L'ambassadeur de l'U.E en Tunisie dit être "très confiant" quant au retrait de la Tunisie de la liste des paradis fiscaux

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Dans une intervention téléphonique sur les ondes de la Radio Nationale, l'ambassadeur de l'Union Européenne en Tunisie, Patrice Bergamini, a déclaré s'engager avec le gouvernement tunisien afin de régler dans les plus bref délais, le problème du classement de la Tunisie par l'Union Européenne parmi les paradis fiscaux, et sa mise sur liste noire.

"Cette question est sur la table depuis septembre 2016, et j'imagine la perplexité de la citoyenne et du citoyen tunisien quand ils ont appris la nouvelle" déclare-t-il.

Bergamini a ajouté qu'au début, 92 pays étaient concernés par ce problème. "la moitié de la planète devait s'engager dans la lutte contre l'évasion fiscale, la non équité fiscale, mais aussi le financement du terrorisme" a-t-il dit.

Selon l'ambassadeur, 20 pays se sont immédiatement engagés dans cette lutte, alors que 47 autres se sont engagés suivant un calendrier, pour donner des réponses précises ou alors s'engager sur la mise en place de réformes à ce sujet, avant la date butoir du 17 novembre 2017.

La Tunisie a donc fait partie des 17 pays n'ayant pas "donné d'explications" dans les délais précités. "Nous avons travaillé d'arrache pied et jusqu'au bout avec le gouvernement tunisien. Est-ce qu'on aurait pu travailler plus rapidement? Est-ce qu'une meilleure coordination aurait permis d'empêcher que la Tunisie se retrouve sur cette liste? C'est regrettable, mais c'est un fait".

Bergamini a par ailleurs tenu à préciser que cette liste peut être modifiée prochainement, soulignant qu'une réunion des ministres des Finances de l'Union Européenne se tiendra le 23 janvier 2018. "En travaillant sur la question avec toute la disponibilité de mes équipes, les services à Bruxelles aussi et le gouvernement, j'en suis convaincu, nous allons pouvoir avancer et réparer cela" ajoute-t-il.

La Tunisie est, selon l'ambassadeur, appelée à fournir deux éclaircissements, notamment sur le problème des avantages fiscaux accordés aux sociétés Offshore, et celui des prestataires de services financiers.

"La Tunisie étant la seule démocratie de la région, je suis convaincu qu'on arrivera à trouver une solution à ces deux problèmes restés sans réponse jusqu'à maintenant" a-t-il ajouté.

Bergamini a également annoncé qu'il s'entretiendra demain avec le chef du gouvernement Youssef Chahed, ainsi qu'avec le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, afin de revoir à nouveau le calendrier.

"La Tunisie devrait se retrouver du bon côté. Elle devrait être au centre de ces 47 pays qui se sont clairement engagés dans la lutte contre l'évasion fiscale" déclare-t-il.

L'ambassadeur estime que la Tunisie s'est auto-sanctionnée, dans la mesure où elle n'a pas respecté les délais imposés par "des critères internationaux", soulignant la relation "non pas privilégiée" mais "d'exception' qu'entretient l'Union Européenne avec la Tunisie, notamment à travers son soutien à la transition démocratique du pays.

Cette décision, dit-il, n’altérera en aucune façon, et ne remet nullement en cause les engagements de l'Union Européenne envers la Tunisie pour l'année 2018, "pour la simple et bonne raison que nous ne doutons pas de la volonté du gouvernement tunisien d'aller de l'avant sur cette question".

Les ministres européens des Finances avaient validé hier 5 décembre, une liste comportant 17 paradis fiscaux, tous extérieurs à l'UE, et parmi lesquels se trouve la Tunisie.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères tunisien a publié un communiqué dans lequel il demande à l'Union Européenne de revenir sur sa décision dans "les plus brefs délais" indiquant être "étonné et mécontent" que la Tunisie se retrouve dans cette liste.

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