Le rejet par des députés d'un amendement sur la généralisation de Tamazigh est un "canular" selon le HCA

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Le "prétendu rejet" par les députés à l’Assemblée populaire nationale (APN) d’un amendement portant généralisation de la langue amazighe et son caractère obligatoire est "un canular savamment orchestré pour l'instrumentaliser à des fins contraires aux idéaux de Tamazight, socle commun à tous les Algériens", a indiqué jeudi le secrétaire général du Haut-commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad.

Le même responsable a affirmé que ce "prétendu rejet" et un "canular orchestré (...) à des fins et objectifs contraires aux idéaux de Tamazight, socle commun à tous les Algériens et élément fondamental de la cohésion sociale", sans accuser nommément une personne ou une organisation, derrière cette "tentative de déstabilisation".

"Nous tenons à exprimer notre profonde désapprobation devant ces manoeuvres tendancieuses qui sèment la confusion et la régression et qui, par ricochet, provoqueraient ire et protestation dans une partie de notre grande nation", a précisé M. Assad à l'APS.

"Le motif de cette instrumentalisation est de dire qu'il y a atteinte à tamazight", a-t-il dit. Le SG du HCA a souligné que "notre déception est d’autant plus grande que cette supputation est porteuse de conséquences imprévisibles. Elle pourrait impacter négativement sur la stabilité du pays".

Il a appelé à "la sérénité qu’exige la situation sociopolitique du pays", ajoutant que "cette exploitation tendancieuse d’un prétendu rejet doit être clarifiée et expliquée pour en juguler et neutraliser la nuisance".

Relevant que "les récentes avancées politiques et constitutionnelles sont indéniablement des acquis majeurs, attendus et salués par l'essentiel des composantes de la nation", M. Assad a constaté que "des subterfuges et des entraves sont dressés çà et là pour empêcher l’entame de la socialisation de Tamazight".

Plusieurs médias affirmaient cette semaine que la commission des Finances de l'APN a rejeté une proposition d’amendements visant une dotation budgétaire de l’enseignement de tamazight et une attribution de caractère obligatoire de son enseignement. Des mouvements de protestations dans plusieurs lycées l'université de la wilaya de Béjaïa ont été organisés, pour protester contre ce rejet et appeler à une marche dans les principales rues de la ville.

Selon le quotidien El Watan, cette proposition d'amendement, proposée par des députés du PT, énonçait l'introduction d'un nouvel article, le 104 bis, dans le projet de loi de finances pour exiger à l’Etat algérien de veiller à la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe dans tous les établissements scolaires, autant publics que privés, et avec un caractère progressivement obligatoire.

La wilaya de Tizi-Ouzou a également été le théâtre de manifestation de la part de lycéens pour protester contre "une atteinte à leur identité".

"Nous assistons encore à une tentative de déstabilisation d’un processus irréversible de parachèvement du cadre juridique d'application des dispositions de la Constitution qui permettra la dotation de Tamazight de conditions appropriées à sa promotion au plan culturel et l'instauration, au plan linguistique, des approches et outils scientifiques et académiques requis", a souligné M. Assad.

Il a indiqué également que "certains, versant carrément dans l'amalgame, prétendent que même le budget de Tamazight est revu à la baisse". Il a précisé que "la réalité du mode de financement de la promotion de Tamazight et des institutions qui y veillent, contredit cette allégation".

La reconnaissance juridique "existe", a assuré M. Assad, précisant qu'"il nous appartient de faire avancer la pratique militante".

"L’activisme ne suffit plus, il faut produire, former, diffuser, normaliser et aménager notre langue. Il s’agit aujourd’hui de rattraper le retard accusé dans le domaine de la recherche et des TIC", a-t-il soutenu.

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