AL-Qods: l'Organisation de la conférence islamique se réunit pour un sommet extraordinaire à Istanbul

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AL-QODS - L'Organisation de la Conférence islamique (OCI) a ouvert ce mercredi un sommet extraordinaire à Istanbul avec la participation de 48 États, dont 16 dirigeants de pays membres, afin d'examiner les répercussions suite à la décision américaine de reconnaître Al-Qods comme capitale d'Israël et d'élaborer une position islamique unifiée. La délégation marocaine est conduite par Mounia Boucetta, la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

"Cette décision ne menace pas seulement l’identité arabo-islamique d’Al-Qods, mais aussi son identité chrétienne", a affirmé l'OCI, soulignant au passage le lien des musulmans avec la mosquée d’Al-Aqsa et la place centrale qu’occupe la ville sainte au sein de la communauté musulmane.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un discours, a appelé les États-Unis à revenir sur leur décision de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer leur ambassade.

"Ce n’est pas avec un fait-accompli que les choses vont changer. Vous pouvez prendre une telle décision (…) mais les 196 pays membres actuels de l’ONU vont prendre position contre votre décision", a-t-il adressé au président américain Donald Trump.

"Au lieu de ceux qui veulent la paix, les USA se sont positionnés du côté de ceux qui rendent la paix impossible. En cette période de lutte intense contre le terrorisme, c’est apporter de l’eau au moulin des fanatiques", a ajouté le chef de l’Etat turc et président en exercice de l’organisation de la Coopération islamique (OCI).

"En tant que pays islamiques, nous n’abandonnerons jamais l’idée d’une Palestine souveraine et indépendante avec Jérusalem pour capitale", a-t-il relevé, invitant tous "les pays responsables qui respectent le droit international à reconnaître la ville de Jérusalem comme capitale de la Palestine sous occupation", et à mobiliser leurs moyens pour la ville sainte, qui constitue une "ligne rouge".

"Les pays qui n’ont pas encore reconnu l’État palestinien doivent, désormais, faire ce pas pour assurer un équilibre juste dans la région", pressant les États et les Nations unies à rejeter la décision américaine qui viole les droits et résolutions internationales.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a indiqué, pour sa part, que ce genre de "décisions unilatérales, qui sont "contraires au droit international et qui défient les sentiments des musulmans et des chrétiens", encouragent "les extrémistes et les non-extrémistes à transformer le conflit politique en conflit religieux".

Washington a "perdu toute qualité de médiateur dans le processus de paix", a-t-il déclaré, ajoutant que "nous n’accepterons pas que l’Administration américaine ait un quelconque rôle dans le processus politique dès à présent".

Israël cherche à "déplacer notre population d’Al-Qods à travers une série de mesures colonisatrices, en leur interdisant de bâtir, en retirant leurs pièces d’identités et en leur imposant des taxes exorbitantes", a poursuivi le président de l’Autorité palestinienne, appelant à faire reconnaître la Palestine comme "État sous occupation".

Ces mesures unilatérales de l’Administration américaine sont "nulles et non avenues" et ont constitué un choc au moment où "nous étions engagés avec elle dans le processus politique pour parvenir à une paix juste".

"Nous avons convenu officiellement avec Washington de ne pas adhérer à certaines organisations internationales à condition qu’elle ne transfère pas son ambassade, ne touche pas à notre Bureau à Washington, ne suspend pas les aides, arrête la colonisation", mais "les Américains ont violé cet accord et nous ferons de même pour notre précédent engagement", a averti Abbas.

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