Passages piétons, un passage obligé pour le Comité national de prévention des accidents de la circulation

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SÉCURITÉ - La sanction a nourri le débat. L’usage de la voie publique par les piétons doit désormais se faire dans les règles qu’impose le code de la route (article 94), et toute infraction est punie d’une amende de 20 à 50 dirhams (article 187).

L’application de la loi a eu l’effet d’une désagréable surprise auprès des piétons. Pour non-respect du passage à bandes blanches, certains se sont vus remettre un PV par les agents de la sûreté nationale les contraignant de s’acquitter d’une amende de 25 dirhams.

Face à l’incompréhension des citoyens, le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) estime qu’il s’agit d’un passage obligé. Selon les statistiques publiées par ce comité sur son site Internet, cette catégorie d’usagers de la route est considérée comme vulnérable. Elle représente 1.000 tués, chaque année, soit 28% du nombre total des tués, et plus de 20.000 blessés, correspondant à plus de 20% du nombre total de blessés.

piétons

Le comité indique que les accidents de circulation impliquant des piétons se produisent généralement "à cause de la traversée anarchique des piétons et de l’inattention des conducteurs". "Aujourd’hui, l’amende de 25 dirhams ne concerne pas seulement le non-respect du passage piéton mais également la traversée anarchique de la chaussée", déclare au HuffPost Maroc Benacer Boulaajoul, secrétaire permanent du CNPAC. Et de préciser que sur la voie publique notamment en milieu urbain, "on est obligé de traverser au niveau du passage piéton lorsque ce dernier se trouve à une distance de moins de 50 mètres".

Le secrétaire permanent du CNPAC reconnait, toutefois, que les passages piétons n’existent pas partout. "Quand un passage piéton se trouve à plus de 50 mètres, on ne va pas demander aux gens de ne pas traverser la chaussée. Mais il faut prendre des précautions, dont regarder à gauche et à droite, rester visible et ne pas traverser entre les véhicules", indique Benacer Boulaajoul. Et de souligner que c’est l’usage en lui-même de la chaussée qui est soumis à des règles. Décrites dans l’article 94 du code de la route, elles stipulent que tout piéton doit "prendre les précautions nécessaires à éviter un danger, soit pour lui, soit pour autrui". Il doit aussi "s’interdire tout acte pouvant porter préjudice à l’environnement de la route".

"Traverser un carrefour giratoire en diagonale ou marcher sur la chaussée alors que le trottoir est libre, c’est une infraction", cite en exemple le SG du CNPAC, insistant sur le fait que sanctionner le non-respect des passages piétons n’est pas une fin en soi. "Le but est d’instaurer un respect mutuel des espaces réservés à chacune des catégories, piétons et automobilistes (…) Le changement s’installe dans la durée", prévient Boulaajoul, estimant que le CNPAC a d’ores et déjà organisé des campagnes de sensibilisation destinées aux piétons. "Nous avons diffusé un spot au mois de juillet et août et actuellement qui montre comment traverser quand il n’y a pas de passage piéton (…) Et nous avons distribué 2 millions de flyers où la sanction est clairement indiquée. Nous avons aussi diffusé des reportages sur la télévision nationale pour mettre en garde contre les amendes d’infractions du code de la route », assure le SG du CNPAC.

Si l’entrée en vigueur est désormais effective pour les sanctions des infractions commises par les piétons, ces derniers sont toutefois invités à donner leur avis. Le CNPAC vient ainsi de lancer un sondage sur sa page Facebook où il invite les internautes à s’exprimer sur la question, en se prononçant pour ou contre cette mesure (les "sans avis" étant largement minoritaires). Les commentateurs ne se sont pas faits attendre, nourrissant un peu plus le débat. De quoi contribuer à sensibiliser encore davantage les usagers de la voie publique qui se déplacent à pied.

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