Procès des détenus du Hirak: Les avocats veulent convoquer le prédicateur interrompu par Nasser Zefzafi

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HIRAK
Youssef Boudlal / Reuters
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PROCÈS - "Nous avons déposé de nouvelles requêtes auprès du président de l’audience, notamment la convocation de l’imam de la mosquée où le prêche du vendredi a été l’origine de tout le problème". L’avocat Abdelkarim Elmoussaoui, membre du comité de défense des détenus du Hirak, déclare au HuffPost Maroc que l’audience du mardi 5 décembre, qui s’est tenue à la Cour d’appel de Casablanca, a été marquée par le dépôt de nouvelles requêtes de convocations. L’imam de la mosquée Mohammed V à Al Hoceima, qui a assuré le prêche du vendredi 26 mai 2017, en fait partie.

Pour les avocats, le récit qu’il devrait faire de ce qui s’est passé ce vendredi-là pourrait mieux éclairer la justice. Le prêche de cet imam, qui appelait les fidèles à se mobiliser contre les manifestations, avait été interrompu par Nasser Zefzafi. C’est à la suite de cette interruption que l’arrestation de ce dernier avait été ordonnée par le procureur général du roi à Al Hoceima. Trois jours après sa fuite, le leader du Hirak avait été interpellé le lundi 29 mai.

Les avocats des détenus veulent donc en savoir plus sur ce prêche, mais aussi sur la responsabilité du ministère des Habous et des Affaires Islamiques. "Nous avons également demandé la convocation du délégué du ministère des Habous et des Affaires islamique d’Al Hoceima à ce sujet", précise l’avocat. Et d’ajouter que le directeur de Dar al Hadith al Hassania, Ahmed Khamlichi, figure aussi sur la liste des personnalités que la défense des accusés souhaite convoquer au procès.

D’autres responsables avaient été convoquées, au cours de la dernière audience, dont, précise l’avocat Abdelkarim Elmoussaoui, Mohammed Drissi Alami Machichi en sa qualité d’ancien ministre de la Justice. "Nous voudrions qu’il nous donne des précisions sur le dahir de militarisation de la zone du Rif", indique l’avocat.

Certains responsables de médias arabophones sont également sur la liste des requêtes des convocations. Et pour cause, les avocats estiment que leur couverture du Hirak mérite "des explications" qu’ils sont seuls habilités à donner. Autres requêtes: approfondir l’enquête sur des détails contenus dans l’instruction, surtout les vidéos et enregistrements servant de preuves, mais qui n’ont jamais été visionnés et/ou écoutés par les accusés. "Si le tribunal accepte cette requête, il devra confier cette mission à l’un de ses juges", précise Me Elmoussaoui.

Nouveau report au 12 décembre

Le procès, reporté au mardi prochain, le 12 décembre, a, par ailleurs, été suspendu environ une heure hier. Un malaise ressenti par Nasser Zefzafi en est à l’origine. Il a été transféré à l’hôpital où son état de santé a été évalué. "Là aussi, un vice de procédure a fait l’objet d’un débat entre la défense, le parquet et la présidence de l’audience. Car une décision de transfert à l’hôpital est prise par le président de l’audience. Mais dans ce cas précis, c’est le représentant du parquet qui s’est substitué à lui et s’est contenté uniquement de l’informer du transfert", tient à préciser cet avocat.

À son retour, Nasser Zefzafi a présenté le diagnostic médical qui, d’après Me Elmoussaoui, montrait que l’état de santé du détenu est normal. "Le médecin aurait détecté, toutefois, une déshydratation et des carences. Et cela est dû à la grève de la faim qu’il observe avec d’autres détenus. C’est pour cela que nous avons demandé à ce qu’un médecin les accompagne toujours au cours du procès", affirme l’avocat.

Le procureur général du roi près cette Cour a indiqué, dans une déclaration à la presse relayée par la MAP, que l'audience s'est déroulée dans "des conditions normales", en présence de tous les accusés, aussi bien en détention qu'en liberté conditionnelle, de leurs avocats, de leurs proches et des médias. Comme à l’accoutumée, les avocats de la défense ont déposé leur requête sollicitant la liberté provisoire des détenus. Contestée par le parquet, cette requête reste soumise à la décision du tribunal qui devra statuer la-dessus ce jeudi. La semaine dernière, il l’avait rejetée.

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