Le pianiste Marouan Benabdallah présente "Arabaesque", le projet qui met à l'honneur les compositeurs arabes (VIDÉO)

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MAROUAN BENABDALLAH
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MUSIQUE - Après avoir sillonné le monde pour partager son talent avec le public, le pianiste marocain Marouan Benabdallah est revenu, le 6 décembre dernier, à sa ville natale, Rabat. Un retour le temps d’un concert de présentation de son nouveau projet, "Arabaesque", qui s'attache à faire connaître les musiques classiques écrites par des compositeurs arabes.

Le pianiste a ainsi proposé au public un "menu dégustation", comme il l’a annoncé avant le début du concert, à travers lequel les spectateurs de l’Académie du Royaume du Maroc ont pu avoir un avant-goût des prochains concerts organisés dans le cadre du projet.

En trois ans de travail et de recherches, Marouan Benabdallah a réussi à regrouper plus de 80 compositeurs classiques venus de différents pays arabes, mais aussi de Turquie, d’Iran et de convier à leurs côtés des compositeurs occidentaux influencés par la musique d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

"Les oeuvres ne sont pas enregistrées, il faut donc trouver les partitions d’abord et les déchiffrer", explique au HuffPost Maroc Marouan Benabdallah. "J’ai dû contacter les héritiers de quelques compositeurs, et il a fallu véritablement creuser dans des collections privées et des bibliothèques, surtout aux États-Unis, pour trouver des partitions de compositeurs qui sont décédés dans les années 70-80", raconte le pianiste.

Le virtuose a déjà présenté quelques-unes de ces compositions en Chine, en Espagne, en Inde, au Portugal ou encore en Autriche. Avec une réponse du public, selon lui,unanime : "Même si le public occidental est habitué à la musique classique, il est néanmoins resté surpris. Avec ces compositions, on ouvre aux spectateurs une nouvelle voie", dit Marouan Benabdallah. "Même si les compositeurs écrivent dans des structures occidentales, ils apportent toujours cette petite touche locale et créent ainsi un nouveau langage musical", explique-t-il.

Pour le concert donné cette semaine à Rabat, Benabdallah a tenu à partager l'histoire cachée derrière chacune des pièces présentées, avant de retourner à son piano pour interpréter les oeuvres sélectionnées et embarquer le public pour un voyage musicale aux sonorités de l'orient.

Le pianiste a choisi comme apéritif "La Nuit du destin" du compositeur syrien Dia Succari, dont les œuvres sont jouées dans le monde entier, puis a enchaîné avec deux miniatures de l’algérien Salim Dada et du libanais Zaid Moultaka. Le concertiste marocain a ensuite interprété quelques extraits d’El Male Rahamim, du compositeur émirati Mohammed Fairouz, puis la "Canzona e Toccata" du libanais Boghos Gélalian.

Après avoir joué "Nocturne n°1", du compositeur marocain Nabil Benabdeljalil, Marouan Benabdallah l’a invité sur scène pour présenter sa seconde pièce "Raqsa". Marouan Benabdallah clôturera en beauté cette soirée, avec une composition française de Camille Saint-Saëns, "Africa", une version revisitée et servie par ses propres arrangements.

"La musique classique au Maroc évolue. Il reste beaucoup de progrès à faire mais je reste optimiste", déclare Benabdallah. "Il faut aussi veiller à nommer des personnes compétentes dans les postes clés, si un poste nécessite des connaissances en musique par exemple", explique-t-il. Ce dernier remarque par ailleurs que les salles ouvertes aux concerts de musique classique au Maroc se remplissent de plus en plus. "Notre but est aussi d’attirer un public nouveau qui veut découvrir la musique occidentale à travers la musique arabe", souligne-t-il.

Soutenu par l’Académie du Royaume du Maroc, le projet "Arabaesque" a débuté en 2014. Les dates des concerts d'"Arabaesque" non pas encore été annoncées, mais Benabdallah prévoit de se produire dans plusieurs villes au Maroc et à l’étranger, accompagné d'autres pianistes, de violonistes, et même d'un orchestre pour faire découvrir au public le large répertoire des compositeurs venus des pays arabes.

Marouan Benabdallah a commencé le piano dès l'âge de 4 ans et a suivi sa formation au Conservatoire Béla Bartók et à l’Académie Franz Liszt de Budapest. Il est aujourd'hui l'un des rares pianistes marocains à jouer sur les grandes scènes internationales.

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