Une cohésion sociale meilleure qu'en Angleterre et qu'aux États-unis

Du côté du "Capital Social" qui est défini comme étant la combinaison de la stabilité sociale et du bien-être (perçu ou réel) de l'ensemble de la population, la Tunisie réalise son meilleur classement/score, arrivant 27e sur les 180 pays étudiés, et obtenant le score de 49,8/100.

D'après la méthodologie, la stabilité sociale et le bien-être génèrent une cohésion sociale et un certain niveau de consensus, ce qui à son tour fournit un environnement stable pour l'économie et empêche les ressources naturelles d'être surexploitées.

Ainsi, la Tunisie fait mieux que le Royaume-Uni, l'Espagne, le Canada, l'Australie, Israël, la Turquie, la Russie, mais encore les États-Unis.

Elle se classe également en tête de liste en Afrique et parmi les pays arabes.

Sur le plan mondial, la Norvège possède le meilleur "capital social", suivie du Luxembourg, de l'Islande, de la Finlande, et de l'Allemagne.

Selon ce rapport, les États-Unis se classent 129e, juste après le Liberia et avant le Salvador, en raison du taux de criminalité élevé et de la faible disponibilité des services de santé.

La plupart des pays africains, en particulier dans la zone sahélienne, arrivent en bas du classement. Selon le rapport, cela serait dû à la faible disponibilité des services de santé, de la mortalité infantile, de la liberté d'expression limitée et de la situation instable des droits de l'homme.

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