Le comité national de soutien du Hirak organise à Rabat un "festival de solidarité"

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HIRAK
Nawal Benaissa (C) of the grassroots Al-Hirak Al-Shaabi movement shouts during a protest against official abuses and corruption in the town of Al-Hoceima, Morocco June 3, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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HIRAK -C’est demain, au club des avocats à Rabat, que les militants du Hirak et les familles des détenus se donnent rendez-vous. Un seul mot d’ordre: "la libération immédiate de tous les détenus politiques sans aucune condition".

A l’initiative du comité national de soutien du Hirak du Rif et de ses revendications, de celui de Casablanca et du comité de soutien du journaliste Hamid El Mahdaoui et des autres journalistes détenus, un festival sera organisé demain à 16h. "Après différentes manifestations que nous avions tenues, notamment des sit-in réguliers, nous voulions témoigner notre solidarité avec les détenus à travers l’art sous toutes ses formes", déclare au HuffPost Maroc Ahmed El Aouni, membre du secrétariat du comité national de soutien des détenus du Hirak.

Des humoristes, des acteurs et des chanteurs ont confirmé leur présence à cet événement. L’humoriste Ahmed Snoussi, alias Bziz, sera de la partie, ainsi que le duo "Assaraha Raha" et les chanteurs Abdellah Bouzandag, Karim El Marssi, Ilyas Ahoudri et Nouh Tawmat. Le militantisme s’exprimera donc avec la rime des poètes et la rhétorique des humoristes. Une soirée "contre l’oubli", rappelle Ahmed El Aouni, soulignant que le comité est convaincu par la nécessité de poursuivre sa mission. "Le Hirak n’est pas une affaire du passé, et son importance ne s’est pas non plus réduite au fil du temps. La souffrance des familles des détenus en est la preuve éloquente", estime Ahmed El Aouni.

Cette souffrance s’exprimera à l’occasion. Les familles des détenus, dont le père de Nasser Zefzafi, sont attendus pour raconter leurs visites à leurs proches en prison, crier leur douleur et retrouver auprès des militants l’espoir d’un apaisement.
"Le Hirak est né de revendications légitimes. Les défaillances dont souffre Al Hoceima ont été reconnues au plus haut niveau de l’Etat. Les responsables ont été limogés mais ils auraient dû rendre des comptes aussi à la justice", estime Ahmed El Aouni. Décrivant une déception collective, il affirme que "les militants du Hirak trouvent illogique de se retrouver en prison pour avoir dénoncé des défaillances sociales et économiques".

Cette "incompréhension" alimentera le débat à cette occasion au cours de laquelle interviendront non seulement les familles, mais également les comités de soutien et de la défense des détenus, ainsi que la coordination marocaine des droits de l’Homme.

Le Comité national de soutien du Hirak du Rif et de ses revendications avait, le 26 septembre dernier, organisé une conférence de presse, toujours au club des avocats à Rabat. Intitulée "Le pouvoir, le Rif et les aboutissements du Hirak", cette rencontre avait réuni une foule de partisans de tous bords venus analyser les origines du Hirak et son impact.

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