Réalisé par sa petite-fille, le film sur Hedi Jouini, "The man behind the microphone", au Festival du film de Dubai

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Au milieu des années trente à Tunis, c'est -entre autre- le début d'une légende, d'une figure dès lors immortelle dans l'histoire de la musique du pays. La passion effrénée d'un jeune homme, Hedi Jouini, laissera place à un héritage culturel musical indélébile, qui séduit encore aujourd'hui, par sa légèreté et sa douceur.

Depuis tout petit, Hedi Jouini, contre la volonté de son père, décide de poursuivre le chemin de la musique, un flair d'artiste sûrement. Il ne passe pas le cap de l'école primaire, et se consacre entièrement à la musique et à l'apprentissage d'instruments, avait raconté son fils, Naoufel Belhassine, auteur du livre: "Hédi Jouini, la trace d'un géant", dans un entretien avec Jamel Heni.

L'histoire reprend à Paris, une vingtaine d'années après la mort, en 1990, du chanteur-compositeur. Une jeune femme est éprise par la voix qui s'échappe de la radio, alors qu'elle était à bord d'un taxi. Elle demande au chauffeur le nom du chanteur. C'est Hedi Jouini... c'est son grand-père. Claire Belhassine est sans voix.

À ce moment-là, elle n'avait aucune idée de la popularité du chanteur tunisien et sa grande influence sur le patrimoine musical de la Tunisie. Petite-fille de Hedi Jouini, Claire Belhassine a grandi en Angleterre et n'avait que très peu de liens avec sa famille et ses origines tunisiennes.

Ce coup du sort donne naissance à un film-documentaire: "The man behind the microphone", dont la réalisatrice est bien Claire Belhassine, qui est également la scénariste et la co-productrice.

Un film en lice, projeté en avant-première dans la région MENA, au Dubai International Film Festival.

Le film de 86 minutes, sorti en 2016, retrace la vie du chanteur et remet à la surface les traces qu'il a laissées.

Elle, qui passait ses vacances auprès de lui, ne soupçonnait pas une seconde toute la gloire qu'il porte. Claire enquête alors sur ses origines, et va à la rencontre de son identité. Elle se demande pourquoi son grand-père voulait cacher sa gloire à sa famille et tente d'y répondre dans ce portrait qu'elle dresse de Hedi Jouini, à travers les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé. On y retrouve des entretiens avec Lotfi Bouchnak, Sonia M’barek, Fethi Zghonda et Ahmed Mejri ainsi que des membres des familles Jouini et Belhassine.

"Sa poésie et sa musique ont inspiré des milliers, avec ses idées d'amour, mais son propre mariage semblait sans amour", lit-on dans la description.

Un répertoire musical qui se compte par centaine, des airs inspirés du flamenco, des "mouachahats" au timbre tunisien, des paroles pleines de sensualité, parfois d'humour, mais toujours raffinées, Hedi Jouini était tout simplement "marié à sa musique", dit la description du film. "The man behind the microphone" retrace justement l'héritage culturel que Hedi Jouini a laissé à son pays, mais également la peine qu'il a légué aux personnes qui lui étaient proches.

"Ce film nous emmène dans un voyage poétique et d'investigation personnelle, qui révèle la peine que Hedi a laissé aux personnes les plus proches de lui et le joyeux héritage culturel qu'il a légué à son pays", dit encore la description.

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