La France va restituer les crânes des résistants algériens, a annoncé Macron

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French President Emmanuel Macron holds a press conference at the El Aurassi hotel in Algiers on December 6, 2017. / AFP PHOTO / LUDOVIC MARIN (Photo credit should read LUDOVIC MARIN/AFP/Getty Images) | LUDOVIC MARIN via Getty Images
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Le président français Emmanuel Macron a qualifié ce 6 décembre à partir d'Alger de "regrettable" la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale de l'Etat d'Israël et appelé à "éviter à tout prix les violences".

Lors d'une conférence de presse à Alger, il a souligné "l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats".

"Ce n’est ni les Etats-Unis, ni la France qui feront la paix, ce seront les Israéliens et les Palestiniens, il leur appartient de s’exprimer. En tout cas, la France accompagnera toutes les initiatives permettant la coopération des deux Etats. Si les Etats-Unis sont porteurs d’une solution efficace agréée par les deux parties, la France fera tout pour l’aider", aprécisé le Président français.

"Pour l'heure, je lance un appel au calme, à l'apaisement et à la responsabilité de tous", a-t-il ajouté. "Nous devons éviter à tout prix les violences et privilégier le dialogue. La France est prête avec ses partenaires, à prendre toutes les initiatives utiles en ce sens", a encore affirmé le président.

Se disant en visite en Algérie en tant qu'ami, le président français a souligné l'importance de renforcer le partenariat entre les deux pays soulignant particulièrement l'importance de la formation des jeunes pour un avenir plus prospère.

"Il faut que la jeunesse prenne toute sa place. J’ai souhaité proposer au président algérien de créer une école pour la formation des jeunes en matière de numérique, c’est pour ça que plusieurs entrepreneurs français m’accompagnaient dans la délégation, dont Monsieur Niel, directeur de l’école 42. [...] Il faudrait former entre 5 000 et 10 000 jeunes par an dans cette école conjointe. Je souhaite que nous puissions multiplier le développement conjoint en formation dans le supérieur, perspectives que nous voulons offrir à la jeunesse algérienne."

Concernant la question de la circulation des personnes, le chef de l'Etat français s'est dit disposé à un régime plus souple notamment pour les politiques, intellectuels, les militaires, les hommes d'affaires et les journalistes.

"En simplifiant les règles et en ayant un visa de circulation beaucoup plus souple qui permette plus simplement d’obtenir un visa pour aller travailler de part et d'autre de la Méditerranée. Nous avons acté de travailler dans ce sens dans les prochaines semaines tout en renforçant les moyens de lutte contre l’immigration illégale." "Nous devons dépassionner ce sujet. J’ai vu ce matin trop de jeunes qui m’ont demandé un visa", ajoute-il en expliquant qu'un visa n'était pas un projet de vie et qu'il fallait repenser les choses et construire des projets viables à ces jeunes qui constituent une chance de part et d'autre de la méditerranée.

Sur le sujet des mémoire, Le président Macron a annoncé d'abord sa décision de restituer les cranes des resistants algériens se trouvant dans un musée en France. "Nous avons parlé des sujets de mémoire : j’ai souhaité rappeler ma volonté d’avancer dans un travail de mémoire conjoint. Je souhaite que le dialogue puisse se poursuivre pour que des gestes réciproques soient faits pour revenir sur un passé qui n’est trop longtemps pas passé. J’ai pris la décision de procéder à la restitution des crânes ​et le texte de loi sera acté ", a-t-il précisé.

Concernant les sujets régionaux, Macron s'est d'abord exprimé sur le sujet libyen. "J’ai réaffirmé la volonté de la France d’obtenir une Libye stable, durable, dans un cadre politique stable construit par les Libyens, c’est tout le sens de la mission de Ghassan Salamé [l'envoyé spécial des Nations unies]."

Sur le sahel, Macron a soutenu que "la lutte contre le terrorisme demeure notre priorité, une priorité régionale. Je souhaite que nous continuions à accroître les coopérations opérationnelles que nous menons avec l’Algérie"

Répondant à une question d'une journaliste sur les relations franco-libanaises et le conflit entre l'Arabie saoudite et l'Iran, Macron s'est félicité des décisions qui ont été prises au Liban et qui vont "permettre d’assurer la stabilité de toute la région. Tous les équilibres souhaitables ont été trouvés." et d'ajouter " La France a dans la région des alliés, mais elle souhaite parler à tout le monde. Le rôle de la France est de parler à tous et toutes pour aider à construire la paix. Il est indispensable que nous puissions donner un cadre politique quelles que soient les tensions entre l'Arabie saoudite et l’Iran."

Interrogé sur la non reconnaissance des crimes coloniaux, Macron a esquivé la réponse en affirmant que c'est le journaliste qui restait bloqué dans des questions vielles de vingt années"

Il annoncera au terme de cette conférence qu'il reviendra en 2018 pour une visite d'Etat.

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