ARP :Adoption de la loi de finances 2018 mais les polémiques continuent

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ARP TUNISIA
TUNIS, TUNISIA - JANUARY 11: Tunisian MPs take part in a session at the assembly of the representatives of the people (ARP) on January 11, 2016 in Tunis before a confidence vote to approve the new government. Tunisian Prime Minister Habib Essid announced a major cabinet reshuffle on January 6, 2016 as his government grapples with a growing jihadist threat and a feeble economy. PHOTOGRAPH BY Mohamed Krit / Barcroft MediaUK Office, London.T +44 845 370 2233W www.barcroftmedia.comUSA Office, New Yo | Barcroft Media via Getty Images
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La loi de Finances 2018 a été adoptée en assemblée plénière à l’ARP, dans la soirée de ce samedi 9 décembre 2017 avec 134 voix pour, 21 contre et 12 abstentions. Les débats autour de ce projet ont été houleux pour certains articles, notamment celui en rapport avec la surtaxation des produits importés de Turquie ou celui portant augmentation de la prime accordée aux familles démunies.

Il a fait savoir que le Projet de la Loi de Finances 2018 s'articule autour de quatre axes à savoir:

  • La mise en place de mesures nécessaires capables de booster l'investissement, encourager l'épargne et soutenir les PME
  • L'adoption de mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et lutter contre la fraude financière
  • L'instauration de la justice fiscale et encourager la mise en place des ressources autonomes
  • L'amélioration des services, le maintien du pouvoir d'achat des citoyens et la réduction du taux de chômage
Dans son discours devant la plénière de l'ARP, fin novembre, le chef du gouvernement Youssef Chahed a dressé le bilan général de la situation économique du pays où il est revenu sur les difficultés et les défis auxquels la Tunisie fait face. Il a souligné que la priorité majeure de son gouvernement est d'améliorer la situation économique du pays et faire virer les indicateurs du rouge au vert d'ici 2020.

Face aux défis, Chahed a indiqué qu'il fallait rétablir les moteurs de la production notamment dans les secteurs de l'agriculture, du tourisme, de l'export et de l'investissement. Il a rappelé que certes les protestations sont un droit acquis mais elles ne devraient pas freiner la croissance économique. "Le mouvement social qui ralentit la production ne fait que contrecarrer les moyens capables de fournir des solutions à leurs problèmes", a-t-il expliqué.

Critiquant le manque de vision à moyen et long terme dans les précédentes politiques économiques post-révolutionnaires, Chahed a indiqué que le PLF2018 et le projet de budget de l’État au titre de l’année 2018 constituent, quant à eux, un nouveau pas pour remédier à la crise et atteindre les objectifs escomptés pour l'année 2020.

Il a précisé que le PLF2018 permettra de:

  • Faire reculer, dans un premier temps,le déficit budgétaire à 4,9%. Une première phase afin d'atteindre en 2020, les 3% de déficit
  • Maitriser l'endettement pour qu'il ne dépassera pas les 70% en 2020
  • Se diriger vers l'atteinte d'un équilibre au niveau de la masse salariale pour atteindre un taux inférieur à 12,5% en 2020
  • Atteindre un taux de croissance de 3% pour l'année à venir, de 4% en 2019 et de 5% en 2020

Pour atteindre ces objectifs, le Chef du gouvernement a présenté dix initiatives gouvernementales permettant le redressement économique. Il s'agit de:

  • Lever les obstacles à l'investissement
  • Améliorer le financement des petites et moyennes entreprises
  • Préparer d'un programme national exceptionnel de soutien aux exportations
  • Adopter un ambitieux programme de développement dans les domaines du renforcement des infrastructures et la mise en place d'une nouvelle approche destinée aux grands projets, et ce à travers une vision claire par la préparation d'un plan directeur pour les projets à réaliser dans le cadre du partenariat public-privé. En plus d'un plan national combinant routes, zones industrielles et pôles technologiques
  • Appuyer le programme Tunisie numérique 2020
  • Lancer le programme tunisien d'énergie solaire
  • Entamer les études pour l'achèvement des postes d'amarrage 8 et 9 dans le port de Rades
  • Activer le livre blanc sur l'endettement du secteur touristique et lancer une nouvelle stratégie pour soutenir le secteur
  • Soutenir le mécanisme d'essaimage dans les institutions à ​​partir des projets des grands groupes économiques publics ou privés
  • Renforcer et restructurer le réseau de soutien et d’appui aux leaders institutionnels

Les polémiques continuent

La loi de finances 2018 divise les députés du parti Afek Tounes. Ainsi, la moitié des 8 élus Afek a voté pour alors que l’autre moitié s’est abstenue de voter pour contester certains articles de ladite loi.

Sur sa page Facebook, la députée Rym Mahjoub, l'une des quatre élus abstentionnistes, a expliqué son abstention par le fait que cette loi "qui ne correspond pas à la vision économique et sociale de Afek Tounes et qui ne tient pas compte des propositions de notre parti", a-t-elle précisé.

D'autres du même parti, à l'instar de Hager Ben Cheikh Ahmed, s'est félicitée de l'adoption de ladite loi, en expliquant qu'elle expliquera dans un autre statut Facebook cette division au sein de son parti.



Autre fait révélé par l'ONG Al Bawsala, les votes multiples de la députée de Nida Tounes Hela Omrane, qui a voté pour elle et pour un autre député Mohamed Saidane, ce qui constitue une infraction au règlement intérieur de l'ARP. (vidéo ci-dessous)

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