La colère gronde dans les établissements scolaires français en Tunisie et à l'étranger

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Facebook/CVL/ CE PMF Tunis
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Depuis le 1er décembre, la colère gronde dans les établissements scolaires français en Tunisie suite aux récentes décisions de réduction budgétaire et de suppression de postes au sein de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE).

Le budget alloué à l'AEFE sera, ainsi, réduit de 33 millions d'euros en 2018. Les frais des premières inscriptions augmenteraient de 117%, les frais de scolarité devraient augmenter de 9% au lieu de 6%, des postes d'enseignants détachés seront fermés, engendrant le recrutement d'enseignants locaux sans formation préalable.

"Injuste", clament les élèves du Lycée Pierre Mendès France qui ont organisé le 4 décembre la manifestation "Touche pas à mon prof ni à mon éducation".

"PMF ce n’est pas uniquement les élèves c’est aussi l’administration, le personnel et surtout les professeurs. Et lorsqu’un maillon de la chaîne est brisé, le système est défaillant. C’est pour cela que le reste de la famille doit se manifester avant que cela n’arrive et qu’il soit trop tard pour réparer les dégâts. Pensez à nos petits frères qui dans le futur n’auront peut-être pas la même chance que nous", explique-t-on dans l'appel à manifester.

Le 5 décembre, l’Association des parents d’élèves des établissements français en Tunisie (APEESFT) a appelé à une journée "école morte" dans les établissements scolaires français en Tunisie.

Non "à une éducation au rabais", oui "à la préservation du 'réseaux d'excellence', à une école qui participe au rayonnement de la langue et de la culture française (...) à la mixité sociale (...)" étaient, entre autres, les mots d'ordre de cet appel à mobilisation.

Des journées de mobilisation réussies avec un taux moyen de 92% de participants dans l'ensemble des 10 établissements concernés, a révélé Manel Benhadid Dridi, la présidente d'Association de parents d'élève des lycées français au HuffPost Tunisie (vidéo ci-dessous)



La responsable associative a confié par ailleurs qu'une concertation générale sur les actions à venir sera organisée lors de la venue en Tunisie, le 17 décembre, du président la Fédération des associations de parents d'élèves des établissements d'enseignement français à l'étranger (FAPEE), Xavier Gonon.

Un mouvement généralisé

Cette mobilisation des associations des parents d'élèves ne s'est pas déroulée qu'en Tunisie.

En effet, depuis le 21 novembre dernier, au Maroc souffle "un vent de colère chez les enseignants et parents d'élèves des écoles françaises".

Depuis mardi 21 novembre, au lycée Descartes à Rabat, les professeurs organisent, à chaque récréation à 10h du matin, une opération "carton rouge", avec sifflets et pancartes. "On communique notre mécontentement de cette manière auprès de la direction et des élèves", explique au HuffPost Maroc une enseignante au lycée. "On se filme et on met les vidéos sur les réseaux sociaux, pour avoir un maximum d'impact".

Au lycée français René Descartes de Phnom Penh au Cambodge, un mouvement de grève des enseignants a été observé depuis le 27 novembre dernier. "Cela paraît être un sabotage de ce réseau (éducatif) que bon nombre de pays nous envie" a affirmé au Petit Journal un professeur de Mathématiques.

Selon le journal Le Monde, le 27 novembre, la grève dans lycées français affiliés à l'AEFE a été suivie à 80% dans le lycée Français de Madrid: "40 % de grévistes ont été décomptés dans le secondaire à Londres, qui compte 3 700 élèves, 83 % en primaire à Vienne, 80 % à Athènes, 100 % au primaire à Varsovie (et plus de 50 % dans le secondaire)" indique Le Monde.

À Dakar au Sénégal, la grève a été suivie à 70%, idem à Niamey, au Niger.

Mardi, "une classe morte" a été organisée au Lycée Français du Caire

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