France: une mère de famille en appelle à Mohammed VI, Poutine et Macron pour arrêter l'assassin de son fils

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ASSASSINAT - Le 7 janvier 2017, aux alentours de 22 heures dans un quartier de Angers en France, Bilal El Hauari, jeune franco-marocain de 18 ans, est froidement assassiné d'une balle dans le dos. Sa mère, Lamia Bousouf, lance un appel à l'aide et interpelle plusieurs chefs d'Etats dans la vidéo ci-dessous publiée sur les réseaux samedi 2 décembre afin que justice soit faite et qu'on arrête le meurtrier de son fils, toujours en cavale.

A l'origine des faits, une sordide histoire de trafic de drogue. D'après le quotidien Le Courrier de l'ouest, une transaction aurait mal tourné ce soir-là à Angers où des vendeurs angevins avaient tenté de vendre "4 kilos d'une matière brune et graisseuse", supposée être de la résine de cannabis, à un groupe de trafiquants d'origine tchétchène venus du Mans avec 12.000 € en faux billets.

Le groupe de jeunes d'Angers aurait tenté de fuir et l'un des Tchétchènes aurait alors ouvert le feu et touché Bilal El Hauari dans le dos. "J'étais dans mon lit quand j'ai entendu des coups de feu mais je pensais que c'était des gamins qui jouaient avec des pétards", explique Lamia Bousouf, la mère de la victime, au HuffPost Maroc. "Puis mon autre fils Ahmed a reçu un message d'un ami lui disant que Bilal s'était pris une balle et qu'il fallait l'emmener en urgence à l'hôpital", ajoute-t-elle.

Le tireur, Mohamed Boukhaev, aurait fui à Grozny, en Tchétchénie, où il vivrait depuis quelques mois tandis que ses deux complices se seraient rendus eux-mêmes à la police et sont en détention provisoire pour complicité de meurtre et trafic de stupéfiants, d'après Ouest-France.

Le meurtrier aurait parcouru plus de 4.300 kilomètres en voiture jusqu'à la capitale tchétchène et déjoué plusieurs contrôles de police aux frontières grâce à l'aide de sa famille. Toujours selon le média, il aurait été ciblé lors d'un contrôle routier en Allemagne, une semaine après avoir exfiltré la France. Contre toute attente, les policiers le laissent partir puisqu'il n'était pas encore fiché par la police française et le jeune homme aurait repris la route vers la Tchétchénie.

Mohammed VI, Poutine et Macron sollicités

Lamia Bousouf est désespérée: l'enquête n'avance pas et elle se sent délaissée par la justice. "Mon fils n'était pas un saint et je le reconnais et que Dieu lui pardonne, (...) mais il a été assassiné et je demande que justice soit faite", supplie sa mère. "Ce n'est pas parce que c'est une affaire de drogue que l'affaire ne doit pas être poursuivie", dit-elle dans sa vidéo.

D'après son avocat et les juges d'instructions, il n'y a pas d'accords bilatéraux entre la France et la Tchétchénie qui permettraient d'extrader le meurtrier. "Il fait cependant l'objet d'un mandat d'arrêt international, s'il sort un jour de Tchétchénie, il se fera arrêter" nous détaille Lamia.

C'est pourquoi elle a décidé de solliciter l'aide des présidents français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine et leur demande d'agir rapidement car l'histoire traîne depuis maintenant plusieurs mois. Mais elle en appelle aussi au roi Mohammed VI. "Bilal était franco-marocain, nous sommes des MRE (Marocains résidents à l'étranger) et vous savez, au Maroc, une histoire de la sorte aurait été réglée rapidement", estime-t-elle. "Je demande l'aide à sa majesté afin que justice soit faite compte tenu des bonnes relations entre le Maroc et la Russie".

Mohamed Boukhaev raconte à Grozny à qui veut l'entendre qu'il est rongé par les remords et regrette son geste, selon Ouest France. La mère nous affirme cependant le contraire. "Il publie des vidéos sur le réseau Snapchat où il fume tranquillement car il sait que les amis de mon fils Bilal et mon autre fils Ahmed les verront. J'ai aussi été victime de menaces de la part de la famille de l'assassin, une plainte est en cours".

Lamia a appris à utiliser les réseaux sociaux afin de diffuser largement son appel à l'aide. À la fin de la vidéo, elle raconte que sa santé s'est gravement détériorée et qu'elle refuse de faire son deuil tant que l'assassin ne sera pas arrêté. Elle a promis d'être active et de "laver l'honneur de son fils" enterré à Tétouan, sa ville d'origine.

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