L'Open Sky pose un "énorme problème" au PDG de Tunisair Elyes Mnakbi

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Avec la signature de la convention open sky avec l'Union européenne, Tunisair, annonce l'acquisition de 6 nouveaux Airbus A320-Neo et l'ouverture prochaine d'une ligne directe Tunis-New York, une première dans l'histoire du transporteur national.

Invité à la matinale de Shems FM, le Président Directeur-Général de Tunisair, Elyes Mnakbi, a déclaré que la compagnie aérienne nationale a toujours été contre cette convention qui, dit-il, lui portera gravement préjudice et lui posera "un énorme problème". Selon Mnakbi, les anciens gouvernements responsables de cette convention n'ont aucunement pris en considération l'avis des professionnels du domaine, mettant en danger la compagnie aérienne nationale.

Mnakbi a annoncé que pour minimiser ce préjudice, une flotte de Boeing 737-600 sera consacrée à concurrencer les compagnies low-cost qui opéreront depuis les aéroports de Djerba et Monastir, et qu'une stratégie sera mise en place pour, dit-il, faire face à ce danger.

"Cette convention aura peut-être de bonnes répercussions sur l'économie tunisienne à long terme, mais elle constitue un danger pour Tunisair" a-t-il ajouté.

Elyes Mnakbi a également annoncé que Tunisair s'alignera sur les prix des compagnies low-cost, et ce dès la mise en application de l'Open Sky.

Toujours dans les mesures prises pour lutter contre le "danger" Open Sky, Mnakbi a annoncé que la compagnie nationale a décidé de créer un certain nombre de nouvelles lignes vers des villes africaines, à l'instar de ce qu'avait fait la RAM (Royal Air Maroc) pour concurrencer les compagnies low-cost. Ainsi, selon Mankbi, deux à trois nouvelles lignes seront ouvertes chaque année, en plus de l'ouverture vers la fin de l'année 2018, d'une ligne directe Tunis-New York. "Cette ligne ouvrira de nouveaux horizons, principalement pour les africains se rendant aux États-unis, qui seront en mesure de passer par la Tunisie pour prendre un vol direct pour New York" déclare Mnakbi, soulignant la position géographiquement concurrentielle de la Tunisie, qui lui permet de rallier pratiquement toutes les destinations.

Il a également souligné les obstacles auxquels fait face Tunisair au niveau des procédures administratives qui lui sont imposées en tant qu'institution étatique. "Les appels d'offre et les délais nous font perdre de précieuses occasions et donc de l'argent" déclare Mnakbi.

La signature aujourd'hui de la convention de transport de l’Open Sky avec l'Union Européenne, et sa mise en application en 2018, oblige le transporteur national à envisager une réforme en profondeur afin d'augmenter sa compétitivité, surtout que cette convention ouvre les portes aux compagnies low-cost à l'instar de Rayanair et Easyjet, qui fonctionnent suivant un modèle économique très compétitif que la compagnie aérienne nationale doit arriver à concurrencer.

“Il n'y a aucune raison d’avoir peur de cette convention d’autant que tous les pays concurrents dans ce domaine, l’ont adopté depuis longtemps compte tenu des facilitations qu’elle offre au tourisme, a déclaré la ministre du Tourisme et de l'artisanat, Salma Elloumi, rappelant que l’aéroport de Tunis-Carthage ne sera pas concerné par cette convention durant 5 ans, période pendant laquelle, les autorités œuvreront à renforcer la compétitivité du transporteur national.

La signature de la convention de l’Open Sky est de nature à renforcer le flux des compagnies charter et augmenter le nombre des visiteurs notamment la catégorie des jeunes dont les ressources financières sont limitées.

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