Tunisie: Vague d'indignation et appel à manifestation contre la décision de Trump

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VIEW OF JERUSALEM
A general view of Jerusalem shows the Dome of the Rock, located in Jerusalem's Old City on the compound known to Muslims as Noble Sanctuary and to Jews as Temple Mount December 6, 2017. REUTERS/Ronen Zvulun | Ronen Zvulun / Reuters
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Alors que la communauté internationale s'inquiète de la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israël, la scène politique tunisienne a elle aussi exprimé son mécontentement d'une telle décision.

Le chef du gouvernement Youssef Chahed, a réitéré jeudi, dans une brève déclaration accordée aux médias, le ferme soutien de la Tunisie et sa solidarité absolue avec le peuple palestinien et la cause palestinienne. Il a estimé que la décision de Donald Trump de reconnaître "officiellement Al Qods comme capitale d'Israël", est une violation claire des droits du peuple palestinien. "C'est un coup dur pour les droits du peuple palestinien et pour sa cause" a-t-il dit en marge de l’ouverture d’une conférence tenue sur l’Accélération de la mise en œuvre des projets d’énergies renouvelables.

Ennahdha appelle à une manifestation nationale

Quant à lui, le parti Ennahdha a publié mercredi, un communiqué au sein duquel il "exprime son rejet et sa condamnation de la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y transférer à l'ambassade des États-Unis, considérant cette décision comme un viol du droit international et les résolutions des Nations Unies".

Le parti appelle par ailleurs à une manifestation nationale le vendredi 08 décembre à la place Mohamed Ali au centre-ville pour exprimer son soutien à la cause palestinienne.

Invité de la chaine Al Jazeera pour parler de la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israël, le vice-président de l'ARP et figure historique d'Ennahdha Abdelfattah Mourou a affirmé que cette décision est celle de Donald Trump et non celle de toute l'administration américaine qui en majorité serait contre cette décision.

Revenant sur la façon dont cette décision est perçue en Tunisie, Abdelfattah Mourou affirme que "nous considérons la question palestinienne comme une question nationale et qui concerne notre peuple".

Selon lui, la Constitution tunisienne est d'ailleurs la seule au monde à consacrer l'idéal de justice principalement concernant la question palestinienne.

Reprochant aux organisations internationales leurs absence de courage, Mourou affirme que seuls les peuples arabes organisés en partis politiques, associations, mouvements pourront faire bouger les choses.

De son côté, l'ancien ministre des Affaires étrangères Rafik Bouchleka Abdesslam a affirmé que "les pays arabes sont trop occupés à leurs problèmes internes et se retourner les uns contre les autres" oubliant ainsi la cause palestinienne.

Pour lui, c'est à partir de ce postulat que Donald Trump a pris sa décision. "Cependant ce qu'il oublie, c'est qu'il existe une opinion publique palestinienne, arabe et islamique pour qui cette affaire est plus grande que la politique américaine et plus grande que le président des États-Unis" indiquant que "Jérusalem est une ligne rouge à ne pas franchir".

Pour sa part, le parti Nidaa Tounes a indiqué dans un communiqué que cette décision est une violation des règles de droit international mais également des décisions des Nations Unies concernant la question palestinienne. Le parti a par ailleurs exprimé "de sérieuses craintes que cette décision unilatérale ne perturbe davantage le processus de paix au Moyen-Orient et n'entraîne des tensions dans la région".

Pour le secrétaire général de l'UGTT, les régimes arabes sont responsables

La centrale syndicale a, également, publié un communiqué où elle exprime sa "vive indignation" après les déclarations de Trump. Elle a appelé à se concerter avec la société civile et les partis politiques pour organiser une manifestation nationale et régionale avant la fin de la semaine pour protester contre cette décision.

D'autre part, le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) Noureddine Taboubi, a accusé les régimes arabes d'être responsables de cette situation. Il a reproché leur laxisme inouï à l'égard de la cause palestinienne et de peuple palestinien.

L'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) a, également, réagit à cette décision en publiant un communiqué sur sa page Facebook où elle estime que ce transfert constitue "une violation flagrante du droit international." Elle a affirmé son soutien absolu et sans équivoque au peuple palestinien et à sa lutte légitime pour recouvrer ses droits et récupérer ses terres occupées. L'UTICA a appelé, par ailleurs, toutes les forces pacifiques du monde à refuser cette décision qui ne fait qu'attiser la tension et entraîner la région vers l'escalade.

Pour la présidence de la République, elle s'est contentée de repartager le communiqué de presse du ministère des Affaires étrangères. Ce dernier considère que cette décision “constitue une atteinte fondamentale au statut légal et historique de la ville et une violation des résolutions y afférentes de l’ONU ainsi qu’aux accords entre les parties palestinienne et israélienne sous l’égide des Etats Unis.”

En effet, la Tunisie considère que cette décision menace sérieusement le processus de paix et les efforts déployés pour relancer les négociations de paix et risque de plonger la région dans un climat de tension et d’instabilité, précise le communiqué en ajoutant que cette décision constitue également une provocation qui offense les sentiments de la Oumma arabe et islamique compte tenu de la symbolique que représente Al Qods et de la place qui lui échoit dans la région et dans le monde.

“Tout en réaffirmant sa position constante de soutien à la cause palestinienne, la Tunisie appelle la communauté internationale à ne pas franchir des pas ou prendre des mesures pouvant constituer une reconnaissance explicite ou implicite d’annexer Al Qods à Israël, Al Qods qui est une partie intégrante des territoires palestiniens occupés en 1967”, indique le communiqué.

ARP: Une motion de soutien à l'adresse du Congrès américain et des parlements

L’Assemblée des représentants du peuple a tenu, jeudi, une plénière extraordinaire pour protester contre la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaitre Al-Qods, capitale d’Israël, et de transférer l’ambassade des Etats Unis de Tel-Aviv à Al-Qods.

L’hémicycle s’est paré de deux grands drapeaux aux couleurs nationales palestiniennes et tunisiennes et les députés ont placé sur leurs pupitres des bannières palestiniennes et des photos de la ville d’Al-Qods et du Dôme du Rocher sur lesquelles ont été inscrites : "Al-Qods, capitale éternelle de la Palestine".



Au début de la plénière, les députés ont scandé des slogans réclamant la libération de la Palestine et rejetant la normalisation avec l’entité sioniste.

Pour sa part, le président du parlement, Mohamed Ennaceur, a annoncé l’organisation, ce jeudi, d’un mouvement de protestation Place du Bardo et, vendredi, d’un rassemblement pour protester contre la décision de l’administration américaine.

La parole a été donnée ensuite aux présidents des groupes parlementaires qui ont dénoncé la décision des Etats Unis de reconnaitre Al-Qods, capitale d’Israël, et de transférer leur ambassade à Al-Qods.

Une motion de soutien et de condamnation sera également adoptée ce jeudi au cours de la séance plénière consacrée à la décision annoncée la veille par le président américain. Cette dernière sera ensuite envoyée au Congrès américain et aux parlements internationaux, a déclaré Mohamed Ennaceur président du parlement.

"Al Qods est à nous", "Al Qods, capitale éternelle de Palestine" avaient clamé les députés au début de la plénière dont l'ordre du jour a du être modifié pour la discussion de la dernière décision de l'administration américaine.

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