Jérusalem: Le déménagement de l'ambassade américaine "probablement" pas avant deux ans

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JERUSALEM
Steven Allan
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JERUSALEM - La Maison-Blanche montre-t-elle de premiers signes de reculs? Lors d'un entretien avec son homologue français Jean-Yves Le Drian, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a déclaré, concernant le déménagement prochain de l'ambassade américaine vers Jérusalem: "Ce n'est pas quelque chose qui va arriver cette année, ni même probablement l'année prochaine", rapporte l'AFP.

Selon la même source, ce dernier a cependant affirmé la détermination de Donald Trump de mener à bien ce déménagement: "Le président veut que nous avancions de façon très concrète et très résolue pour être sûrs que l'ambassade puisse être transférée le plus tôt possible", ajoute ainsi Rex Tillerson.

Un geste qui pourrait cependant être interprété comme un pas en arrière de l'administration américaine, suite à la réaction internationale en grande majorité hostile à sa décision de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d'Israel.

Escalade des tensions

Depuis cette annonce, la communauté internationale redoute de plus en plus une escalade des tensions dans la région. Ces derniers jours, de violentes échauffourées ont déjà opposé palestiniens et armée israélienne. Des affrontements qui ont fait aujourd'hui un mort côté palestinien, comme le rapporte le journal britannique The Telegraph.

Un risque d'escalade "immense", indique au HuffPost Maroc Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique et professeur de Relations Internationales et Science Politique à la UDLAP au Mexique. "Le Hamas va mettre ses paroles en actions rapidement. Les autres organisations palestiniennes également. Le Hezbollah va certainement faire une annonce, ainsi que l'Iran", analyse le spécialiste.

Selon lui, Donald Trump n'a pas clairement pris en compte les risques que cette décision pouvait provoquer. "L'Union Européenne est contre, la Ligue Arabe aussi. Il a enterré la possibilité pour son pays de rester un médiateur dans ce conflit. Nous savions le penchant américain pour Israel mais avec cette décision, quelque chose est brisée. Certes, une loi de 1995 votée par les Démocrates et les Républicains reconnaissait déjà Jérusalem comme capitale d'Israel. Mais aucun président américain ne l'avait mise en oeuvre de peur des conséquences".

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