Tunisie: Plusieurs personnalités lancent l' "Appel du 17 décembre 2017", un courant de vigilance civique et une mise en garde solennelle au pouvoir en place

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TUNISIA FLAG
Tunisian people living in France demonstrate behind the Tunisian national flag during a protest in Marseille January 15, 2011. France called on Saturday for free elections as soon as possible in Tunisia and said it had taken steps to block suspicious movements of Tunisian assets in France. France, Tunisia's former colonial ruler, made the declaration in a statement released by President Nicolas Sarkozy's office after he held a meeting with several ministers in Paris. REUTERS/Jean-Paul Pelissier | Jean-Paul Pelissier / Reuters
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De nombreuses personnalités académiques, du monde des médias, de la société civile et de nombreux citoyens ont signé samedi, date du septième anniversaire du déclenchement de la révolution, une lettre ouverte comme "mise en garde solennelle au pouvoir en place", pour la défense du pays, de la Constitution et des libertés contre une "offensive réactionnaire" du pouvoir.

"Une réaction citoyenne" contre un risque de voir la "démocratie vidée de son sens" affirme l'universitaire Naïla Silini au HuffPost Tunisie. (Retrouvez sa réaction complète juste après le texte de l'Appel du 17 décembre 2017)

Voici le texte complet et le nom des signataire de cet "Appel du 17 décembre 2017":

DEFENDRE LE PAYS, LA CONSTITUTION ET LES LIBERTES

Sept ans après le déclenchement de la révolution, ce sont les groupes affairistes et mafieux qui apparaissent comme les principaux bénéficiaires du renversement de l’ancien régime. Aucune des revendications essentielles de la population n’a reçu le moindre début de satisfaction. Le fossé séparant la Tunisie de l’intérieur de la Tunisie du littoral ne s’est pas réduit ; la société rurale continue de souffrir d’un rapport structurellement inégal avec la société urbaine. Les habitants des ceintures des grandes villes restent enfoncés dans leur marginalisation ; nulle stratégie n’a été conçue pour intégrer les activités informelles dans l’économie structurée. Les travailleurs et les fonctionnaires sont encore soumis à la politique des très bas salaires, les augmentations arrachées depuis 2011 ayant été gommées par une inflation galopante. Les jeunes diplômés souffrent plus que jamais d’un chômage massif, lié à un système productif peu évolué. La classe moyenne, en particulier les patrons de PME, est toujours pressurée par l’Etat et toujours prise en tenailles entre l’économie informelle et l’oligarchie rentière.

La chute de Ben Ali n’a pas entraîné la chute de son système économique. Les anciens réseaux se sont réorganisés, puis repris leur expansion, gangrénant l’administration, la justice et les médias, sans oublier les partis politiques. Les gouvernements qui se sont succédé depuis 2011 se sont tous dérobés devant la nécessité d’engager un combat frontal contre la corruption et les privilèges.

Le soulèvement populaire a renversé la dictature et instauré un climat de liberté, couronné en 2014 par l’adoption d’une Constitution démocratique. D’essence parlementaire, celle-ci établit un régime civil (madani), qui protège les droits des citoyens ainsi que les libertés publiques et individuelles. Tout cela n’était pas de nature à répondre aux besoins pressants des citoyens, mais constituait un progrès, ouvrant la voie à une nouvelle étape de luttes pour accomplir les changements économiques et sociaux exigés par le pays. Ce qui aurait permis de transformer le soulèvement en une authentique révolution, c’est-à-dire en une mutation d’ensemble, ne se limitant pas à la seule sphère politique, mais englobant toutes les dimensions de la vie nationale.

La nouvelle Constitution et les nouvelles marges de liberté représentaient des acquis précieux, un tremplin pour passer à la démocratie réelle. Ce sont ces acquis qui sont aujourd’hui gravement menacés par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, son allié direct dans les mauvais coups qui se préparent contre la Tunisie et sa démocratie naissante.

L’offensive antidémocratique s’est accélérée à la fin de l’été 2017. Dans un entretien accordé le 7 septembre à la presse locale, reniant sa prestation de serment, le président de la République s’en est pris violemment à la Constitution et au régime parlementaire, a mis en cause les institutions indépendantes et s’est livré à un véritable plaidoyer pour le retour du présidentialisme et l’obtention des pleins pouvoirs. Au passage, il a qualifié la révolution de « parenthèse de haine et de ressentiment » et annoncé le report des élections municipales. La composition du gouvernement Youssef Chahed II est venue de suite confirmer cette volonté de refermer la parenthèse : plus de la moitié des ministres nommés sont issus de l’ancien RCD, tandis que les principaux portefeuilles sont attribués à des proches de Caïd Essebsi. Dans la foulée, une tentative avortée a failli donner un siège à l’ARP au fils du chef de l’Etat. Point d’orgue de l’offensive, le 13 septembre, les élus Nidaa Tounès et Ennahdha ont voté la loi dite de réconciliation administrative, qui arrête les poursuites pour cause de corruption impliquant des responsables de l’époque Ben Ali.

Le président de la République n’a pu agir comme il l’a fait que parce qu’il pouvait compter sur la connivence intéressée de Rached Ghannouchi, qui l’a soutenu dans chacune de ses initiatives, y compris dans son népotisme. Les deux hommes et leurs partis sont ensemble à la manœuvre depuis des années. Pour faire avancer leurs intérêts, ils s’étaient contentés jusque-là d’une forme insidieuse de restauration. Désormais, l’entreprise s’affiche au grand jour et se donne à voir telle qu’elle est.
Nous disposons à présent dorénavant d’adversaires précisément identifiés, sur lesquels plus personne de bonne foi ne peut plus nourrir la moindre illusion. Nous pouvons par conséquent nous rassembler contre eux, combattre leur projet rétrograde et le mettre en échec. Le devoir de résistance ne relève pas des seuls partis d’opposition, il concerne toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens attachés à leur pays et à leurs libertés, conquises au prix du sang des jeunes générations.

L’offensive réactionnaire déclenchée en septembre dernier est minée de l’intérieur, parce qu’elle est dirigée par deux hommes et deux partis. Ce genre d’attelage est incertain. Mais il ne tombera pas de lui-même. Pour mener le combat de façon efficace, il faut un plan et une stratégie.

- Informer le plus largement possible sur la gravité réelle des buts que Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi cherchent à atteindre. Le retrait de la candidature de Hafedh Caïd Essebsi à la députation, suite aux protestations soulevées, a constitué une première victoire.
- Dénoncer simultanément les deux pôles du système. Cibler uniquement Caïd Essebsi servirait directement les islamistes ; cibler uniquement Ghannouchi servirait directement Nidaa Tounès – et le RCD qui se cache derrière lui.
- Lutter dans le cadre unitaire le plus vaste. Toutes les forces – politiques, syndicales, associatives, intellectuelles, artistiques, les mouvements de femmes et la jeunesse –, toutes les forces de la société civile doivent y participer et prendre leur part dans le combat. Les clivages du passé doivent être surmontés. Nous devons réapprendre à nous parler, à nous faire mutuellement confiance et à agir en parfait accord.
- Mener le combat contre la corruption. Ce combat est actuellement conduit par de nombreuses structures, institutionnelles et associatives. Il convient de renforcer leur action en les rejoignant, en faisant connaître leurs activités ou encore en les aidant à développer leur implantation régionale et locale. La corruption, qui ruine l’économie, est aussi le talon d’Achille de la coalition dirigeante. Il ne faut pas lui laisser de répit sur ce terrain.
- Lutter pied à pied pour sauvegarder les espaces de liberté conquis après 2011. Pour faire avancer ses projets, la coalition dirigeante a besoin de réduire ces espaces, puis de les supprimer. Pour faire avancer nos propres projets, nous avons besoin de les protéger et de les renforcer.
- Jeter un maximum de ponts entre le combat pour les libertés et le combat pour les revendications économiques. Pareille jonction donnerait aux luttes sociales la résonnance nationale qui leur manque encore et aux luttes politiques la profondeur démographique qui leur fait encore défaut.
- Se mobiliser largement pour imposer la tenue d’élections municipales au premier trimestre 2018. Et entrer en campagne avec des listes citoyennes unitaires, condition indispensable du succès.

Ces propositions ne sont pas un programme de parti. Notre Appel s’adresse aux Tunisiennes et aux Tunisiens, sans distinction ni exclusive. En le signant et en le faisant signer massivement, nous affirmerons l’existence d’un puissant courant de vigilance civique et nous adresserons une mise en garde solennelle au pouvoir en place.

Nous ne laisserons pas voler nos libertés !
Nous ne laisserons pas voler notre révolution !
Nous ne laisserons pas voler notre pays !

Tunis, le 17 décembre 2017

Voici la liste des 250 premiers signataires:

  1. ABBES Mahdi: Avocat, défenseur des droits humains
  2. ABBES Sonia: Enseignante
  3. ABDELADHIM Mohamed: Universitaire retraité
  4. ABDELJAOUED Héla: Médecin, ancienne présidente de l’ATFD, ancienne membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  5. ABDESSAMAD Hichem: Traducteur, association Nachaz
  6. ABIDI Faouzi: Chômeur diplômé
  7. ADOUANI Akram: Cinéaste
  8. AFAYA Kacem: Ancien Secrétaire général adjoint de l’UGTT
  9. AFFES Hafedh: Enseignant, syndicaliste
  10. ALAYA-SGHAIER Amira: Universitaire
  11. ALLAGUI Abdelkrim: Universitaire, défenseur des droits humains
  12. ALLAL Mourad: Cadre associatif
  13. AMOURI Boubaker: Ecrivain
  14. AMRI Laroussi: Sociologue, ancien prisonnier politique
  15. AMRI Seifeddine: Journaliste, anthropologue
  16. AMRI Slaheddine: Universitaire
  17. ATHMOUNI Attia: Cadre associatif
  18. AYARI Farida: Journaliste et consultante
  19. AYEB Habib: Géographe
  20. AZAÏEZ Nasser: Avocat
  21. BAABOURA Noureddine: Juriste, cadre associatif
  22. BAAZIZ Mounir: Président de la Mutuelle des cinéastes
  23. BABBA Othman: Peintre, ancien prisonnier politique
  24. BAKLOUTI Imed: Universitaire
  25. BARAKET Hédia: Journaliste
  26. BEJAOUI Béchir: Ingénieur
  27. BELHAJ ALI Mondher: Cadre d’entreprise
  28. BELHAJ Ayoub: Militant associatif
  29. BELHAJ SALEM Adel: Enseignant, défenseur des droits humains
  30. BEL HAJ YAHYA Fethi: Ecrivain, ancien prisonnier politique
  31. BELHARETH Dalila: Chercheuse, militante associative
  32. BELHASSEN Sondos: Comédienne et chorégraphe
  33. BELHASSEN Souhayr: Présidente d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme
  34. BELHEDI Amor: Universitaire
  35. BELHEDI Habib: Producteur théâtre
  36. BELKHOJA Abdelaziz: Editeur
  37. BELLAGHA Henda: Avocate
  38. BEN ABBES Hédi: Chef d’entreprise, ancien Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères
  39. BEN ACHOUR-ABDELKEFI Rabâa: Ecrivaine, militante associative
  40. BEN AMMAR Hichem: Cinéaste
  41. BEN AMMAR Radhia: Militante de la société civile
  42. BEN AZOUZ Nabil: Enseignant, association Soumoud
  43. BEN BELGACEM Ferid: Universitaire
  44. BEN BOUZID Mustapha: Universitaire
  45. BENDANA Kmar: Universitaire
  46. BEN FREJ Safa: Cadre associative
  47. BEN FREJ Sonia: Fonctionnaire
  48. BEN HAMIDA Mouldi: Enseignant, militant associatif
  49. BEN HIBA Tarek: Cadre associatif, ancien membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  50. BEN MBAREK Jawhar: Universitaire, réseau Doustourna
  51. BEN MHENI Lina: Blogueuse
  52. BEN MHENI Sadok: Ecrivain, ancien prisonnier politique
  53. BEN MILED Hatem: Cinéaste
  54. BENNOUR Mohamed: Journaliste, ancien porte-parole du parti Takattol
  55. BENOUEZDOU Nabil: Journaliste
  56. BEN SAID Mohamed: Médecin, militant associatif
  57. BEN SAID-CHERNI Zeineb: Universitaire, ancienne prisonnière politique
  58. BEN SALEM Atef: Journaliste
  59. BEN SALEM Mohamed : Enseignant, militant associatif
  60. BEN SASSI Sami: Gynécologue, ancien membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  61. BEN YOUSSEF Adnen: Chef d’entreprise, militant associatif
  62. BEN YOUSSEF Lilia: Monteuse
  63. BERRAYANA Samir: Banquier, militant associatif
  64. BESSIS Sophie: Historienne, ancienne membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  65. BEZI Zouheir: Président d’association
  66. BLILI Leila: Universitaire
  67. BLILI Seifallah: Editeur
  68. BOUALLEGUE Nadia: Peintre
  69. BOUASKER Anissa: Psychiatre
  70. BOUAZIZ Samir: Professionnel des médias
  71. BOUKESRA Hatem: Journaliste
  72. BOUKESRA Nedra: Journaliste
  73. BOUKHDHIR Seif : Cadre associatif
  74. BOUOUNI Habib: Défenseur des droits humains (LTDH)
  75. BRAHIM Tarek: Cinéaste
  76. BRIBRI Meriem: Journaliste, militante associative
  77. CHAABANE Nadia: Ancienne constituante (ANC)
  78. CHABBI Karim: Chef d’entreprise
  79. CHABBI Leila: Présidente de l’association Irtikaa
  80. CHABBI Walid: Chef d’entreprise
  81. CHAMEKH Raja: Militante associative
  82. CHAMEKH Tahar: Enseignant retraité, militant associatif
  83. CHAPOUTO-REMADI Mounira: Universitaire
  84. CHATTI Noureddine: Economiste, responsable associatif
  85. CHEGROUCHE Tahar: Sociologue, ancien prisonnier politique
  86. CHEKIR Hafidha: Universitaire, vice-présidente de la FIDH
  87. CHENCHABI Hédi: Cadre associatif
  88. CHERBIB Mouhieddine: Défenseur des droits humain, CRLDHT
  89. CHERIF Dorra: Universitaire
  90. CHERIF Syrine: Chef d’entreprise
  91. CHERIF Zbeïda: Fonctionnaire retraitée
  92. CHERIF-CHAMMARI Alya: Avocate, ancienne membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  93. CHERNI Abdelwaheb: Universitaire
  94. CHERNI Mondher: Avocat
  95. CHICHE Francine: Médecin
  96. CHRAIET Riadh: Militant associatif
  97. DAALOUL Yousra: Avocate
  98. DAHMANI Zakia: Cadre hospitalier, militante associative
  99. DAWADI Mahmoud: Président du Centre de Tunis pour la liberté de la presse
  100. DRIDI Mohsen: Militant associatif
  101. EL ABED Abdelhamid: Médecin
  102. EL HADJALI Fethi; Cadre associatif
  103. ELLOUMI Chédli: Militant associatif
  104. ELLOUZE Mohamed: Avocat, militant associatif
  105. ELLOUZE Nadia: Kinésithérapeute
  106. ELLOUZE Nesrine: Médecin
  107. ELLOUZE Thameur: Avocat
  108. EL MEKKI Heythem: Militant associatif
  109. EL MEKKI Salwa: Enseignante, militante associative
  110. ESSAFI Nora-Fethia: Enseignante retraitée, militante associative
  111. ESSID Rahma: Membre du collectif Soumoud
  112. FADHLOUN Itidel: Militante associative
  113. FELFEL Taïeb: Universitaire
  114. FERCHICHI Wahid: Universitaire
  115. FERJANI Chérif: Universitaire, ancien prisonnier politique
  116. FERJANI Riadh: Universitaire
  117. FETATI Mohamed: Chef d’entreprise, ancien prisonnier politique
  118. FINAN-MOHSEN Khadija: Universitaire
  119. FRAWES Yosra: Avocate
  120. GABOUS Abdelkrim: Journaliste, éditeur
  121. GABSI Oumaïma: Enseignante
  122. GADDEH Taoufik: Directeur d’école
  123. GASMI Ahmed: Universitaire
  124. GHARBI Raoudha: Consultante, membre du comité directeur de la LTDH
  125. GHEDEMSI Ayoub: Avocat, défenseur des droits humains (LTDH)
  126. GHOZZI Besma: Fonctionnaire
  127. GHROUM Amel: Fonctionnaire retraitée
  128. GRAMI Amel: Universitaire
  129. GTARI Wided: Militante associative
  130. GUIZANI Zyed: Etudiant
  131. HADDAD Abdellatif: Enseignant
  132. HADDAD Mahjoub: Enseignant
  133. HAJLAOUI Noureddine: Chômeur diplômé, militant associatif
  134. HAJRI Selma: Médecin, cadre associative
  135. HAJRI Slim: Avocat
  136. HAJ SALEM Adel: Militant associatif
  137. HAMDA Zine El Abidine: Journaliste, écrivain
  138. HAMDI Hayet: Enseignante
  139. HAMDI Hayet: Universitaire, ancienne membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  140. HAMMI Houssam: Enseignant, militant de la société civile
  141. HAMROUNI Rim: Comédienne
  142. HAMZAOUI Majed: Universitaire
  143. HASSAN Aymen: Poète, universitaire
  144. HAZGUI Ezzeddine: Libraire, ancien prisonnier politique, cadre associatif
  145. HCHIRI Hamadi: Etudiant
  146. HDHILI Abderrahman: Responsable associatif
  147. HENIA Abdelhamid: Historien
  148. HERMASSI Chokri: Médecin
  149. HMILA Noureddine: Responsable associatif
  150. HIDOURI Zouheir: Enseignant
  151. HIZEM Fethia: Militante associative
  152. IBRAHIMI Dali: Enseignant
  153. JABLOUN Firas: Ingénieur
  154. JAMEL Nadia: Médecin
  155. JEMAIEL Ammar: Ecrivain
  156. JERBI Amel: Journaliste
  157. JLASSI Seif Eddine: Président de l’association Fanni roghman anni
  158. JOUINI Halima: Enseignante, membre du comité directeur de la LTDH
  159. JOUINI Maha: Militante pour les droits des Amazighs
  160. JRAD Neila: Ecrivaine
  161. JRADI Yasser: Chanteur
  162. KALAI Ahmed: Enseignant, défenseur des droits humain, LTDH et Coordination maghrébine des droits de l’homme
  163. KAMARTI Samia: Citoyenne
  164. KAMMOUN Mohamed Ali: Association L’Action civique
  165. KCHAOU Adnen: Universitaire
  166. KCHAOU Fayçal: Ingénieur
  167. KCHAOU Samia: Comptable
  168. KHAMESSI Zahra : Militante associative
  169. KHECHANA Rachid: Journaliste, ancien Secrétaire général adjoint du PDP
  170. KHEDIR Chadia: Rédactrice en chef
  171. KHELIL Charfeddine: Avocat
  172. KHENISSI Mohamed: Président de l’association Nachaz et du Forum de la citoyenneté, ancien prisonnier politique
  173. KHIARI Farid: Universitaire
  174. KHODJA Mohamed Chaker: Cadre associatif
  175. KILANI Bayrem (BENDIRMAN): Musicien et producteur
  176. KNANI-MEKKI Faïza: Fonctionnaire retraitée
  177. KOUNI Mohsen: Universitaire
  178. KRICHEN Aziz: Sociologue, ancien prisonnier politique, ancien ministre-conseiller à la présidence de la République
  179. KROUNA Khaled: Ecrivain et journaliste
  180. LABIDI Kamel: Journaliste, ancien président de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication
  181. LAGHA Mohieddine: Universitaire
  182. LAMINE Kamel: Enseignant
  183. LAMINE Kamel: Pharmacien
  184. LIMAM Mohamed: Universitaire
  185. MAALI Mohamed: Traducteur, ancien prisonnier politique
  186. MAAMER Hamda: Militant associatif, ancien prisonnier politique
  187. MANAÏ Moëz: Militant associatif
  188. MANSOURI Anis: Militant de l’immigration
  189. MATRI Jalel : Président de l’association Le Pont
  190. MECHRI Belkis: Ancienne vice-présidente de la LTDH
  191. MEDDEB Hind: Cinéaste
  192. MEKKI Amal: Journaliste et consultante en communication
  193. MEKKI Thameur: Journaliste
  194. MELLAKH Habib: Universitaire
  195. MELLITI Khaled: Historien
  196. MISSAOUI Moufida: Universitaire
  197. MIZOUNI Hend: Cadre associative
  198. MLIKA Lobna: Comédienne
  199. MOETAMRI Asma Fatma: Militante féministe
  200. MOKADDEM Soulafa: Fonctionnaire retraitée
  201. MONTASSAR Nabil: Fonctionnaire retraité
  202. MOUNIR Hassine: Dirigeant associatif (FTDES)
  203. MRABET Ghazi: Avocat
  204. MSADEK Dalila: Avocate et journaliste
  205. MSELMI Abdelmajid: Chirurgien
  206. NACHI Mohamed: Universitaire, militant associatif
  207. NACIB Talel: Militant associatif
  208. NEDHIF Ahmed: Journaliste
  209. NEJI Lamia: Universitaire
  210. NOOMENE Lobna: Chanteuse
  211. NOUREDDINE Ali: Universitaire
  212. OMRI Mohamed-Salah: Universitaire
  213. OUERTANI Khemaïs: Universitaire
  214. OUESLATI Amor: Magistrat
  215. RABAOUI Moncef: Enseignant
  216. RACHED Saïda: Médecin, ancienne présidente de l’ATFD
  217. RADDAOUI Ridha: Avocat
  218. RAHMOUNI Belgacem: Fonctionnaire
  219. RAYANE Iheb: Consultant, défenseur des droits humains
  220. ROMDHANI Messaoud: Président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux
  221. SAAFI Kalthoum: Universitaire
  222. SAFRAOUI Amor: Président de la Coordination nationale indépendante pour la justice transitionnelle
  223. SAKRI Kamel: Chercheur
  224. SALAOUI Fethi: Cadre associatif, ancien prisonnier politique
  225. SARDI Naceur: Critique cinématographique
  226. SDIRI Taoufik: Juriste
  227. SELLAMI Faten: Membre du collectif Soumoud
  228. SELLAMI Mahsouna: Enseignante
  229. SELMI Mohamed: Enseignant, militant associatif
  230. SELMI Mohamed Mahdi: Assureur
  231. SELMI Taoufik: Cadre supérieur, militant associatif
  232. SHILI Ghassen: Etudiant
  233. SILINI Naïla : Universitaire
  234. SLAMA Hassan: Universitaire
  235. SOUID Karima: Ancienne constituante (ANC)
  236. STIFI Hosni : Enseignant, syndicaliste
  237. TARAYITI Bilel: Militant associatif
  238. TLILI Wissem: Réalisateur
  239. TOUNIS Abdelkrim: Président de l’association Citoyenneté et libertés
  240. TRABELSI Marwen: Réalisateur
  241. TRIFI Hafedh: Association Demj
  242. TRIFI Mokhtar: Avocat, ancien président de la LTDH, vice-président de l’Organisation mondiale contre la torture, ancien membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution
  243. TRIKI Rachida: Universitaire
  244. TRIKI Zohra: Dirigeante associative
  245. YACOUB Taoufik: Universitaire
  246. YACOUBI Najet: Avocate
  247. YAHAMED Hédi: Ecrivain
  248. ZAIER Yacine: Chef d’entreprise
  249. ZARROUKI Sondos: Journaliste
  250. ZGHIDI El Khansa: Universitaire

Une réaction et une vigilance citoyenne affirme Naïla Silini

Contactée par le HuffPost Tunisie Naïla Silini affirme que le choix de publier cet Appel le 17 décembre est "symbolique". "Les points soulevés dans ce manifeste étaient l’objet d’une large discussion entre les signataires. C’est un texte collectif que nous publions" a-t-elle ajouté.

À travers cette "réaction citoyenne", les signataires de cet Appel tiennent "à attirer l’attention sur les conséquences néfastes de cette complicité" entre Béji Caid Essebsi et Rached Ghannouchi, "qui ne sont que deux faces d’une même pièce" a affirmé Naïla Silini.

"Et la rencontre de Paris a tissé le destin de nos jours. Il faut noter que cette complicité renvoie à beaucoup de domaines et peut toucher le fonctionnement de l'appareil étatique dans son volet économique, mais aussi dans son volet politique et l’acquis de la liberté d'expression -qui se réduit de jour en jour-; et en fin dans son volet social . En résumé, aucune hypothèse n’est écartée, et grâce à cette coalition entre les deux partis, la démocratie est vidée de son sens" ajoute-t-elle.

L'exemple le plus récent, le report des élections municipales: "Le report au mois de mai marque une position impulsive et pourrait avoir des conséquences lourdes sur les prochaines échéances législatives en 2019. Le peuple doit s’attendre à revivre la même expérience que sous la Troïka lorsque les élections ont été retardés de trois années" a-t-elle alerté.

Ce que craint Naïla Silini, tout comme l'ensemble des signataires de cet Appel du 17 décembre, c'est un "échec de la transition démocratique. Perdre notre capital acquis après la révolution. Une situation économique qui se détériore, rongée par la corruption, qui ruine l’économie, et qui est aussi le talon d’Achille de la coalition dirigeante. Il ne faut pas lui laisser de répit sur ce terrain". 

"En résumé, nous exprimons la vigilance citoyenne qui se résume dans les actes suivants: Observer, Noter, Mémoriser,Avertir".

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