10 événements qui ont secoué le Maroc en 2017

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Reuters/MAP/AIC PRESS
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RÉTROSPECTIVE - L'année 2017 n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Polémiques, faits divers ou scandales ont secoué les Marocains et permis d'ouvrir le débat sur diverses questions de société. De l'affaire du bus à Casablanca, aux rebondissements dans l'affaire Saad Lamjarred, en passant par la colère royale qui a conduit au limogeage ou à la sanction de plusieurs ministres et hauts responsables, retour sur 10 événements marquants qui ont fait cette année l'actualité au Maroc.

  • Un documentaire sur 2M fait polémique
    2M
    Le 2 avril 2017, 2M diffuse un documentaire inédit réalisé par Leila Marrakchi. Intitulé "Zawaje El Wakt", le film fait partie de la série de documentaires des "Histoires et des Hommes" (H&H), diffusée par la chaîne sur le thème de l'amour avec, pour cet opus, un sujet dédié aux jeunes marocains et leur rapport au sexe. Dans le film, une séquence, dans laquelle des jeunes parlent entre eux de sexualité, ne passe notamment pas auprès de certains téléspectateurs, qui se ruent sur les réseaux sociaux pour exprimer leur colère. La deuxième chaîne a ainsi vu sa page Facebook envahie de messages virulents après la diffusion du documentaire. "On a l'habitude, ce genre de sujet apporte toujours avec lui un débat", relativisait Leila Marrakchi, alors interrogée par le HuffPost Maroc. "L'idée était de faire témoigner des gens. Ceux qui veulent débattre débattront", disait-elle alors. Si les téléspectateurs froissés ne se sont pas privés de cet exercice, restera le legs d'un documentaire qui aura su braver un des plus grands tabous de la société marocaine.
  • Le "jeune homme à la Ferrari"
    Youtube
    C'est une vidéo virale que les Marocains ont découverte le 17 avril dernier. On y découvrait les résultats peu glorieux d'une soirée (très) imbibée du désormais célèbre "jeune homme à la Ferrari". Se filmant en état d'ivresse, le jeune homme dévoile des séquences avant et après un accident dans lequel il est impliqué, et survenu sur une grande artère de Rabat, aux premières heures du jour, avec deux autres voitures. On y voit le jeune homme déclamer avec fierté l'une des phrases les plus virales de l'année: "Qu'est-ce que tu constates monsieur le constateur?". Les internautes auront pour leur part constater que le chauffard finira par quitter les lieux de l'accident, à l'avant d'une ambulance, sans être inquiété par la police, non sans s'en indigner sur les réseaux sociaux. La vidéo surréaliste est ainsi rapidement devenue un symbole de l'impunité au Maroc. Mais l'impunité n'aura qu'un temps, dans ce cas-là. Le jeune homme de la vidéo, rapidement identifié comme étant Hamza Derhem, neveu de l'ancien parlementaire Hassan Derhem et fils du défunt Mohamed Derhem, administrateur directeur général d’Atlas Sahara, sera finalement arrêté le 20 avril, et condamné à deux ans de prison dont huit mois ferme.
  • Une manifestation à Al Hoceima dérape
    Depuis le mois d'octobre 2016 et la mort tragique de Mouhcine Fikri, la région du Rif est la scène d'une contestation populaire menée par le mouvement du "Hirak". Les tensions atteindront leur paroxysme le 20 juillet 2017. Interdite par les autorités, une manifestation de soutien au mouvement dégénère ce jour-là. De violent affrontements éclatent rapidement entre la police et un groupe de manifestants. Bilan: 72 éléments des forces publiques blessés, avec des blessures plus ou moins graves dues à des jets de pierres, et 11 personnes blessées du côté des manifestants suite à l'usage de gaz lacrymogène, rapporte la préfecture de la province d'Al Hoceima. Le chauffeur de taxi rifain Abdelhafid El Haddad sera transporté à l'hôpital d'Oujda. Le procureur général du roi près la Cour d'appel d’Al Hoceima niera avec force que son hospitalisation soit le résultat de l'inhalation de gaz lacrymogène. Abdelhafid El Haddad décèdera le 18 août.
  • L'agression sexuelle du bus
    DR
    Quelques mois avant que l'affaire Weinstein ne secoue la planète, la vidéo d'une jeune femme se faisant agresser sexuellement par un groupe de jeunes dans un bus à Casablanca a scandalisé les Marocains, mais aussi le reste de la planète. Si les agresseurs ont rapidement été arrêtés, les défenseurs de la cause féminine ont ouvertement exprimé leur colère face à cet énième cas d'agression sexuelle. Partout dans le royaume, des manifestations ont eu lieu pour dénoncer les agressions et plus largement le harcèlement sexuel. Du côté du gouvernement, la réponse reste faible. La ministre Bassima Hakaoui ne réagira que timidement sur les réseaux sociaux. Mais le débat s'ouvre de nouveau, sur fond de projet de loi à la traîne, car toujours bloqué à la chambre des conseillers.
  • Fusillade de Marrakech
    AIC Press
    C'est avec effroi que les Marocains apprennent, début novembre dernier, la nouvelle d'une fusillade au café La Crème, en plein centre de Marrakech. Si certains pensent d'abord à un attentat terroriste, la piste du règlement de compte est rapidement confirmée par les autorités. Le règlement de compte visait le propriétaire du café, impliqué dans le traffic de stupéfiants. Les tueurs à gage abattront cependant par erreur Hamza Chaib, un jeune étudiant en médecine de 26 ans, et blesseront une jeune femme présente avec lui à la terrasse du café, et un autre client de ce café du quartier de l'Hivernage. Cette affaire donnera également lieu à une gaffe du Premier ministre qui annoncera la nuit même sur Twitter l'arrestation des tueurs... avant de se rétracter quelques minutes plus tard. Ces derniers seront finalement arrêtés quelques jours après l'annonce de la fusillade.
  • Ramid qualifie les homosexuels "d'ordures"
    MAP
    Le ministre d'État chargé des droits de l'homme réfléchira peut-être davantage la prochaine fois à ses propos, lorsqu'il voudra exprimer une opinion controversée. En octobre dernier, alors qu'il est interrogé par des journalistes sur la questions des homosexuels au Maroc, Mustapha Ramid, visiblement agacé, rétorquera en qualifiant les homosexuels "d'ordures". Une sortie du ministre qui fera le tour du monde et indignera les associations marocaines. Quelques jours plus tard, le ministre tentera bien de se rattraper en déclarant qu'il qualifiait "l'homosexualité" d'ordure, et non les personnes homosexuelles. Mais le ministre persistera en qualifiant l'homosexualité de "déviance sexuelle". Un faux mea culpa, donc.
  • Limogeage royal
    MAP
    "Séisme politique au Maroc". L'expression, reprise par pratiquement tous les médias marocains, montre l'ampleur politique du limogeage surprise des ministres Mohamed Hassad, Nabil Benabdellah et Houcine El Ouardi, le 24 octobre dernier, par le roi Mohammed VI. Cinq anciens ministres du gouvernement Benkirane ont également été sanctionnés: "aucune responsabilité officielle ne leur sera confiée à l'avenir", indiquait alors avec fermeté le communiqué du cabinet royal. La "colère royale" faisait suite à la publication par la Cour des comptes d'un rapport sur les dysfonctionnements relevés dans l'élaboration du programme de développement "Al Hoceima Manarat Al Moutawassit" ("Al Hoceima, phare de la Méditerranée"). Une annonce qui a chamboulé un paysage politique marocain déjà marqué par la décision du souverain de décharger Abdelilah Benkirane de sa mission de chef de gouvernement en mars dernier.
  • 15 femmes meurent dans une bousculade à Essaouira
    Reuters
    C'est un Maroc souvent oublié que l'on a redécouvert ce 19 novembre. Ce jour-là, 15 femmes âgées de 32 à 80 ans sont mortes dans une bousculade au cours d'une distribution de denrées alimentaires. Le drame s'est produit à Sidi Boulaalam, à 70 kilomètres d'Essaouira. Le lendemain, le média local Essaouira Alan publie sur Facebook la liste des quinze victimes, avec leur nom, leur âge et leur nombre d'enfants. Plusieurs étaient mères de familles nombreuses: parmi elles, 9 avaient entre 3 et 8 enfants. Rapidement, les autorités et victimes pointent du doigt l'organisateur de la distribution, l'imam Abdelkebir El Hadidi, accusé de ne pas avoir renforcé suffisamment la sécurité de ces femmes. Celui-ci se défendra de toute responsabilité, arguant qu'il aura eu au préalable l'accord des autorités. Si personne ne sera incriminé, la question de l'encadrement des actions de bienfaisance n'en est pas moins relancée.
  • Saad Lamjarred en Une de VH
    VH
    En septembre, l'éclatement de l'affaire Weinstein déclenche une réaction mondiale. Partout, des femmes sortent du silence et dénoncent des hommes, parfois très puissants, de harcèlement sexuel. C'est dans ce contexte explosif que Laura Prioul acceptera pour la première fois de témoigner publiquement en novembre, et que le magazine VH annoncera quelques jours après une interview exclusive avec Saad Lamjarred, poursuivi pour viol avec violence en France. Dès la publication de cette Une sur Facebook, les internautes crient au scandale. Beaucoup dénoncent notamment la mise en scène de la photo où on retrouve le chanteur posant devant la tour Eiffel comme s'il faisait la promotion de son dernier titre. L'interview du chanteur n'aborde que très rapidement les accusations de viol (appelé "l'affaire", dans le texte), à Paris et New York. Le mot viol n'est d'ailleurs jamais utilisé pendant l'entretien fleuve. Mais VH l'assure: le magazine "ne cherche pas le scoop et se tient à sa ligne éditoriale."
  • Un ministre algérien accuse la RAM "de ne pas embarquer que des passagers"
    RAM
    Le 20 octobre, le ministre algérien des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel, avait déclaré, lors d’une réunion avec des hommes d’affaires du Forum des chefs d’entreprise: "les banques marocaines, on sait, c'est le blanchiment de l'argent du haschich, ça tout le monde le sait, et ça c'est des chefs d'Etats africains qui me le disent (...). Et Royal Air Maroc, elle transporte autre chose que des passagers, et ça tout le monde le sait". Ces propos avaient conduit le Maroc à rappeler son ambassadeur à Alger et la RAM d'envisager de porter plainte contre ce dernier. Au lendemain de la qualification du Maroc pour la Coupe du monde 2018 en Russie, la RAM avait partagé un post pour féliciter les Lions de l'Atlas pour leur victoire face à la Côte d'Ivoire, non sans offrir un tacle bien senti au ministre des Affaires étrangères algérien:
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