Violence à l'égard des femmes: les employées domestiques sont moins touchées (Rapport)

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RAPPORT VIOLENCE A GARD DES FEMMES
Bassima Hakkaoui/Facebook
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RAPPORT - Le taux des femmes employées domestiques ayant subi des violences physiques a connu une baisse de 34% entre 2015 et 2016. C’est un constat établi par l’Observatoire national de violence à l’égard des femmes, dans son second rapport annuel 2017. Présenté ce vendredi 15 décembre à Rabat, par la ministre de la Solidarité, de l'égalité, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, ce rapport dresse ce constat à partir des cas enregistrés dans les différents services de la sûreté nationale. Et ce dernier montre que ce sont les femmes sans un emploi salarié qui sont les plus touchées par les violences physiques à hauteur de 56% pour la même période.

Les plus jeunes, de 18 à 30 ans, restent les premières victimes de cette violence, avec un taux de plus de 40%, selon la même source. En deuxième position, c’est la catégorie d’âge de 31 à 45 ans qui représente plus de 36% au cours de la période 2015/2016. Les femmes âgées de plus de 60 ans ne sont pas épargnées, puisqu’elles représentent 5% des victimes des violences physiques en 2016.

La violence sexuelle a constitué, pour sa part, près de 6% des violences à l’égard des femmes, surtout les jeunes de moins de 30 ans (68% en 2016). En premier sur la liste des victimes, ce sont les femmes célibataires qui représentent 60% (2015/ 2016), suivies des femmes divorcées à hauteur de 20%.

La grande majorité des violences sexuelles, soit 68%, survient dans les lieux publics, tandis que 7% a lieu dans le domicile conjugal. Et c’est dans le milieu du travail que cette violence semble avoir pris de l’ampleur en passant de 14% en 2015 à 18% en 2016.

Auprès des services de la gendarmerie royale, le constat est tout aussi alarmant en ce qui concerne la violence sexuelle. Cette dernière a augmenté de plus de 50% en 2016 par rapport à 2015. Le viol et la tentative de viol représentent plus de 90% des cas de violences sexuelles enregistrées.

Sur cette catégorie de violence à l’égard des femmes, le ministère de la Justice a enregistré plus de 1.600 dossiers examinés par les tribunaux entre 2015 et 2016. Dans 96% des cas, ce sont des hommes majeurs qui sont les principaux instigateurs de ce genre de violence, indique ce rapport. Et de préciser que le viol représente 6,6% des violences sexuelles enregistrées en 2016.

Le rapport tire, par ailleurs, la sonnette d’alarme sur certains cas de violences qualifiées de "graves" et suite auxquelles les victimes perdent la vie. En chiffre, le rapport souligne qu’en 2015, 92 cas de ce genre ont été signalés, alors que 81 autres ont été enregistrés l’année suivante.

Pour agir, le rapport recommande, entre autres, la sensibilisation de l’opinion publique du système mis au service des femmes victimes de violence. Les médias, selon la même source, ont aussi un rôle à jouer dans la lutte contre les clichés portant atteinte à la dignité de la femme.

Autre recommandation: la formation d’acteurs locaux relais de la lutte contre la violence à l’égard des femmes pour agir d’un point de vue territorial et régional.

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