La ville de Paris lance un plan d'urgence pour les enfants des rues marocains

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PARIS - Il y a près d'un an, les images de ces enfants marocains dans les rues du 18e arrondissement parisien faisaient le tour des réseaux sociaux, tant en France qu'au Maroc, et inquiétaient les pouvoirs publics français. Alors que la mairie de Paris a tenté pendant plusieurs mois, sans succès, de trouver une solution à ce problème alors inédit en France "depuis la fin de la seconde guerre mondiale", comme l'assure Valérie Goetz, commissaire principale du XVIIIe interrogée par Le Parisien, la mairie de la capitale française annonce cette semaine un nouveau plan d'urgence pour ces enfants des rues.

C'est ce que rapporte le journal Le Parisien. Selon le quotidien, "la ville a débloqué un dispositif exceptionnel chiffré à près de 700.000 €" pour faire face à cette situation qui prend de l'ampleur dans la capitale. La subvention sera soumise au vote de l'assemblée ce lundi, lors du prochain Conseil de Paris.

Un plan mis en place par la ville "sous convention avec le Centre d’action sociale protestant (CASP) qui travaillera en partenariat avec des associations rompues à la prise en charge des jeunes en errance: Aux Captifs la Libération et Trajectoires". Ces jeunes seraient désormais, selon le journal, "une soixantaine". "Les premiers arrivants avaient 9 ou 10 ans. La seconde vague, entre 14 et 17 ans. Certains sont à peine majeurs", précise le quotidien.

Des pouvoirs public désemparés

La ville doit également faire face à l'escalade de la violence de ces jeunes, souvent toxicomanes, et à leur refus d'une prise en charge: "Au début, ils se contentaient de menus larcins mais maintenant, ils sont passés aux vols à la tire, aux arrachages de colliers, aux cambriolages", affirme au Parisien Valérie Goetz, la commissaire principale du XVIIIe. "Et ils commencent à se mélanger avec les délinquants plus âgés, les trafiquants de cigarettes de contrebande".

Des jeunes qui se retrouvent régulièrement embarqués par la police du quartier avant de retourner dans la rue dès leur remise en liberté. "En l’absence de parents, le suivi judiciaire et éducatif est extrêmement compliqué. Tous les jours, une dizaine d’entre eux sont interpellés…", souligne-t-on au parquet des mineurs.

Un sujet qui oppose les habitants

Dans le quartier, le sort de ces jeunes divise la population, notamment quand le sujet "d’effectuer des recherches pour retrouver l’éventuelle famille des mineurs errants" est évoqué. Mercredi dernier, à l'occasion d'une réunion publique sur le thème de la situation de ces jeunes, les habitants de ce quartier parisien se sont opposés violemment sur les mesure à prendre pour gérer cette situation.

Un quartier divisé entre ceux qui s'opposent à leur retour au Maroc ("Au Maroc, ces gamins, qui errent par milliers, se nourrissent dans les poubelles et le décharges publiques, et vous vous voulez qu’ils y retournent", s'exclame un habitant cité par Le Parisien), et ceux qui se plaignent de l'insécurité provoqué par leur présence.

"Tu ris, tu pleures et tu penses à la maman"

En mai dernier, le HuffPost Maroc était allé à la rencontre de ces jeunes au square Alain Bashung, dans le 18e arrondissement, un lieu devenu le point de rencontre de ces mineurs marocains isolés:

Guillaume Lardanchet, directeur de l’association Hors la rue, alors mandaté par la Mairie de Paris pour chercher une solution optimale pour accueillir ces enfants, admettait déjà que les autorités étaient dépassées et que beaucoup d’enfants en danger n’ont pas accès à une protection pérenne.

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